Scrutin - Les électeurs maliens ont commencé ce dimanche à voter en vue de choisir leurs députés, trois mois après la tenue de la présidentielle. Quelque 6,5 millions d'électeurs sont attendus aux urnes pour choisir 147 députés sur près de 480 listes de candidats lors du scrutin législatif, dans le cadre du retour à la légalité constitutionnelle. Annoncées au départ en même temps que le premier tour de la présidentielle de juillet dernier, ces législatives ont été reportées. Les bureaux de vote ont été ouverts, ce matin, à 08H00 (locale et GMT). Ils fermeront à 18H00. Les autorités maliennes ont annoncé que le deuxième tour des élections législatives se tiendra le 15 décembre prochain. Hier, samedi, l'envoyé spécial des Nations Unies au Mali, AlBert Koenders, a appelé à la tenue d'élections législatives «pacifiques». «Le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU au Mali, AlBert Koenders, travaille avec les partis politiques maliens pour promouvoir la tenue d'élections pacifiques et favoriser la participation des femmes», a indiqué à la presse le porte-parole de l'ONU, Farhan Haq. «La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) fournissent une assistance technique et logistique pour l'organisation du premier et du deuxième tour du scrutin, dans la foulée du soutien apporté à la tenue des élections présidentielles de cet été», a précisé M.Haq, ajoutant que près de trois tonnes de matériel nécessaire à l'organisation des élections ont été transportées par des avions de mission dans des régions éloignées comme celles de Kayes, Mopti, Gao, Tombouctou et Kidal. Cependant, ces élections sont placées sous haute surveillance armée, par crainte d'attentats de jihadistes toujours actifs malgré l'intervention militaire étrangère entamée il y a près d'un an pour les traquer. Plus de 10 mois après une intervention armée internationale initiée par la France en janvier 2013, ces groupes continuent à mener attaques et attentats dans cette région qui, depuis fin septembre, ont tué une dizaine de soldats maliens et tchadiens et des civils. Avant-hier, vendredi, à Bamako, un gendarme français a été légèrement blessé par un tireur embusqué aux motivations encore floues. Il s'agit d'une première action de ce type dans la capitale malienne depuis le début de l'intervention française. La veille, des roquettes, sans doute tirées par des éléments islamistes, étaient tombées dans la périphérie de Gao, la plus grande ville du Nord, sans faire de victimes. Et le 2 novembre, deux journalistes français de Radio France Internationale (RFI), Ghislaine Dupont et Claude Verlon, avaient été enlevés à Kidal (1 500 km au nord-est de Bamako) et tués peu après, une action revendiquée par Al-Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi). L'incertitude demeure quant au bon déroulement du scrutin à Kidal (nord), berceau des Touareg et de leur rébellion du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), où règne l'anarchie malgré la présence des forces françaises, maliennes et africaines de la mission de l'ONU au Mali, la Minusma. Ce sont ces forces armées qui surveille le scrutin d'aujourd'hui, tant à Bamako que dans le Nord.