Evocation - Tout est occasion d'apporter un plus au patrimoine musical algérien aux côtés de grands maîtres comme cheikh Larbi Bensari, cheikh Zouzou, el-Mediouni... Musicologue, musicien, chercheur et artiste philanthrope, Sadek Bedjaoui, de son vrai nom Bouyahia Sadek, est né le 17 décembre 1907. Il s'est investi dans le mode musical algérien dès son jeune âge, non sans travailler sans relâche, le mot n'est pas vain, lorsqu'on écoute Nacerdine Baghdadi décrire, dans une conférence, hier, à l'Institut national supérieur de musique, le chemin parcouru par le maître depuis sa ville d'origine. Parfait trilingue, kabyle, arabe et français, Sadek Bedjaoui s'est initié très jeune au chant religieux pour évoluer vers la musique classique algérienne. Tlemcen, Constantine, Alger, ses déplacements vers ces centres de musique andalouse, sa soif d'apprendre et de transmettre son savoir musical donneront l'occasion au musicologue de faire des recherches, collecter des noubas, faire des parallèles entre les différentes écoles musicales pour abolir les barrières invisibles entre chant et entité musicale. Il aura le grand mérite, selon le conférencier, de composer, d'écrire, de jouer et d'interpréter dans les deux langues, tout en formant de grands interprètes, comme Ghazi, Mokrane Agaoua, Tahar Abjaoui, Zerrouki Alloua et tant d'autres encore. Tout est occasion d'apporter un plus au patrimoine musical algérien aux côtés de grands maîtres comme cheikh Larbi Bensari, cheikh Zouzou, el-Mediouni sans omettre de parler de Mahiedine Lekhal et Maâlem Bouchara. Infatigable, Sadek Bedjaoui entretient une correspondance assidue avec les autres maîtres pour des échanges de connaissances et de nouveaux apports. Voix remarquable, mémoire sans faille, il enrichira avec ses connaissances et tout ce qu'il a engrangé au cours de ses prospections sur le terrain. Ni le hawzi, ni l'andalou, ni le chaâbi et encore moins le medh en kabyle n'auront de secret pour le maître. Et une de ses nobles qualités que bon nombre de ses pairs ne cultivaient pas par cupidité intellectuelle et ambition, c'est la transmission à la jeune génération alliée à la révélation de ses recherches. Parfait violoniste, voix de ténor, il est, en 1933, l'un des membres fondateurs d'El-Mossilia. Le conférencier, Nacerdine Baghdadi, mettra en exergue la place tenue par le café Baghdad dans le mouvement de libération nationale, un cercle artistique qui servait de couverture à l'engagement Et à Nacerdine Baghdadi de conclure devant une salle comble : «Sa voix et sa mémoire sont un don de Dieu.»