Résumé de la 46e partie ■ Mei-ling et sa servante trouvèrent un étranger inconscient gisant au sol et décident de l'aider. Mais Mei-ling secoua la tête et commença à nettoyer les plaies du blessé. N'importe quel passant aurait pu appeler la police. Le destin avait voulu que son chemin croisât celui de cet étranger pour une autre raison, une raison capitale. Lorsqu'il sortira du coma, songea-t-elle, je saurai. Quand Mei-ling commença à déboutonner la chemise de l'étranger, la vieille servante se laissa tomber à terre et éclata en sanglots. Comment une fille d'aristocrate pouvait-elle s'abaisser à poser les yeux sur le corps d'un homme, et à le toucher ! En découvrant les contusions qui marbraient la peau blanche du blessé, Mei-ling s'écria dans un murmure indigné — Comment ont-ils pu le frapper ainsi ? C'est une honte ! Et des larmes jaillirent de ses yeux et tombèrent sur la poitrine nue de l'homme. — Peut-être l'avait-il mérité ! gémit la vieille servante. Peut-être s'agit-il d'une mauvaise personne, Sheo-jay ! Un voleur, un adultère, ou pire encore ! Repoussant alors les cheveux blonds qui couvraient le front de l'étranger, Mei-ling toucha chacune de ses paupières, et sut qu'il n'était pas mauvais. Il fallait faire vite. Elle était attendue à la maison, et bientôt sa famille allait s'inquiéter de ne pas la voir rentrer. Elle commença par nettoyer les plaies avec un antiseptique à base de pivoine blanche, après quoi elle les saupoudra avec de l'os de seiche broyé afin d'arrêter les saignements, puis les pansa. Ensuite, elle prit le pouls du blessé à la manière chinoise, les douze pouls correspondant aux douze organes vitaux, tâtant tour à tour le poignet, le cou, les pieds de l'étranger, et constata un conflit entre son yin affaibli et son yang apeuré. Puis, lui soulevant les paupières, elle examina ses pupilles, avant de poser ses mains sur sa peau nue pour évaluer le degré d'atonie, l'absence de chaleur, et déterminer les endroits où son âme tremblait. Mme Wah apporta un bol de bouillon aux pignons de pin pour l'étranger, et pour Mei-ling et sa servante du riz au curry et des crevettes au gingembre, ainsi que des gâteaux aux amandes et du thé vert. Mme Wah disposa les bols et alluma un petit brasero pour garder le thé au chaud sans poser la moindre question. Sans l'extrait de faux safran de Mei-ling, grâce auquel son cycle menstruel avait été rétabli, Mme Wah serait morte sous les coups de son époux, alors que celui-ci lui avait offert des perles et des parfums pour la récompenser de sa fidélité. Voyant que l'étranger ne reprenait toujours pas conscience, Mei-ling commença à s'inquiéter. Le coup qu'il avait reçu à la tempe avait-il provoqué un déséquilibre irréversible entre les différents flux qui circulaient dans sa tête ? Elle palpa ses côtes, sa taille, pour évaluer le déséquilibre. A suivre