Portrait ■ Les Sahraouis, les jeunes particulièrement, se montrent de plus en plus favorables à l'option militaire, «le processus de négociations n'ayant pas permis l'organisation du référendum d'autodétermination» promis par les Nation unies depuis 1991. «L'envahisseur marocain a, depuis les premiers instants de l'occupation des territoires sahraouis, mené la vie dure aux populations. Aucune frange de cette société martyrisée ne semble échapper aux affres du colon marocain. A ce jour, la communauté internationale n'est pas parvenue à imposer des sanctions et exercer les pressions nécessaires permettant la mise en œuvre de ses décisions», a tonné Omar, jeune Sahraoui rencontré dans le camp de Smara au mois de février dernier. Né ici dans les camps de Tindouf, comme la plupart des jeunes sahraouis (issus de la nouvelle génération), en 1978, notre interlocuteur n'a laissé planer aucun doute quant «à la volonté des jeunes Sahraouis de reprendre les armes». «Le problème sahraoui étant une question de décolonisation, il ne pourrait être réglé tant que le peuple sahraoui n'exercera pas sa souveraineté sur l'ensemble de ses territoires. La solution réside dans l'exercice par le peuple sahraoui de son droit inaliénable à l'autodétermination en toute liberté et en toute transparence. Le moment est venu pour une deuxième lutte pour la libération du Sahara occidental et nous sommes prêts pour le sacrifice, comme l'ont déjà fait nos aïeux avant cette date. Notre patience a des limites», a-t-il assuré. Pharmacien de formation, Omar à lancé un appel pressant à l'ONU afin d'assumer ses responsabilités et ainsi amener le Maroc au respect de la législation et du droit international. Une législation qui a, à maintes reprises, «réaffirmé clairement le droit du peuple sahraoui à son autodétermination». Nous quittons Smara. Destination Boudjedour (anciennement Ecole du 27 Février). Il est presque midi en ce mercredi 25 février. Il fait déjà très chaud. L'on suffoque. En pareil moment, les habitués des camps des refugiés vous diront, qu'il est rare de croiser quiconque dehors. Dans les camps, la vie n'est pas du tout facile ni en hiver ni en été. Elle est gérée en fonction de ce qu'elle offre au quotidien, et «cela dure depuis près de 40 ans», tient-on souvent à rappeler. Pas très loin du siège de la wilaya de Smara où se tenaient les activités commémorative du 39e anniversaire de la proclamation de la RASD, un petit espace fait office de station de taxis. Les véhicules sont tous d'une seule marque : Mercedes 190. Pour des raisons biens évidentes, les Sahraouis ont su «adopter» cette voiture, outre les tout- terrain visibles partout. La distance séparant le camp de Smara de Boudjedour est d'une vingtaine de kilomètres. Notre journée ne fait que commencer. F. H.