Près du marché communal, où l?on achète le matin des carottes et des pommes de terre, un marché a émergé où le High-Tech fait venir du monde, chaque après-midi. Le portable ayant connu une baisse de prix significative dans les échoppes reste cependant inabordable pour les petites bourses. Le marché parallèle devient l?ultime recours pour se doter d?un outil devenu incontournable. Bab El-Oued, quartier populaire ou se concentre une forte population à revenu modeste devient, par la force des choses, un centre commercial à ciel ouvert. Portables, toutes marques confondues, se transmettent de mains en mains voyant leur cote monter et baisser selon les arguments de l?acheteur et du vendeur. Certains se sont reconvertis dans ce commerce par nécessité pour devenir des références qu?on vient consulter avant de s?approprier le mobile en question. «Ya kho, fais un tour, si tu trouves le portable qui te plaît fais-moi signe et je m?en charge», vous dira ce connaisseur. Une aide qu?il ne fournit cependant qu?à des gens qu?il connaît ou à ceux qui viennent de la part d?un ami. Les autres devront faire le tour de la place durant plusieurs minutes avant de rebrousser chemin. Ceux- là finissent par se résigner et prennent un portable chez un commerçant quitte à ce qu?il soit plus cher. L?avantage en décelant une anomalie, c?est qu?on peut toujours se plaindre auprès du vendeur. Ce qui n?est pas le cas à Bab El-Oued pourtant cela ne décourage pas les futurs acquéreurs. Il faut dire que les prix pratiqués sont plus qu?alléchants. La mise à prix débute à 3 000 DA pour un portable qui se respecte. Plus bas, il faut compter sur la baraka qui n?est pas toujours au rendez-vous. Au bout d?une tournée dans ce marché on se rend compte que la marchandise qui y circule n?a rien à envier à celle qu?on trouve dans les échoppes. Les bonnes affaires sont possibles, mais elles se comptent sur les doigts d?une main et pour faire partie de ceux qui tombent sur l?affaire du siècle il faut battre le pavé de ce marché des jours durant. Ce n?est toutefois pas ce qui motive la venue de tout ce monde qui frôle les 3 000 personnes parfois dans un espace très réduit. On vient pour acheter juste un mobile simple sans options spéciales. Juste de quoi dire allô ? et être joint à tout moment. Ce qui est possible puisque, chaque jour, il s?en vend environ une trentaine selon les habitués du coin. Les accessoires du portable sans aussi disponibles dans ce marché où l?on trouve de tout et à des prix défiant toute concurrence. Sur ce plan on se permet de douter sur l?origine de la marchandise. El mekhnougue, la marchandise volée finit toujours dans ce genre d?endroits pour se mêler à d?autres articles. Les descentes de police sont fréquentes ce qui interrompt le cours «normal» du marché le temps que les policiers repartent. Puis la place retrouve son brouhaha «habituel» au grand bonheur d?un vendeur qui trouve un acheteur peu réticent à acquérir un portable pas cher.