Rappel Le patrimoine n?est pas l?affaire des seules institutions culturelles ou des autorités politiques. Comme chaque année, l?Algérie célèbre, du 18 avril au 18 mai, le Mois du patrimoine, une saison durant laquelle le patrimoine, aussi bien matériel qu?immatériel, est dévoilé et vulgarisé à travers diverses manifestations, à savoir conférences et expositions. Le Mois du patrimoine s?avère ainsi un mois de sensibilisation et de mobilisation de la conscience sociale en vue d?une action commune, celle de la préservation et de la réhabilitation de notre patrimoine millénaire, voire de notre mémoire collective. Mme Khalida Toumi, ministre de la Culture, a saisi cette occasion pour affirmer que «la préservation du patrimoine doit mobiliser toutes les compétences» car, «à travers le patrimoine, c?est notre mémoire que nous préservons», poursuit-elle. Il se trouve que la question du patrimoine demeure encore problématique en dépit des textes juridiques et des lois tendant à le protéger et à le promouvoir et ce, à défaut d?une réelle volonté politique veillant concrètement ? et correctement ? à l?application des lois devant régir les biens patrimoniaux. Vient s?ajouter à cette carence l?absence d?une conscience sociale. Effectivement, la société civile n?a pas une éducation relative au patrimoine et à sa valeur historique. L?absence d?une culture allant dans ce sens fait que le citoyen ne se soucie point du devenir d?un édifice historique, d?un objet d?art ou encore d?un fait oral. Il n?affiche aucun intérêt ou aucune préoccupation pour le patrimoine, qui constitue pourtant son histoire, sa mémoire, son identité et son existence. Le patrimoine n?est surtout pas une affaire propre aux institutions culturelles ou aux autorités politiques. Celles-ci ne sont présentes sur le terrain qu?en tant qu?instrument de régulation. Leur rôle est de veiller à ce que les lois soient appliquées. Par ailleurs, les différents acteurs, aussi bien professionnels que politiques, ont pour devoir de sensibiliser le citoyen en lui enseignant les valeurs du patrimoine tant matériel qu?immatériel. Il est essentiel à cet effet que la société civile prenne conscience de la valeur historique ? et même architecturale ? de notre patrimoine et aussi de sa relation avec notre mémoire. Le patrimoine est ? et reste ? l?affaire de la collectivité : le citoyen doit tenir compte de son patrimoine et prendre réellement conscience de son importance tout en s?impliquant davantage dans la considération, la préservation et la réhabilitation de sa mémoire en protégeant son héritage patrimonial.