La période turque va introduire, dans la nomenclature des métiers, des noms suffixés en -dji, mot turc signifiant «métier, travail». C?est le cas de saboundji, mot formé sur l?arabe saboun (savon) et le turc -dji ; autrement dit, le fabricant ou le vendeur de savon. On peut citer aussi saâdji, de sa?a (montre, horloge) et -dji (fabricant et réparateur de montres et d?horloges) ; h?alwadji, de h?alwa (confiserie, gâteaux) et -dji (pâtissier, confiseur) ; qahwadji, de qahwa (café) et -dji (cafetier) ; khfafdji, de khfaf (beignet) et -dji (marchand de beignets), fakhardji, de fakhar (poterie) et -dji (potier, vendeur de poteries), etc. Comme on peut le constater, le suffixe turc s?ajoute toujours à un mot d?origine arabe, ce qui rend sa compréhension immédiate. Il faut signaler que ces noms de métiers ont fourni, notamment dans les villes, autrefois sous domination turque, des noms de famille, des familles qui devaient exercer à l?époque les métiers cités. Le suffixe -dji n?est plus rentable aujourd?hui puisqu?il ne fournit plus de nouvelles dénominations pour les métiers. Ces dernières sont soit formées à partir de l?arabe classique soit, notamment en dialectal, directement empruntées au français. Il faut signaler, toutefois, que le suffixe -dji est entré dans la formation d?unités, autres que celles qui désignent les métiers : les mots formés ont généralement une connotation péjorative. C?est le cas de khwandji (bigot), formé de khouan (élève d?un établissement religieux du type zaouïa, clerc) et de -dji ; on peut citer aussi khordadji (brocanteur) de khorda (fouillis, capharnaüm) et de -dji.