Résumé de la 11e partie n Alvirah tente de réconforter son amie Kate affligée par la perte de sa s?ur Bessie qui lui laisse un bel héritage. Pendant que Willy embrassait affectueusement Kate, Alvirah se tourna vers Vic Baker. Il semblait tellement guindé dans sa tenue de deuil qu'on eût dit un des personnages de la famille Addams. Trapu, la trentaine largement franchie, il avait un visage poupin, des cheveux bruns et des yeux d'un bleu de porcelaine au regard perçant ; il portait un costume noir et une cravate noire. A ses côtés Linda, son épouse ; également vêtue de noir, pressait un mouchoir contre son visage. S'évertuant à verser une larme, je présume, se dit ironiquement Alvirah. Elle avait rencontré Vic et Linda le jour de Thanksgiving. Sachant Bessie proche de la fin, Kate avait invité Alvirah et Willy à partager leur repas de fête avec s?ur Cordelia, s?ur Maeve Marie et le révérend Thomas Ferris, le curé de St CIément, qui habitait le presbytère mitoyen avec la maison de Bessie dans la 103e Rue Ouest. Vic et Linda étaient passés à la fin du repas et Alvirah avait eu l'impression que Kate s'était intentionnellement abstenue de les inviter à rester pour le dessert. En quel honneur se comportaient-ils comme s'ils conduisaient le deuil ? Alvirah doutait fortement de la tristesse qu'affichait Linda, la tenant pour une simulatrice. Elle peut paraître très jolie aux yeux de beaucoup, j'en conviens, se dit-elle, examinant d'un coup d'?il les traits réguliers de Linda, mais je n'aimerais pas me trouver en travers de sa route. Il y a une froideur dans son regard qui ne me dit rien de bon et cette coiffure hérissée avec tous ces reflets cuivrés, c'est d'un vulgaire ! «... si elle était ma propre mère», disait Linda, des sanglots dans la voix. Willy, naturellement, avait entendu la remarque et ne put s'empêcher d'ajouter son grain de sel. «Vous louez cet appartement depuis moins d'un an, n'est-ce pas ?», demanda-t-il. Sans attendre la réponse, il prit le bras d'AIvirah et l'entraîna vers le banc de prière, auprès du cercueil. Dans la mort comme dans la vie, Bessie Durkin semblait avoir la situation bien en main. Vêtue de sa plus belle robe imprimée, portant le rang de perles de culture que le juge lui avait offert le jour de leur mariage, parfaitement coiffée, elle arborait l'expression satisfaite de quelqu'un qui, tout au long de son existence, a eu l'habitude de voir les gens se plier à ses désirs. Plus tard, lorsque Alvirah et Willy furent sur le point de partir, ils dirent au revoir à Kate, lui promettant d'assister au service funèbre à St Clément et de l'accompagner au cimetière dans le fourgon mortuaire. «S?ur Cordelia viendra également, leur dit Kate. Willy, je me suis fait du souci à son sujet pendant la semaine où tu as été absent. Elle est très tendue depuis quelque temps. L'administration lui mène la vie dure au sujet du foyer de l'Arche. ? C'était prévisible, dit Willy. J'ai téléphoné aujourd'hui, mais elle était sortie et ne m'a pas rappelé. Je m'attendais à la voir ici ce soir.» (à suivre...)