Action n Depuis plus d'un mois, les enseignants du supérieur sont en grève, revendiquant la revalorisation des salaires, le règlement du problème du logement, la promulgation d'un statut de l'enseignant et la gestion démocratique de l'université. C'est ainsi qu'ils sont montés au créneau pour porter leurs revendications socioprofessionnelles. Depuis le 13 mai dernier, les enseignants du supérieur, à l'appel du Cnes, observent une grève générale ouverte. Les enseignants ont eu recours à ce moyen de lutte pour faire pression sur le ministère de tutelle qui, jusqu'à un certain moment, avait fait la sourde oreille aux cris de détresse de quelque 25 000 enseignants que compte l'université algérienne. Les revendications du Cnes demeurent pratiquement les mêmes depuis une quinzaine d'années. D'abord, le syndicat revendique la revalorisation des salaires de l'enseignant. Celle-ci est juste et légitime quand on sait que le salaire moyen d'un enseignant universitaire se situe, selon un professeur à l'université d'Alger, entre 28 000 et 35 000 DA. Les plus chanceux sont les professeurs en fin de carrière qui perçoivent 50 000 DA. Il faut noter que le salaire de l'enseignant algérien est en deçà de ce que gagne son homologue au Maroc (2 000 euros), en Tunisie (1 100 euros) ou encore en Mauritanie (700 euros). Selon Kamel Aïssat, membre du bureau national du Cnes et enseignant à l'université de Béjaïa, «la revendication relative à la revalorisation des salaires est basée sur le rattrapage du pouvoir d'achat». Il a expliqué que c'est sur la base du salaire de 1989 qu'ils ont fait des propositions. Dans ce registre, le Cnes a présenté au ministère de tutelle une grille des salaires allant de 60 000 à 120 000 DA. Le Cnes revendique également que soit généralisée l'Indemnité spécifique de poste (ISP) qui représente 80% du salaire de base. L'autre problème épineux que pose le Cnes est le logement. Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a pris l'engagement de prendre en charge ce problème. D'ailleurs, cette décision semble convaincre les syndicalistes, puisque, selon M. Aïssat, le ministre s'est engagé, sur la base d'un décret, à permettre aux enseignants du supérieur d'accéder à la propriété des logements conventionnés. Les protestataires revendiquent également la promulgation d'un statut de l'enseignant et la gestion démocratique de l'université. Cette dernière consiste en l'élection des doyens et des chefs de départements par les enseignants. Lors de la dernière rencontre ayant regroupé les membres du Cnes et M. Harraoubia, le ministre a répondu négativement à la revendication des enseignants. Pourtant, une telle pratique est courante dans la quasi-totalité des pays. «Même en Irak, au temps de Saddam, les doyens étaient élus…», a conclu M. Aïssat.