Les prix des produits de base s'affolent. La semoule, le sucre, le lait, l'huile de table, les fruits et légumes, et la liste n'est pas exhaustive, sont touchés par cette envolée. La situation est critique pour les ménages algériens en cette veille de l'Aïd el-Adha. Aujourd'hui, le Chef du gouvernement préside un Conseil interministériel d'urgence pour trouver des solutions rapides à cette flambée des prix. Le Chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, préside aujourd'hui, un Conseil interministériel d'urgence pour trouver une solution rapide à l'augmentation vertigineuse des prix des produits de base. Sont conviés à cette réunion le ministre du Commerce, Hachemi Djaâboub, le ministre de l'Agriculture, Saïd Barkat et celui des Finances, Karim Djoudi. Ce dernier devrait présenter une proposition de sortie de crise pour la semoule. La solution, selon lui, serait d'importer une grande quantité de semoule pour couvrir les besoins de l'Office national des céréales qui a vu ses importations baisser considérablement ces dernières années ne couvrant que la moitié des besoins de la population. Depuis juillet dernier, le prix de la semoule ne cesse d'augmenter. Doublant pratiquement. De 750 DA, le sac de 25 kg est passé à 1 400 DA devenant pratiquement inaccessible pour une large frange de la population. Malheureusement, la semoule n'est pas le seul aliment à brûler les mains des consommateurs et surtout leur porte-monnaie. Le lait en poudre est cédé à plus de 220 DA dans le meilleur des cas. Le concentré de tomates coûte plus de 75 DA la boîte de 500g. Le sucre laisse un goût amer au citoyen qui doit débourser 60 DA le kilo. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, les fruits et légumes viennent mettre leur «grain de sel». Rien n'est vendu en dessous de 35 DA le kilogramme. À la veille de l'Aïd el-Adha, les étals des marchés sont devenus de véritables vitrines pour objets précieux aux yeux de beaucoup de citoyens. La salade verte à 60 DA le kilo, le navet à 40 DA, la tomate à 60 DA, le poivron à 130 DA et la courgette à 100 DA pour ne pas dramatiser les choses, on a passé intentionnellement outre les fruits et les viandes pour ne pas enfoncer le lecteur dans une dépression latente. Ces prix pousseront certainement les ménages à consommer la viande du sacrifice le jour de l'Aïd en brochettes, car à ce prix-là, un ragoût devient un mets de luxe. Après la rentrée scolaire, le ramadan, l'Aïd el-Fitr qu'on pensait avoir suffisamment saigné le consommateur algérien, voilà qu'une nouvelle occasion (censée être heureuse) finit les restes du porte-monnaie.