Rencontre n Jessye Norman a ouvert, hier, vendredi, le Festival des musiques sacrées à Fès. La célèbre soprano américaine Jessie Norman a ouvert vendredi soir à Fès la 14e édition du Festival des musiques sacrées du monde qui coïncide cette année avec les 1 200 ans de la fondation de cette cité par le roi Idriss II. Avec en arrière-plan Bab el-Makina, la fameuse porte encastrée dans la muraille de la ville impériale, elle a interprété plusieurs chants sacrés mêlant des œuvres de Bach et Haendel à celles plus modernes de Duke Ellington et a chanté a capella deux chansons du gospel. L'Orchestre lyrique régional Avignon Provence (sud de la France), qui l'accompagnait a, pour sa part, interprété aussi Remembrances de John Williams, thème du film La liste de Schindler réalisé par Steven Spielberg sur la Shoah. «A l'aube de son 15e anniversaire, ce festival demeure le rendez-vous incontournable du dialogue des cultures et des religions en terre d'Islam», a affirmé aux journalistes son président Mohammed Kabbaj. «Qu'il s'agisse de musique ou de parole, Fès se veut un lieu de tolérance, d'ouverture à l'autre et de coexistence pacifique dans un monde caractérisé par de multiples convulsions, dont de forts replis identitaires. Toutes vertus qui font le fameux «Esprit de Fès» symbolisé par l'extraordinaire rencontre entre les penseurs andalous Averroès et Maîmonide», a-t-il déclaré. En clôture, le 14 juin, la grande voix africaine Ismaël Lo donnera un récital avec la confrérie Hmadcha de Fès sur le thème «Dakar à Fès : de Cœur à Ame». Durant ces neuf jours, cette rencontre voyagera à travers les musiques sacrées du monde de Bali aux Touareg du Mali, des chants traditionnels du Vietnam à ceux du Grand Nord scandinave. Parallèlement à ces concerts, se tiendront, comme chaque année, les «Rencontres de Fès», un espace de débats sur «les voies de la création : les interprètes du sacré, la sagesse et la folie des hommes». «Le sacré ne va pas sans interprètes, du croyant qui psalmodie seul sa prière au bord d'une route, aux grands exégètes des livres saints, en passant par le musicien, le danseur, le calligraphe, le poète, le sculpteur ou l'architecte, qui expriment leur spiritualité par leurs œuvres», explique Nadia Benjelloun, directrice des Rencontres. Ces débats se déclineront autour de la «représentation du sacré», sa transmission et sa relation avec les mœurs, la loi et l'inconscient. Une série de concerts gratuits seront également donnés à l'intérieur de la ville où les mélopées des chants mystiques des soufis musulmans berceront chaque nuit.