La police des frontières américaines pourra désormais saisir les ordinateurs portables des voyageurs pour en analyser le contenu même si aucun soupçon ne pèse sur l'individu ou les informations qu'il transporte, ce qui suscite les protestations de défenseurs des libertés. «Depuis la fondation de la République, nous avons eu la capacité de faire des recherches aux frontières afin d'éviter l'entrée dans le pays d'individus et de produits dangereux», affirme la porte-parole du département de la sécurité intérieure (DHS). «Au 21e siècle, la plus dangereuse des contrebandes est souvent contenue dans les médias électroniques et pas sur du papier. L'ère des dossiers de papiers et des microfiches est révolu», ajoute-t-elle. Le DHS a rendu public en juillet les modalités de cette nouvelle politique qui autorise le personnel des douanes à «détenir les documents et les équipements électroniques, pour une période raisonnable afin de pouvoir faire une recherche approfondie» sur place ou en envoyant l'ordinateur à des spécialistes. «Au cours d'une fouille et en l'absence de tout soupçon, les officiers peuvent examiner et analyser l'information transportée par un individu qui tente d'entrer, de réentrer, de partir, de passer en transit ou qui réside aux Etats-Unis», dit le document visible sur l'internet.