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Vers une dérégulation massive
Trump, Wall Street et les banques
Publié dans La Tribune le 10 - 11 - 2016

C'est un des rares points sur lesquels il s'est montré constant : le futur président américain veut abolir la loi Dodd-Frank de stabilité financière votée par les Démocrates après la crise des subprimes. Derrière son discours offensif contre Wall Street, le milliardaire est proche des hedge funds.
C'est un des rares points sur lesquels il s'est montré constant : le futur président américain veut abolir la loi Dodd-Frank de stabilité financière votée par les Démocrates après la crise des subprimes. Derrière son discours offensif contre Wall Street, le milliardaire est proche des hedge funds.
Hillary Clinton était la candidate préférée du monde de la finance, rassuré par sa personnalité connue et prévisible. Mais pour le vainqueur Donald Trump, la finance n'est pas vraiment son ennemie, même si son discours a pu être ambivalent vis-à-vis de Wall Street, cible de certaines de ses attaques populistes. S'il est un rare point sur lequel il s'est montré constant, c'est son intention de déréguler massivement le secteur bancaire, en bon libéral républicain : il a déclaré à plusieurs reprises son intention de revenir sur la loi Dodd-Frank votée en 2010 par les Démocrates pour préserver la stabilité financière et éviter une nouvelle crise à la Lehman.
Il avait ainsi lancé sur Fox News il y a un an :
« Il faut se débarrasser de Dodd-Frank. Les banques ne prêtent plus d'argent à ceux qui en ont besoin. A moi, elles m'en prêtent, je n'en ai pas besoin. Mais si vous avez besoin d'argent pour créer de l'emploi, construire un immeuble ou monter une entreprise, les banques ne sont pas là. Ce sont les régulateurs qui dirigent les banques ».
"Supprimer la réglementation anti-croissance"
Cette loi a créé de nouvelles agences de contrôle, limité les activités spéculatives des banques (à hauteur de 3% des fonds propres) et encadré les produits dérivés (à l'origine de la crise des subprimes). Les banques seraient entravées par la régulation et ce serait une des causes de la faible croissance américaine selon Donald Trump. Son programme économique, peu détaillé, met d'ailleurs l'accent sur la suppression "massive" de la "réglementation anti-croissance" et la mise en place d'un "nouveau cadre réglementaire moderne". Il a été plus explicite dans une interview à l'agence Reuters au mois de mai dernier.
"Dodd-Frank empêche les banques de fonctionner [...], il faut que ça cesse", a-t-il dit, confiant qu'il serait en faveur de "quelque chose proche d'un démantèlement de Dodd-Frank".
Le programme officiel adopté par le parti républicain cet été reprenait le principe classique de la dérégulation à la Reagan et l'idée d'une abrogation de la loi Dodd-Frank, en particulier la suppression de la commission de protection des consommateurs créée dans ce cadre.
Le chef de la stratégie de marchés de Natixis Global Asset Management, David Lafferty, indique d'ailleurs dans une note ce mercredi qu'il envisage un assouplissement de la réglementation bancaire, citant la loi Dodd-Frank.
Wall Street, je t'aime, moi, non plus
En revanche, avec Wall Street, les rapports sont plus ambigus et le discours de campagne du candidat républicain a été plus ambivalent. Il a beaucoup critiqué les liens de sa rivale "possédée par Wall Street" avec les grandes banques de la place, qui l'ont grassement payée pour des conférences (675.000 dollars pour trois discours chez Goldman Sachs). En campagne dans l'Iowa, Donald Trump avait déclaré en janvier :
"Je connais Wall Street. Je connais les gens de Wall Street. Nous allons avoir les meilleurs négociateurs au monde, mais en même temps je ne vais pas laisser Wall Street s'en tirer en toute impunité. Wall Street nous a causé d'énormes problèmes. On va taxer Wall Street".
Et le milliardaire de l'immobilier d'assurer qu'il ne se souciait "pas des gars de Wall Street. Je n'accepte pas leur argent".
Pourtant, quelques mois plus tard, opérant à virage à 180 degrés, Donald Trump s'est rapproché de plusieurs grandes figures de la finance, de l'actionnaire activiste Carl Icahn au gérant de hedge fund John Paulson, qui a fait fortune grâce à l'effondrement du marché des prêts hypothécaires, en vendant à découvert des subprimes. Il a mis en sourdine ses diatribes anti-finance et aurait récolté plus de 5 millions de dollars de l'ensemble du secteur de la finance pour sa campagne, selon l'organisme non partisan Center for responsive politics, qui suit les donations sur son site OpenSecrets.org.
Trump a cependant encore attaqué Hillary Clinton sur ce terrain en septembre, affirmant qu'elle avait touché "100 millions de dollars de Wall Street et des hedge funds". Le chiffre est un peu gonflé : c'est en réalité 78 millions (mais 105 millions sur l'ensemble finance, assurance, immobilier).
Quant à la taxe sur les hedge funds qu'il a évoquée, sur la plus-value des fonds de capital investissement (carried interest, intéressement à la performance, dont le projet de taxation en France avait été à l'origine de la fronde des "pigeons" en 2012), il n'est pas certain qu'elle soit réellement appliquée, vu la philosophie générale de baisse d'impôts du président élu.
L'impact de Trump sur Wall Street, et l'ensemble des marchés financiers mondiaux, pourrait cependant concerner surtout les taux d'intérêts : il s'est montré très critique à l'égard de Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale, qu'il a dénoncée comme étant "plus politique que Clinton" et maintenant "des taux artificiellement bas". Paradoxalement, l'incertitude qui s'ouvre d'ici à la prise de pouvoir effective en janvier remet en cause le scénario de la Fed d'une remontée graduelle de ses taux directeurs.
Les banques européennes pénalisées ?
Quid des banques européennes en revanche ? Feront-elles les frais du protectionnisme plaidé par le président élu ? Les marchés financiers s'en inquiètent ce mercredi.
Les négociations en cours sur l'amende de 14 milliards de dollars dont la justice américaine menace Deutsche Bank pourraient être pénalisées : l'action de la banque allemande perdait 3% mais a fini en nette hausse (+3,48%).
Les conséquences d'une présidence Trump sur l'économie mexicaine pourraient être très négatives pour la banque espagnole BBVA, qui y réalise 40% de ses bénéfices, soulignent les analystes de Jefferies, et dans une moindre mesure pour Santander : l'action BBVA a plongé de plus de 5%, Santander de 1,7% avant d'effacer ses pertes en fin de séance.
HSBC, première banque européenne, très exposée au commerce international, pourrait également pâtir de la politique de Donald Trump, qui reste encore assez floue en la matière, même si certains redoutent la remontée des droits de douane et, partant, des guerres commerciales. A court terme, la plupart des banques pourrait souffrir d'un attentisme généralisé sur les marchés et d'un report d'opérations financières.
D. C.
In latribune.fr


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