La qualité du cadre de vie dans nos villes laisse toujours à désirer, en dépit des moyens mobilisés par les pouvoirs publics à cet effet. Nos cités manquent d'espaces verts, de jardins, d'aires de jeux dédiées aux enfants, d'installations de loisirs et de détente. Les citadins, cloîtrés à longueur d'année dans leurs appartements, manquent terriblement de ce type d'endroits où l'on peut sortir en famille, faire du jogging, se promener avec des amis et tout simplement s'oxygéner. Dans une ville comme Béjaïa, le peu de jardins existants sont toutefois peu entretenus et constamment occupés par des bandes de jeunes oisifs. Le manque de sécurité confère aux lieux une mauvaise réputation et les citoyens évitent de s'y rendre par crainte d'agression et de mauvaises rencontres. En raison de l'absence de gardiennage et de personnel d'entretien, ces sites naturels se dégradent de jour en jour. Les bancs sont soit endommagés, soit crasseux. Les ordures jonchent constamment le sol. La prise en charge et la valorisation de ses espaces verdoyants échoit à la municipalité qui peine à honorer ces engagements dans ce registre. Les grèves répétitives des personnels communaux, au cours de ces derniers mois, ont, par ailleurs, mis à rude épreuve à la salubrité de la cité. Le petit parc du lac Mezaia, le minuscule jardin du square, l'espace vert surplombant la porte Sarazine et le port, pour ne citer que ces trois coins sympathiques, méritent évidemment un meilleur sort pour une ville qui affiche de grandes prétentions touristiques. Cet état de fait pousse les «bougiotes» à se masser dans les rares endroits encore «fréquentables», comme la promenade du front de mer, la place Gueydon ou la placette ombragée d'El Qods, pour faire une petite pause café ou feuilleter rapidement un journal. Pourtant, la ville ne manque pas d'espaces boisés qui ne nécessite qu'un minimum d'aménagement pour accueillir le grand public. Le bois sacré, la pinède située en contrebas du quartier Sidi Ahmed, le lac Tamelahat du côté du Sidi Ali Lebhar et le lieu-dit Les Oliviers sont des sites naturels envoûtants qu'il suffirait d'aménager et d'équiper correctement pour devenir attirer les promeneurs et les touristes de passage. Les espaces verts dans les cités et les quartiers populaires, également laissés à l'abandon, se trouvent partout transformés en aires de stationnement par des automobilistes indélicats. Les autorités locales qui ne tarissent pas de discours sur l'amélioration du cadre de vie sont appelées à honorer leur parole en assumant leur responsabilité concernant le bien-être de leurs administrés. Comme il ne suffit pas de parler, elles doivent agir sans attendre pour développer ce genre de service de base qui manque tant aux Béjaouis. Les aires de jeu pour enfants sont aussi très rares. Au bas des immeubles, les petits jouent à même les rues et les allées. Dans toutes les autres communes de la wilaya, la situation est, à peu près, la même. A Akbou, Sidi Aïch, El Kseur ou Kherrata, le tissu urbain, excessivement bétonné, n'offre aucun cadre à la détente, la communion et aux loisirs. Beaucoup de nouveaux logements ont été livrés dans les principales villes de la wilaya, mais ces petites structures d'accompagnement n'ont pas suivi. Heureux dans un premier temps de s'offrir un toit neuf, les nouveaux «citadins» se rendent vite compte que la vie entre quatre murs est un calvaire. Les élus locaux et l'administration publique doivent absolument se pencher sur ce problème qui perdure depuis de très longues années. K. A.