Le défaitisme exprimé hier par le sélectionneur national Rabah Saadane quant à une issue défavorable de la rencontre que livrera l'Algérie contre l'Egypte le 7 juin prochain à Blida ne se justifie pas. Le match est tellement déterminant sur le devenir du football algérien que toutes les parties algériennes concernées doivent s'y mettre pour réussir ce rendez-vous dont une victoire suffira pour ouvrir à l'Algérie les portes de la grand-messe footballistique de 2010 prévue pour la première fois en Afrique du Sud. Pour plus d'une raison, l'Algérie n'a pas le droit de rater cette manifestation. Une génération de joueurs de qualité, évoluant pour certains dans les clubs les plus huppés de l'Europe, constitue ces dernières années l'élite du foot national. De quoi espérer que le football algérien renouera avec les performances d'antan. Et tout le peuple adhère visiblement à cette idée. L'Algérie du football ne cache pas sa disponibilité à livrer la bataille sportive contre l'Egypte. Elle est tout aussi prête à accepter la défaite dans le cas où l'adversaire s'avérerait intraitable le jour de la partie. Le désir des Algériens d'aller au Mondial est tout à fait légitime même si la discipline qu'ils adorent tant se cherche encore une politique pérenne. Le football national a un statut à défendre. Un rôle à assumer. Il faudrait remonter à plus d'une quinzaine d'années pour voir le onze national bénéficier de l'appui et de l'enthousiasme de son public. Mais voilà que le premier responsable technique des Verts nous envoie un message de résignation. En évoquant la pression qui entoure le match Algérie-Egypte, l'entraîneur national n'apprend rien aux passionnés de la balle ronde, à Alger comme au Caire, dans le sens que les duels entre les deux sélections n'ont aucun sens sans cette fièvre qui s'installe plusieurs semaines avant son déroulement. Il est plutôt question pour lui de trouver les moyens en mesure d'éviter à l'équipe algérienne les effets négatifs de la pression. La pression n'est pas de nature à ne générer que des échecs. Ce peut être un facteur de stimulation et de motivation. Il est, certes, utile de souhaiter «une préparation dans la sérénité», comme l'a déclaré le coach des Verts. Mais à quoi servira dans les faits la sérénité sans la volonté de vaincre et de se surpasser ? Et les annales du foot national enseignent que le secret des résultats des matches Algérie-Egypte se situe en niveau de la bataille mentale. Du côté du Caire, l'heure n'est pas à la résignation quand bien même le onze des Pharaons traverserait des moments de doute et d'incertitude. Mais en véritable gagneur, le sélectionneur égyptien est en train de trouver le langage nécessaire pour gérer au mieux un contexte qui paraît, à bien des égards, favorable aux Algériens. Les Pharaons de 2009 ne sont pas aussi solides qu'ils l'étaient en 2008 quand ils se sont permis le luxe d'aller remporter pour la seconde fois consécutive le titre de champions d'Afrique en terre ghanéenne. L'équipe nationale algérienne de football a incontestablement un bon coup à jouer pour faire de nouveau partie du gotha africain et retrouver sa place au Mondial. Les atouts dont dispose l'Algérie ne sont pas minimes. C'est pour cette raison que nul n'a le droit de priver l'Algérie de réaliser ce qu'elle peut réaliser. Pour y parvenir, il faudrait des hommes forts, ambitieux. Qui n'aient jamais peur d'affronter l'adversité. Qui soient prêts à assumer leur responsabilité. Et qui refusent de jouer le rôle des pleureuses du Caire. A. Y.