Les travaux lancés il y a près de 5 mois dans les cités et quartiers de la ville de Annaba traînent en longueur et causent bien des désagréments aux habitants de la ville, obligés d'en supporter les nuisances qui s'accumulent au fil des jours. Au niveau de la cité Safsaf, transformée en un véritable chantier en cette saison estivale, ce sont des tonnes de terre et de sable qui jonchent le sol, en plus des matériaux de construction qui sont déposés çà et là et parfois sur les trottoirs. La circulation dans une partie de cette cité, particulièrement en direction du Pont Blanc, est devenue interdite de fait. Les automobilistes sont obligés de faire de grands détours pour arriver à destination et les chauffeurs de taxi refusent de prendre des clients vers cette partie de la ville. En effet, le tronçon situé juste après le rond-point des «Allemands», à proximité de l'antenne CNAS, qui relie cette cité par une double voie à la grand-route est impraticable ; des cratères béants, des montagnes de gravats et de terre sont consécutifs à des travaux que des ouvriers essayent de réaliser sous un soleil de plomb. La poussière a tout envahi : fenêtres, vitres et portes sont devenues grises et une épaisse couche s'y est déposée et parfois c'est toute l'atmosphère qui est polluée par ces résidus microscopiques en suspension dans l'air, on éprouve de la peine à respirer et on se réfugie très vite chez soi. Mais cela ne règle pas pour autant le problème puisque la poussière s'incruste jusqu'à l'intérieur avec, en plus, le bruit des engins en action. Tout cela, nous dit-on à la direction de l'hydraulique, pour ne plus avoir à craindre les inondations dans cette partie de la ville construite en dessous du niveau de la mer parce que les stations de relevage ainsi que les regards et les rigoles ne suffisent plus à évacuer les eaux pluviales. Le bassin de rétention construit en amont, du côté de Zafrania, juste en contrebas du piémont de l'Edough, est très utile parce qu'il sert à retenir toutes les alluvions et les déchets solides charriés par les eaux de pluie mais, là encore, cet ouvrage ne peut à lui seul régler le problème. Et donc, il avait fallu entreprendre ces travaux pour remplacer les buses par d'autres dont les dimensions sont 2 à 3 fois supérieures. D'autres travaux sont en cours au niveau des immeubles, il s'agit de renouveler les canalisations de l'AEP, on creuse, on remplace, on soude, on raccorde, on recouvre avec du gravier en attendant le goudronnage qu'on dit pour bientôt. A El Hattab, les travaux de réfection sont terminés mais les voies n'ont pas encore été bitumées, des nuages de poussière sont soulevés par le passage des véhicules qui empruntent ces routes, ce qui provoque souvent la colère des passants et des propriétaires des magasins riverains, obligés de nettoyer à chaque fois. Près du siège de la Cacobat, ce sont encore des travaux, la voie éventrée, de profondes tranchées la traversent de part en part et des matériaux y sont déposés et il n'est pas rare de voir des automobilistes faire demi-tour en pestant contre cette situation qui dure depuis plus de deux mois. «Ces travaux sont nécessaires, nous confie un responsable au niveau de l'Office national d'assainissement (ONA) si l'on veut mettre à l'abri, une fois pour toutes, la ville de Annaba des inondations qui la menacent chaque hiver ; il faut bien lancer ces travaux, à un moment ou un à autre, et il faut que les citoyens comprennent que c'est dans leur intérêt ; nous faisons de notre mieux pour en accélérer la cadence parce que nous savons que cela cause des désagréments.»