La saison estivale commence très mal à Oran. Malgré les efforts consentis par le gouvernement pour réorganiser le secteur du tourisme et de l'environnement, la situation reste précaire et marquée par une grande anarchie. Les promesses et les discours pompeux faits lors de la clôture de la saison estivale écoulée et les incidents graves qui l'ont ponctuée se sont avérés creux et sans aucune teneur. Censée limiter les dégâts et ordonner le secteur des concessions estivales, la direction du tourisme qui a hérité de ce dossier sensible est carrément dépassée par les événements. Les concessions sauvages pullulent le long des plages et les dépassements y sont légion. Chaque jour est marqué par des incidents, parfois graves. Au su et au vu de tous, des groupes de gens sans vergogne et sans scrupules squattent les plages au détriment de la sécurité et du bien-être des estivants. Ils s'y permettent tout. A la plage «les Andalouses», l'anarchie est de mise. C'est l'archétype même de l'absence totale des pouvoirs publics et des plages qui s'autogèrent. Les enfants des douars et villages entourant les plages s'octroient le droit de bénéficier d'une parcelle de terrain, sans passer par les délibérations et les adjudications de la commission du tourisme de la wilaya d'Oran. Au moment où les autorités nationales fournissent des efforts considérables pour la remise à niveau du secteur du tourisme, d'autres responsables locaux affichent leur désintérêt et leur indifférence. Les plages restent non sécurisées et loin des normes requises. Les incidents ne manquent pas dans la station balnéaire «les Andalouses». Et pour cause, le racket organisé exercé par des meutes de jeunes sous le regard bienveillant des gendarmes qui assistent passivement aux prises de bec et aux bagarres avec les automobilistes. Les trottoirs sont pris par ces jeunes qui exigent le paiement de 50 à 100 DA pour qu'on puisse garer sa voiture en toute tranquillité. Le paiement se fait d'avance et sans rechigner, sinon gare à vous. Cela devrait être considéré comme une insulte aux gendarmes qui sont, pourtant, présents sur les lieux. Des tickets sans cachet, sans mention légale sont délivrés aux automobilistes comme pour camoufler le côté illégal de cette pratique. Malgré les promesses du wali et son intransigeance à la suite des incidents ayant coûté la vie à une petite fille et entraîné des blessures à d'autres, les jet-skis sont toujours là à sillonner les plages parmi les estivants. Il y a quelques jours seulement, une autre petite fille avait été percutée par un jet-skis alors qu'elle jouait sur le sable. Le conducteur avait été arrêté par les gendarmes, mais le propriétaire des jet-skis n'a pas été inquiété. Ce dernier a également acquis des «couacs» qu'il n'hésite pas à louer pour circuler sur le sable à des moments de forte affluence. On imagine bien l'ampleur des désagréments causés aux baigneurs et aux enfants.