La pratique sportive occasionne des contraintes de plus en plus fortes en raison de l'augmentation nécessaire du volume d'entraînement et des modifications techniques et tactiques de la pratique du sport. Le football n'échappe pas à cette règle, demandant aux enfants, garçons ou filles, de commencer une pratique de plus en plus tôt vers des filières d'exigence de haut niveau par un entraînement intensif spécialisé, précoce et nécessitant des volumes d'entraînement de plus en plus importants. Ces conditions de réalisation ne sont donc pas sans conséquence sur les articulations. Au-delà des accidents aigus, on retrouvera des phénomènes de surmenage articulaire dès l'enfance, avec l'apparition de maladies de croissance ou d'arrachement osseux, et de plus en plus tôt on retrouvera chez l'adulte des phénomènes de décompensation de type microtraumatismes pouvant ressembler à l'arthrose de la personne âgée. Le football sollicite, en dehors du gardien de but, essentiellement les membres inférieurs. Chevilles, genoux et hanches sont donc particulièrement visés. Le pied du footballeur L'accélération des phases de jeu dans le football moderne a fait du tacle bien exécuté une phase de jeu importante puisqu'elle permet d'anéantir l'attaque, de récupérer le ballon et de mettre en place une relance. C'est un geste technique magnifique qui, mal exécuté, peut conduire non seulement à des traumatismes aigus avec des fractures de jambe (réprimé par carton rouge dans le cadre du jeu dangereux manifeste), mais même avec une bonne technique d'exécution, le choc pied/pied ou ballon/pied provoque sur la cheville un microtraumatisme non négligeable. L'apparition du «pied du footballeur» est donc la conséquence de la pratique des tacles répétés, avec la réalisation de microtraumatismes par choc, compression, cisaillement, torsion, avant-pied, arrière-pied. Par ailleurs, la pratique des frappes instantanées, des sauts et des contre-pieds augmente les contraintes mécaniques surtout si le sportif amateur change souvent de terrain. Le «pied du footballeur» rentre dans le cadre caractéristique de lésion par microtraumatismes répétés. Seule la prévention pourrait limiter cette pathologie avec une bonne réalisation du geste technique, la mise en place de séances proprioceptives préventives et la réalisation systématique de chaussures et de semelles adaptées. Le rôle du changement de terrain n'est pas négligeable sur les facteurs de risque. Le genou méniscal ou arthrosique du footballeur Parler du genou, c'est également prendre en compte l'âge du sportif. On éliminera tout de suite les entorses graves, avec rupture du ligament croisé antérieur. En début de carrière, le sportif présentera des pathologies de croissance avec surtout des maladies de Sinding Larsen, d'Osgood, voire d'ostéochondrite disséquante du genou. Puis, il peut présenter des tendinites rotuliennes répétitives, des tendinites de la patte d'oie, voire des syndromes rotuliens avec douleurs chroniques du genou. Tout cela entre dans le cadre d'une expression chronique de pathologies plutôt aigues. Pour le genou du footballeur chevronné, il s'agit d'une pathologie chronique du footballeur ayant commencé tôt sa carrière et pratiquant le football sans interruption, occasionnant des lésions constantes passées inaperçues de traumatismes par choc, de traumatismes sur chute, de traumatismes par petites torsions, avec mise en tension non seulement des ménisques, mais également des ligaments. Tout le système de jeu qui repose sur la rapidité du pivot et l'instantanéité de la frappe est générateur de traumatismes répétitifs au niveau du genou. La description des lésions aigues ou chroniques de la pratique du football peut mener à s'interroger sur la bonne prévalence d'une pratique sportive pour la santé. Il faut, au-delà de la prévention des traumatismes, l'association d'une bonne alimentation, d'une bonne hygiène de vie, du respect de l'adversaire, sans faire d'agression inutile qui pourrait avoir de graves conséquences sur la santé. Ce type de pratique est, forcément, plus générateur d'incident ou d'accidents à plus ou moins longue échéance qu'une pratique de loisir qui ne génère que quelques accidents aigus.