Les Egyptiens n'arrivent pas à avaler la pilule. Plus de 48 heures après la qualification des Verts pour le Mondial 2010, l'hystérie médiatique n'en finit pas de mettre de l'huile sur le feu avec lequel jouent les journalistes égyptiens. Les incidents qui se sont produits contre l'ambassade algérienne en Egypte sont le fait de cette hystérie médiatique fanatique où on a vu des appels au meurtre lancés par des personnalités qui se disent civilisées, des appels à la guerre contre l'Algérie lancés par des journalistes, des appels à faire intervenir les unités spéciales de l'armée égyptienne pendant le match à Khartoum lancés par des animateurs de télévisions égyptiennes. L'issue victorieuse du match Algérie-Egypte au Soudan a fini par dévoiler le vrai visage des médias égyptiens dans toute leur étendue. Un visage de fanatisme et de racisme sans égal. Les médias lourds égyptiens plus particulièrement ont jeté tout leur poids dans une bataille qu'ils ont créée de toutes pièces. Le match de football s'est transformé en un match médiatique semant la haine et la discorde entre nos deux peuples. La presse égyptienne excelle dans l'art de la manipulation au détriment de son opinion publique et elle vient de le démontrer. Il faut seulement se demander pourquoi le peuple égyptien frère n'a pas effectué le déplacement pour supporter les siens. C'est tout simplement parce qu'il y a l'Egypte des pauvres et des petites gens et l'Egypte des richards dont font partie les médias égyptiens qui maintiennent en l'état le système politique et sa mainmise sur les populations aux dépens des droits de l'Homme et par des violations extrêmes. Les médias lourds égyptiens auraient mieux fait de mobiliser leurs forces pour dénoncer le génocide de Ghaza et venir en aide aux enfants, femmes et vieillards qui se faisaient bombarder au phosphore. Pourquoi n'avaient-ils pas appelés à faire intervenir les unités spéciales de leur armée pour sauver les Palestiniens de Ghaza ? Ils avaient tous observé un silence royal et les Palestiniens l'ont dit clairement en explosant de joie à la victoire des Verts. Les médias égyptiens auraient été crédibles s'ils militaient pour les droits de l'Homme dans leur pays, s'ils militaient pour abolir la torture et l'arbitraire policier contre les enfants du Nil. Il n'en est rien. En fait, ils défendent un nationalisme béat, désuet et uniforme que leurs propres citoyens dénoncent depuis des siècles. Ils défendent un système et des intérêts propres à une caste aux dépens de leur peuple. Au pays «du royaume de Moubarak», le fanatisme est pluriel et enraciné chez la couche aristocrate égyptienne. C'est elle qu'on a vu sur toutes les chaînes satellitaires égyptiennes et non pas le petit peuple, miséreux. Cela dépasse le stade du nationalisme et de l'amour de la patrie. C'est le fanatisme qui défend ses principes et ses traditions sur le dos des peuples et de l'humanisme. Les médias égyptiens viennent de cracher leur venin sur les valeurs universelles de l'humanisme et les règles de la bienséance. M. O.