Photo : Riad Par Ali Boukhlef On sait à peine que les jeunes représentent dans le pays 75% de la population. C'est presque tout. A chaque consultation électorale ou, épisodiquement lorsqu'il y a un événement heureux comme la victoire de l'équipe nationale de football, on chante et on se rappelle «cette jeunesse capable de tout». Et puis, c'est tout.Il n'y a, en réalité, qu'à voir le temps que consacre la seule et unique chaîne de télévision (avec ses quatre démembrements) à cette catégorie de la société pour s'en rendre compte. A part les émissions sportives –là aussi, les programmes étrangers prennent beaucoup plus de place- rien à voir. Même pas les films occidentaux qui faisaient jadis la différence. Cela alors que, comme leurs congénères du monde entier, les jeunes Algériens ont d'autres préoccupations que celles qu'on présente à la télé ou dans les autres mass média. Voyager, se distraire, aimer et faire de nouvelles connaissances, synonymes d'aventures, sont la préoccupation majeure de la jeunesse d'aujourd'hui. Il suffit d'ailleurs de consulter les différents sites Internet algériens –il n'y en a pas beaucoup- pour s'en rendre compte. Première remarque : les sites d'information politiques sont les moins visités. Le rush est, en revanche, beaucoup plus intéressant pour les sites de rencontres et de divertissements. Même si, là aussi, les sites sportifs ont la palme. Tout autant que les journaux qui traitent de l'actualité sportive.Il est loisible en effet de constater que les journaux sportifs se vendent beaucoup plus que les autres malgré l'absence de statistiques fiables à ce sujet. Le constat est également valable, en dépit de leur discrétion, pour les journaux relatant des faits divers ou des publications familiales. Ces dernières sont très nombreuses et elles marchent très bien. C'est le cas, par exemple, d'un magazine mensuel traitant des problèmes des jeunes, y compris des sujets tabous comme la sexualité. «On n'a pratiquement pas d'invendus», témoigne un responsable de cette édition en arabe et en français. C'est une preuve supplémentaire que les jeunes Algériens ont leur «actualité». Cela ne veut pas dire que les jeunes ne s'intéressent pas à l'actualité politique. Même si, là aussi, il suffit de suivre les meetings –devenus très rares- des personnalités politiques, pour se rendre compte que séduire et intéresser la jeunesse est une œuvre délicate.