Y aurait-il eu accord entre les deux clubs pour que la rencontre se termine sur un score paritaire ? Dans les villes périphériques du chef-lieu de wilaya et plus particulièrement dans leurs cités-béton, c'est ce qui revenait le plus souvent dans la bouche de centaines de jeunes qui avaient fait un déplacement homérique vers le stade du 17-Juin pour assister au derby local constantinois. L'odyssée n'en était devenue que plus amère compte tenu du jeu présenté de part et d'autre et que les quelques velléités individuelles ne risqueront pas de fournir l'alibi. Tout ça pour ça ! auront tous les droits de vociférer les habitants de la ville des Ponts à chaque fois déstabilisés que vingt-deux joueurs s'acquittent de leur devoir en se donnant la réplique dans un match de football et que des milliers d'énergumènes naïvement qualifiés de supporters prennent la ville en otage. Le CSC était dans l'obligation de convaincre ses fans, il ne l'a pas fait même si son coach jurait par tous les dieux que c'est son adversaire qui a refusé de jouer. Le coach brésilien, dans une colère jupitérienne, s'en est pris à ses joueurs en crachant certainement des noms d'oiseaux dans la mesure où il les vociférait dans sa langue maternelle, laquelle, est-il besoin de le souligner, n'est pas facile à assimiler en raison de son hybridité. Et enfin, le public qui a fait la fête que lui-même attendait en ce sens qu'il en est le metteur en scène, est rentré penaud. Rentré est également exagéré sachant que des centaines de jeunes sont restés en rade sur les routes et ont eu des difficultés à rejoindre leur domicile, exception faite pour ceux qui n'ont pas hésité à marcher…une vingtaine de kilomètres vers les villes communes limitrophes. Les plus tempérés parmi les Mocistes ou les Clubistes ont remis à l'ordre du jour «la combine» ou d'une manière plus pusillanime «l'entente cordiale entre des dirigeants de club qui ont privilégié de ne pas sortir la ville de la sérénité ambiante» d'autant plus que «le nul arrangerait les deux équipes dans la mesure où il n'entamerait en rien leur parcours au tiers de la compétition.» Une telle conception du sport consisterait à revenir au procédé quasi officiel qui avait conduit les pouvoirs publics à régler le résultat du derby à partir des bureaux de l'administration «pour raison de stabilité sociale», était-il alors argumenté de 1994 à 1999. Faut-il alors rappeler que le CSC reste leader avec trois points d'avance sur son immédiat pisteur, alors que le MOC garde intactes ses chances de rester dans le sillage et de revenir à hauteur du peloton de tête. Tout cela conforte l'hypothèses de l'accord tacite entre Blanc et Verts. A.L