Ce n'est un secret pour personne que la majorité des familles algériennes peuvent difficilement joindre les deux bouts. Les maigres bourses sentent bien le poids des dépenses imposées par la cherté de la vie. Toutes les augmentations de salaire effectuées par l'Etat sont loin de relever le niveau de vie du fait que ces dernières sont vite absorbées par une inflation en croissance permanente. D'ailleurs, même l'année 2011 s'annonce plus chère que la précédente. Un père de famille ne pourra sûrement plus remplir son couffin au marché des fruits et légumes où les prix fluctuent au gré des commerçants. Il ne s'aventurera sûrement plus dans les boutiques de prêt-à-porter où les vêtements sont hors de prix. Face aux promesses de l'Etat qui ne se concrétisent souvent pas sur le terrain, notamment celle de protéger le consommateur, les Algériens ne restent pas les bras croisés. Obligés de faire face aux dépenses, ils recourent aux petits boulots pour arrondir leurs fins de mois. Ils sont nombreux, toutes catégories confondues, à trouver un deuxième travail ou à faire des heures supplémentaires. Les enseignants pensent aux cours de soutien, les architectes ou encore les médecins à travailler chez le privé, les fonctionnaires possédant un véhicule au transport clandestin. Même les enfants s'y sont mis puisqu'ils sont plus de 300 000 à travailler en Algérie. Mais avec la crise économique et le taux de chômage avoisine les 10%, certaines familles n'arrivent plus à satisfaire leurs besoins les plus élémentaires et finissent, malheureusement, par allonger la liste des nécessiteux. Les familles pauvres ne sont plus les seules touchées par la misère en Algérie, la classe dite moyenne et les jeunes sont pris dans un engrenage infernal induit par le chômage et la situation difficile de jour en jour, les poussant à la délinquance, à la dépravation, à la harga et autres fléaux. Ces familles, qui attendent toujours que l'Etat se décide à leur octroyer des aides publiques afin d'améliorer et de relever leur niveau de vie, recourent désespérément aux associations, peu nombreuses à activer réellement sur le terrain. Celles qui le font ont le mérite d'apporter un sourire sur le visage d'un enfant. Parce que chaque enfant mérite de sourire. H. Y.