De notre correspondant à Bouira Nacer Haniche Les salles de spectacle et les scènes de théâtre ont peu vibré au cours de ces dernières années à Bouira. En dehors de quelques sorties événementielles et occasionnelles, rares sont les troupes de théâtre qui se sont produites devant le public, alors que certaines troupes connues jadis dans les milieux culturels, telles que El Milad et El Mordjane de Bouira, qui avaient animé plusieurs représentations durant les années 1990, ont fini par céder devant les entraves administratives et la marginalisation exercée par les responsables du secteur. A ces écueils, sont venus s'ajouter les aléas de la vie quotidienne. Les membres et les animateurs des deux associations susnommées ont fini par déserter la scène pour vaquer à d'autres occupations, laissant derrière eux un grand vide et plusieurs projets qu'ils n'ont pas pu concrétiser.Par ailleurs, les responsables du secteur ont tenté, occasionnellement, de combler ce vide en organisant, cette année, des activités avec des pièces de théâtre présentées par des troupes professionnelles, appartenant aux théâtres régionaux de Béjaïa et Batna. Episodiquement, on peut dire que le quatrième art a été présent, mais cela, sans pouvoir pallier les conséquences du manque d'une politique culturelle au niveau de la région. Les animateurs de la scène culturelle soutiennent ainsi que le théâtre a besoin d'un nouveau souffle, par l'association des efforts des professionnels et des responsables locaux, d'autant plus que sur le plan des infrastructures, la wilaya est bien dotée. Le représentant de l'association El Millad, que nous avons questionné dernièrement sur la situation du théâtre amateur dans la région, en a fait un tableau peu reluisant et met à l'index le manque de considération et l'indisponibilité de certains responsables locaux à fournir les moyens nécessaires ou à encourager l'émergence d'une relève dans le domaine. D'autre part, il ajoute que les répétitions et les activités théâtrales connaissent une dynamisation uniquement à l'approche des manifestations culturelles et des fêtes nationales, où les animateurs et acteurs sont limités par les programmes concoctés pour ces circonstances. Il a indiqué aussi que la majorité des animateurs ne vivent pas de cet art, ils sont souvent des employés, OP1, des agents d'administration ou des enseignants travaillant dans des secteurs qui, généralement, n'ont rien à voir avec le théâtre. Pour lui, cet art ne se travaille pas par des actions volontaristes ou avec du bricolage, il nécessite de la formation avec des spécialistes dans le domaine et de grands réalisateurs. De plus il nécessite des infrastructures adéquates et des moyens, cependant au niveau du chef-lieu, notre interlocuteur déplore l'absence de salles réservées pour l'activité théâtrale, mais avec l'ouverture de la nouvelle maison de la culture où il espère découvrir un espace qui puisse relancer le quatrième art au niveau de la ville de Bouira, plusieurs animateurs et acteurs de théâtre sont certains que leurs appréhensions du passé (disparition du théâtre, du calendrier des arts au niveau de Bouira) soient vite oubliées. Cependant cette absence n'a pas empêché l'émergence du quatrième art dans d'autres secteurs. Au niveau de l'éducation, des collectifs culturels et des associations d'animation ont pu constituer de petites troupes de théâtre qui ont participé à des activités culturelles au niveau des établissements et à l'occasion des rencontres nationales organisées dans la wilaya et d'autres régions du pays. D'autre part des actions menées par les associations attestent que malgré les empêchements et les restrictions sur les moyens, le théâtre est présent dans la société et ce, grâce à l'activisme de nombreuses troupes locales et d'acteurs indépendants qui ne cessent de se sacrifier pour la valorisation de cet art.