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Al Assad face à la rue
Le pouvoir en Syrie annonce des «réformes» et un «dialogue national»
Publié dans La Tribune le 21 - 06 - 2011

Le 31 janvier dernier, alors que la vague de la révolte commence à submerger certains Etats arabes, le président syrien, confiant, déclarait au Wall Street Journal que son pays n'est pas assimilable à la Tunisie et à l'Egypte. La dissemblance est «dans la cause qu'on défend, il existe une grande différence entre le fait de défendre une cause et un vide idéologique», dira-t-il. Le diagnostic du docteur Bachar s'est révélé on ne peut plus erroné. La Syrie se retrouve dans une situation extrême. Le régime en place semble condamné à concéder les ouvertures qui s'imposent ou à disparaître. Après bientôt trois mois de tumulte, Bachar Al Assad ne parvient toujours pas à faire tomber la fièvre qui agrippe la Syrie. Pourtant, le 10 juin 2000 quand il succéda à son père, beaucoup d'espoirs étaient mis en lui. Sa jeunesse pouvait être un élément prometteur de réformes salutaires ne serait-ce que progressive, et son appartenance à une génération nouvelle un gage d'espérance. Bachar présidait alors la Société scientifique syrienne d'informatique et organisait à Damas des salons consacrés aux nouvelles technologies, symboles alors absolus de la modernité qu'il souhaitait incarner. Et comble de l'ironie, ce sont pourtant ces nouvelles technologiques qui le trahissent semaine après semaine, montrant l'image détestable d'un régime froid et sanguinaire. Les extraits de vidéos captées par les téléphones portables et retransmises clandestinement à l'extérieur du pays donnent à voir une terrible et sanglante répression initiée par des services de sécurité impitoyables. Arrivé au pouvoir depuis une décennie, le président syrien pouvait en effet allégrement symboliser la réforme d'un système politique tournant à vide et confinant la société à l'étouffement. Premier avertissement en 2005, après le retrait contraint des troupes syriennes du Liban consécutif à la brève «révolution du Cèdre». Al Assad a pu résister à l'ébranlement qui aurait pu être fatal. Face aux velléités du changement, le régime syrien joue à fond l'effet repoussoir du chaos irakien provoqué par l'invasion puis la présence militaire américaine. Le changement violent du régime de Saddam Hussein et la désintégration du Baath irakien ont constitué un véritable traumatisme dans une région fragile de par ses composantes ethniques. Des milliers d'Irakiens ont entamé l'exile vers la Syrie voisine parfois dans la douleur. Pour beaucoup de Syriens, mieux valait la famille Assad que les bains de sang de Baghdad et un pays menaçant partition. Quand le vent de la révolte arabe a commencé à souffler, le régime syrien donnait l'image d'une sérénité qui s'est avérée reposant sur du toc. Les Syriens, à l'instar des autres rues arabes, ont commencé à réclamer leur dû, leur dignité et leur liberté. En face, le système en place ne pouvait pas accepter la réalité. En trois mois, le président syrien a apporté la preuve de son incapacité à conduire la rupture avec l'ordre ancien. Pourtant la conjoncture internationale est pour le moins propice. Le pouvoir pouvait entamer des ouvertures qui auraient pu éviter un enlisement dangereux pour l'intégrité même du pays. Mais le système au pouvoir en Syrie semble otage des mêmes maux caractérisant les régimes arabes. L'entretien accordé au New York Times le 10 mai par le cousin du président, le fameux Rami Makhlouf, est symptomatique d'un régime déconnecté de la réalité et de l'évolution du monde arabe. C'est un homme d'affaires, «incarnation de la kleptocratie du système», endossant le rôle de ministre syrien des Affaires étrangères en agitant des menaces et parlant en personnalité autorisée. Le plus grand souci du régime syrien semble aussi être son incapacité d'identifier un bouc émissaire commode pour le charger de l'enlisement actuel. Désorienté face aux cortèges spontanés et pacifiques des revendications populaires, le pouvoir en place rabâche ad nauseam sa thèse de «terroristes étrangers» qui pousseraient au crime pour le compte d'agendas étrangers. Seulement l'histoire est patente. Partout où elle a été pratiquée, la réponse sécuritaire a au contraire régulièrement alimenté la contagion par des mécanismes de solidarité et d'identification aux victimes, aux villes et localités voisines. La révolte a cédé la place à une guerre d'usure. Le point de rupture semble avoir été atteint avec la fuite de milliers de réfugiés syriens vers la frontière turque.
Mais contrairement à la Tunisie, à l'Egypte et à la Libye, «le régime en Syrie, qui campe sur une mosaïque communautaire dans laquelle il est minoritaire, peut encore compter sur un appareil de sécurité homogène, même si la communauté alaouite dont il est issu est loin d'en être une, compte tenu des différences qui existent en son sein en termes de niveaux d'éducation, de pratiques religieuses ou de proximité avec la famille Assad». Les Etats-Unis et l'Union européenne ont pris des sanctions contre Damas. Cependant aux Nations unies, la Chine et la Russie sont réfractaires à des condamnations visant la Syrie. La perspective d'une Syrie déstabilisée semble ne pas susciter beaucoup d'enthousiasme. En Europe, aux Etats-Unis, en Israël qui occupe des terres syriennes, et même dans le monde arabe, la réaction est presque similaire : attentisme inquiet. L'absence d'alternative à un régime qui a organisé le vide autour de lui est patente. Et puis il y a le précédent irakien. Chez le voisin la chute du régime minoritaire sunnite de Saddam Hussein en 2003 a entraîné une terrible guerre civile de sept ans dans un pays ethniquement et religieusement aussi complexe que la Syrie. Le spectre d'une déstabilisation analogue plane actuellement sur fond d'événements graves et inquiétants. Dans son dernier discours, Bachar Al Assad affirme qu'il n'y aurait pas de réformes «dans le chaos» et a encore une fois condamné le «complot» contre son pays. Il s'agit de la troisième intervention publique de Bachar Al Assad depuis l'éclatement en mars du mouvement de contestation populaire plaçant la Syrie à la croisée des chemins. Ultime moment de lucidité, le président syrien a reconnu que le pays qu'il dirige se trouve à un «tournant».
M. B.


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