Les nouvelles orientations économiques édictées par le gouvernement, contrairement aux spéculations premières des commentateurs, suscitent la satisfaction des organisations patronales. Les entrepreneurs locaux n'ont pas manqué, en effet, d'exprimer ouvertement leur contentement au sujet des récentes mesures prises par l'Exécutif dans l'objectif avoué de «doper sérieusement la croissance et de garantir la stabilité sociale». La priorité exclusivement accordée à l'investissement productif, l'engagement effectif de l'Etat pour le sauvetage et la sauvegarde des entreprises publiques déficitaires et l'actualisation de la législation portant sur la privatisation des entités en difficulté –notamment l'article qui place automatiquement l'Etat en actionnaire majoritaire dans toute future ouverture de capital- sont autant de mesures qui ont recueilli la caution des partenaires patronaux du chef du gouvernement Ahmed Ouyahia. Le FCE, par la voix de son président, Reda Hamiani, a vivement approuvé l'option adoptée pour l'encouragement et le soutien des producteurs de biens et des créateurs d'emploi et de valeur ajoutée. «Les PME perdent des parts de marché tandis que les importations sont en nette croissance», tient-il à souligner comme pour justifier l'intervention officielle sur cette question précise. Il croit également que les IDE auraient pu servir la production locale, la création d'entreprises et de richesses ainsi que le transfert de technologie et de savoir-faire. Hamiani laisse entendre que les investisseurs étrangers, ayant profité au départ d'une série de privilèges et de facilités, ont quelque part légitimement déçu les espoirs des Algériens qui comptent, désormais, émettre d'autres règles du jeu pour sauvegarder leurs intérêts. Cependant, le premier responsable du FCE n'a pas omis de mettre le doigt sur nombre de contraintes, dont l'ampleur dramatique du commerce informel, les difficultés d'accès aux crédits et au foncier industriel ainsi que la pression fiscale, en plaidant pour un équilibre entre le rôle de l'Etat et celui des entreprises comme seule source de création de richesses et de valeurs. Le président de la CAP s'est aussi réjoui des innovations introduites en matière d'investissements en qualifiant la démarche d'«excellente chose». Boualem M'rakech estime toutefois qu'il y a beaucoup d'autres contraintes à lever encore pour inciter vraiment les opérateurs nationaux à investir dans la production. Pour cela, il appelle l'Exécutif à se pencher sérieusement sur les doléances qui lui ont été formulées dans ce sens. Au même titre que le patronat, les partenaires sociaux, et principalement l'UGTA, ont également applaudi la décision gouvernementale qui consiste à venir en aide aux entreprises publiques endettées. Les profonds amendements apportés aux textes fixant les conditions et les procédures d'ouverture des capitaux des entités économiques publiques ont été, par ailleurs, perçus comme une garantie supplémentaire des droits du salariat. En somme, des consensus se dessinent, d'ores et déjà, en prévision de la prochaine tripartite. En gagnant la sympathie des principaux représentants du patronat et la confiance du premier syndicat national, la rentrée s'annonce tranquille pour le gouvernement. Mais cela ne doit pas le dispenser d'ouvrir les débats qu'il faut avec les acteurs adéquats. Gouverner, c'est prévoir. Et pour cela, on doit toujours bien consulter tout le monde. K. A.