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S'adapter à une menace évolutive et multiforme
L'irruption du conflit libyen et l'attentat contre l'AMIA de Cherchell incitent à une révision de la doctrine de sécurité
Publié dans La Tribune le 05 - 09 - 2011


Photo : Riad
Par Noureddine Khelassi
L'attaque terroriste contre un mess d'officiers, dans le périmètre de sécurité de la première école de formation militaire algérienne, et l'irruption du conflit en Libye, pays limitrophe, montrent que dans un contexte de régionalisation croissante des crises, les aspects internes et externes de la sécurité sont indissociablement liés. Les implications de ces deux facteurs sont propices à une réflexion sur la définition d'une nouvelle stratégie de riposte et de lutte adaptée à des menaces protéiformes et évolutives. La volonté, encore plus accrue, de maitrise de l'espace et des menaces, incitent donc à la mise en place d'une doctrine de défense et de sécurité inclusive qui prend en compte l'ensemble des menaces, anciennes et nouvelles. Outre la menace militaire classique émanant de la frontière Ouest et du terrorisme islamiste à l'intérieur du territoire national et dans la zone de prolongement subsaharienne, l'Algérie affronte désormais d'autres menaces à ses frontières de l'Est. A lui seul, le conflit libyen concentre l'ensemble des agressions affrontées par ailleurs : terrorisme, prolifération d'armes, trafics en tous genres, intrusions dangereuses de personnes, de biens et de capitaux, sans compter les flux migratoires. Ces menaces multiformes, dans leur expression et leur amplitude, sont à apprécier en relation avec l'étendue des frontières globales de l'Algérie, notamment les limites sahariennes qui constituent un immense arc de crise et d'instabilité. Sans compter la frontière maritime, l'Algérie dispose de 6427 km de frontières totales, dont 3819 km de frontières sahariennes partagées avec cinq territoires, à savoir la Libye, le Niger, le Mali, la Mauritanie et le Sahara Occidental.
A l'Indépendance du pays, notamment depuis l'avènement du régime nationaliste et révolutionnaire de Houari Boumediene, l'Algérie a développé une doctrine de défense de ses frontières fondée sur un postulat quadriptyque : intangibilité, souveraineté, non-ingérence, bon voisinage, bornage et développement des frontières. Ce modèle est, peu ou prou, toujours en vigueur, la question du bornage des frontières n'ayant pas trouvé des réponses définitives avec tous les pays du voisinage. L'axiome de gestion et de défense des frontières était adossé à la notion de menace stratégique qui était fondamentalement d'essence militaire. Pendant longtemps, elle émana de l'Ouest, c'est-à-dire du voisin marocain, l'ennemi intime qui contestait le principe même de l'uti possidetis fondant l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation. La menace militaire en provenance du Maroc était d'autant plus tangible qu'un conflit militaire d'ordre territorial opposa les deux pays au lendemain même de l'indépendance de l'Algérie. C'est ainsi que la menace militaire marocaine, qui s'est exprimée encore une fois à la faveur du conflit sur le Sahara Occidental, a déterminé et structuré la doctrine militaire algérienne, le format et la structuration de l'ANP, le système de défense et le type d'armement. Jusqu'en 1992, précisément depuis l'interruption du processus électoral et l'interdiction juridique du FIS, la menace stratégique était externe et l'ennemi extérieur. Le basculement de l'islamisme dans la radicalité politique et le terrorisme, ont paraphé, dans la violence et le sang, l'émergence d'un ennemi interne. Les groupes armés ont ainsi fait face à une armée et des services de sécurité qui n'étaient absolument pas préparés à affronter un ennemi inattendu et imprévisible. Un adversaire redoutable qui combinait techniques de guérilla et violence terroriste, exprimés sur un large registre de l'horreur et sur des théâtres d'opération variés, dans les villes comme dans les campagnes. Cette vaste entreprise de subversion interne déstabilisa un temps l'armée et les services de sécurité, contraints à la défensive alors même que l'outil et la doctrine de guerre n'étaient pas, par définition, compatibles. Il a fallu donc s'adapter à cet ennemi algérien en phase ascendante, qui renouvelait ses recrues, adaptait ses méthodes et signait toujours son mode opératoire. Qui plus est, ciblait aussi la population dans le but stratégique évident d'isoler la population pour l'empêcher de constituer un atout majeur en matière de renseignement. Une fois rompus aux spécificités de la lutte antiterroriste, l'armée et les services de sécurité remportèrent des batailles décisives contre des groupes armés liés par des ramifications mouvantes, mais sans pour autant parvenir à assécher totalement le marais terroriste. Malgré ses défaites militaires successives, le terrorisme islamiste, d'avatar structurel en avatar organique, muait, se transformait, s'adaptait et se redéployait jusqu'à transposer sa menace hors des frontières du pays, notamment dans la proximité sahélienne. Al Qaida au Maghreb Islamique, c'est-à-dire la franchise géographique AQMI, est le fruit de la recomposition régulière de l'islamisme radical et de l'évolution de la géostratégie mondiale depuis le 11 septembre 2001. Face à l'évolution de la menace terroriste qui s'exprime désormais à l'intérieur et de l'extérieur, et devant le développement des autres types de menaces à partir de toutes les frontières, l'Algérie se trouve désormais dans l'obligation de redéfinir la nature de la menace dont les sources sont aujourd'hui plurielles, internes et transfrontières. La nouvelle doctrine de défense et de sécurité, imposée par les événements et souhaitée par nombre d'acteurs politiques, d'experts et d'observateurs algériens, serait fondée sur le diptyque action-prévention. Elle adapterait les concepts, les moyens techniques et les hommes à des guerres classiques potentielles mais aussi, surtout même, au terrorisme et au grand banditisme qui sont les deux faces de la même monnaie insécuritaire. En dehors de la menace militaire classique, la nouvelle doctrine de sécurité, base essentielle pour la construction de la sécurité dans l'ensemble du voisinage, permettrait de prévenir le risque, de surveiller, de détecter et de neutraliser. Ce qui favoriserait la découverte précoce des activités subversives par la veille permanente et le renseignement humain. Ce travail suppose de conforter l'adhésion la plus large et la plus active possible de la population. En matière de lutte antiterroriste, ce nouveau corpus faciliterait l'intervention sur les chaînes opérationnelles du terrorisme. Celles-ci vont des prédicateurs extrémistes aux filières de recrutement, jusqu'aux organisateurs des attentats, aux poseurs de bombes et aux terroristes suicidaires auxquels un terrorisme affaibli mais pas totalement dévitalisé à de plus en plus recours. Qu'elle soit tactique ou stratégique, la menace est désormais locale, régionale et globale. Elle émane d'un front intérieur plus ou moins instable sur le plan social et sécuritaire et, surtout, d'un voisinage déstabilisé, en crise larvée ou éclatée et, quelque fois, carrément hostile. En scrutant la carte d'Afrique du Nord et Subsaharienne, on constate que la seule partie qui n'est pas une source d'inquiétude, est au présent la Méditerranée. Les autres régions sont désormais sources de menaces dans la mesure où elles sont administrées par des Etats assez fragilisés. Outre le Maroc, pays avec lequel l'Algérie entretient de lourds contentieux (frontières, conflit de décolonisation au Sahara Occidental, querelles de leadership maghrébin), la Mauritanie, le Niger et le Mali sont des pays instables du fait de l'activisme d'AQMI ou de l'irrédentisme touareg. Et alors que la Tunisie vit par ailleurs une transition politique et économique incertaine, la Libye, elle, cumule tous les facteurs d'instabilité militaire, sécuritaire et politique. S'impose en fin de compte ce constat inquiétant : pour la première fois dans l'histoire de l'Algérie indépendante, aucune frontière terrestre du pays n'est tout à fait sûre ! Ce qui, nécessité faisant loi, devrait favoriser l'émergence d'un consensus national à la fois de fer et le plus large qui soit. Ce consensus devrait être le résultat heureux d'une véritable réconciliation nationale. Pas celle de l'absolution du terrorisme repenti mais plutôt celle de la construction d'une démocratie originale bâtie par toutes les intelligences patriotiques algériennes. La sécurité nationale, c'est aussi la démocratie.


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