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L'Afrique se disloque en micro-Etats
Au moment où de nouveaux blocs économiques et politiques se forment
Publié dans La Tribune le 10 - 01 - 2012

Certains analystes affirment que la bataille économique de cette moitié du XXIe siècle va se dérouler en Afrique, un continent vierge où tout est à faire. Ils n'ont pas vraiment tort. Mais au lieu que les Etats de ce continent se mobilisent pour se préserver et opérer sa mue sans retomber dans un colonialisme d'un autre ordre, c'est le contraire qui se passe. Les pays africains, dans leur majorité, n'arrivent toujours pas à chasser les vieux démons de la division. Des citoyens d'un même pays s'entredéchirent pour de banales histoires de foncier entre deux fermiers d'un village perdu au fond d'une forêt. C'est le cas au Nigeria où une banale dispute entre des habitants de deux villages voisins tourne souvent au massacre. En un jour, le nombre de morts peut facilement dépasser la centaine sans que les services de sécurité puissent arrêter ces violences, à l'origine aussi d'un déplacement massif des populations. Mais ces violences ne représentent qu'une infime partie du drame qui touche une grande partie du Nigeria. Les violences autour du foncier ne sont également qu'un prétexte pour les Nigérians qui vivent un grand problème de luttes interethniques et interreligieux. Le Nigeria est un pays à
400 ethnies dont 250 sont très influentes. Avec ses 160 millions d'habitants, ce pays de l'Afrique de l'Ouest est divisé en un Nord majoritairement musulman et un Sud chrétiens avec une minorité animiste. Les deux communautés religieuses sont en guerre depuis des décennies et les autorités d'Abuja n'arrivent toujours pas à leur faire signer un pacte de paix et de respect mutuel de croyance de chacun. La création en 2002 d'un groupe islamiste radical qui se fait appeler Boko Haram (Education occidentale est un interdit) a exacerbé les tensions entre les deux groupes religieux, causant des milliers de morts et presque autant de blessés. Les rencontres entre les chefs religieux musulmans et chrétiens (protestants et catholiques) ont réussi à limiter le nombre de morts, mais pas à mettre fin à ce conflit. En réalité, le problème est plus profond dans ce pays où les ressources naturelles, notamment pétrolières, suscitent tous les appétits. Aujourd'hui, le Nigeria est au bord de l'explosion à cause de la mauvaise gestion de ces richesses et des revenus que le pays engendre. Les violences religieuses ne sont que l'expression de cette situation explosive dans le pays depuis des années et qui est à l'origine de la tristement célèbre guerre du Biafra (1967-1970). Cette guerre civile a provoqué la sécession temporaire de cette région du reste du Nigeria. La réintégration du Biafra au sein du pays s'est faite à coup de milliers de morts, ravagé par la famine suite à un blocus maritime et terrestre des forces de Lagos (ex-capitale du pays avant son remplacement par Abuja). Les forces occidentales qui exploitent le pétrole nigérian ont soutenu les autorités de l'époque dans leur guerre contre les séparatistes biafrais, aussi bien militairement que financièrement. Quarante après cette tragédie, le spectre de la sécession guette encore le Nigeria qui risque de subir le même sort que le Soudan, l'ex-zaïre, l'Ethiopie et la Somalie.

L'Afrique, un continent maudit ?
Depuis des siècles, le Continent africain a vécu sous les guerres successives, entre africains et contre la colonisation occidentale. L'arrivée des colons français, anglais, belges, espagnols et portugais a reconfiguré les pays africains avec la naissance de nouveaux Etats. Le processus de création de ces Etats n'a toutefois pas pris en considération les données sociologiques, religieuses et ethniques des peuples de l'Afrique. Le résultat de cette politique est visible aujourd'hui. Le Soudan qui était, il y a une année, le plus vaste pays d'Afrique est divisé en deux Etats distincts : le Soudan avec pour capitale Khartoum et le Soudan du Sud avec pour capitale Juba. Le problème religieux est à l'origine de la sécession du Soudan puisque la lutte entre le Nord musulman et le Sud chrétien a fait trop de morts que les deux parties en conflit ont fini par se résoudre qu'il était impossible de cohabiter ensemble dans un même territoire. Mais cette séparation entre le Sud et le Nord du Soudan n'est que le début d'un processus qui pourrait mener à la sécession de la région du Darfour, toujours en conflit armé avec Khartoum. Avant le Soudan, on avait assisté au même processus en Ethiopie. De la guerre civile qui a ravagé ce pays de la Corne de l'Afrique, il en était sorti un nouvel Etat : l'Erythrée. La guerre érythréenne d'indépendance (1961-1991) a abouti à la création de l'Erythrée, le 23 mai 1993, mais cela n'a pas mis fin aux violences armées dans les deux pays. Des mouvements internes ont ensanglanté ces deux pays où des groupes séparatistes ont cherché à les fractionner davantage en micro-Etats sur des bases purement ethniques. L'Ex-Zaïre a vécu le même drame ethnique qui a fini par désunir cette ancienne colonie belge, donnant naissance à deux pays qui se sont fait appeler le Congo-Brazzaville et le Congo-Kinshasa. En Somalie où sévit depuis deux décennies une ravageuse guerre civile, entre les islamistes radicaux Shebab et le gouvernement provisoire de transition, la sécession de la partie nord-ouest du pays s'est faite depuis 1991. Au début justement de la guerre civile somalienne, le Somaliland a proclamé unilatéralement son indépendance de Mogadiscio. Les différents clans de cette province se sont concertés et ont créé la République du Somaliland qui connaît une certaine stabilité politique et économique pour le moment. Le respect des règles claniques serait à l'origine de cette relative stabilité.

Quelle solution pour l'Afrique ?
Pour mettre fin aux conflits qui minent de nombreux Etats africains, il est en fait nécessaire de s'attaquer à la source du problème. La persistance des conflits ethniques, tribaux et religieux entre les différentes communautés vivant dans un même pays est plus que nécessaire. Pour fonder des Etats modernes, il est impératif de mettre les vieux conflits communautaires de côté et mettre en place des institutions républicaine dignes de ce nom. L'élection d'un président dans ces pays ne devrait plus obéir à la loi tribale et religieuse, mais elle doit répondre à une exigence économique qui, jusqu'à maintenant, n'est pas la règle dans la majorité de ces pays. Le désarmement des milices et des anciens groupes rebelles constitue un point important dans l'instauration de la paix sur le Continent. Il ne faut pas perdre de vue le problème de l'alternance au pouvoir. Les exemples de ces présidents qui refusent de quitter le pouvoir après des décennies de règne sans partage foisonnent en Afrique. C'est dire que tout est à faire sur ce continent qui demeure à la traîne et qui voit ses richesses naturelles et humaines exploitées par d'autres puissances, plus soucieuses du bien-être de leurs populations que des vieilles querelles tribales, ethniques ou familiales, sans compter les conflits religieux.
L. M.


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