La jeunesse algérienne se plaint constamment du manque de loisirs. Les installations publiques qui lui sont dédiées sont, pourtant, disponibles dans toutes les communes. Si l'on s'amuse à dresser la liste des maisons, foyers et autres auberges de jeunesse, on constatera que toutes les localités à travers le territoire national sont relativement bien dotées en la matière. Mais ces établissements se trouvent, depuis toujours, mal équipés et mal exploités. Tout le problème se résume, en effet, au manque d'encadrement et à la restriction conséquente de l'offre de détente. Une wilaya comme Béjaïa, qui compte 52 municipalités, dispose officiellement de 51 structures destinées aux activités de jeunes. A priori, cet important patrimoine est en mesure d'offrir des espaces d'animation et de recréation à cette frange de la société. Dans les faits, les maisons de jeunes sont presque inexploitées. Au mieux, on y trouve un cybercafé. Les foyers, les auberges et les camps de jeunes du littoral (Tichy, Aokas, souk El Thenine et Melbou) fonctionnent périodiquement durant la saison estivale où ils reçoivent des estivants venant des wilayas de l'intérieur. Autrefois, les foyers de jeunes, confiés à des animateurs préalablement formés à cet effet, offraient un large éventail d'activités ; club de boulisme, groupe de musique, troupe théâtrale, jeux d'échecs, tournois sportifs, galas musicaux, excursions et échanges réguliers avec des institutions de même nature. Une carte d'adhérent à une maison de jeunes offrait à son acquéreur plusieurs avantages. De nos jours, l'activité des établissements de jeunesse est réduite à sa portion congrue. Lors d'une récente visite d'inspection dans la région, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de la Jeunesse, a été interpellé sur cette question. «L'encadrement au sein des maisons de jeunes à Béjaïa ne dépasse pas les 2,6 %. Cela est amplement insuffisant. Je reconnais qu'il y a un grand déficit en la matière que nous voulons rattraper. Heureusement, il y a des associations partenaires qui activent avec les responsables de ces structures, autrement il n'y aurait aucune activité à l'intérieur», avait-il reconnu. Belkacem Mellah avait, alors, promis de prendre en charge ce volet en formant un peu plus de cadres et d'animateurs de jeunes au niveau des six instituts nationaux spécialisés dans ce domaine. Un point que les responsables concernés doivent prendre en considération avant même le lancement de projets de ce type. Dans le cadre du programme quinquennal (2010-2014), plusieurs localités ont bénéficié de nouvelles installations destinées aux jeunes. On citera, notamment deux Centres d'attraction scientifique et de loisirs (SLC), implantés dans les communes de Oued Ghir et Amizour, nombre de complexes sportifs de proximités (Ighil Ouazzoug, El Kseur, Darguina, Tichy, Kherrata…). Il faut maintenant dégager les budgets d'équipement et de fonctionnement nécessaires pour que ces espaces puissent remplir correctement leur mission. Sinon, ils ne serviraient presque à rien du tout. K. A.