De notre correspondant à Bouira Nacer Haniche Le secteur de l'éducation de la wilaya de Bouira se trouve, depuis la dernière rentrée scolaire, sous l'emprise d'un conflit larvé entre les syndicats et les responsables de l'académie. Selon des syndicalistes, cette situation n'est que le résultat de la gestion anarchique du secteur et la non-satisfaction des revendications des travailleurs du secteur, qui ont engendré plusieurs grèves et contestations de la part des enseignants, notamment ceux du secondaire, qui viennent d'être appelés par la structure régionale du Cnapest à se joindre massivement à la grève à partir de la deuxième semaine du mois prochain. En effet, dans une déclaration rendue publique par son bureau de wilaya, sanctionnant la réunion qui s'est tenue le 20 décembre dernier à Bouira, le Cnapest est revenu à la charge pour dénoncer et alerter l'opinion publique, l'attitude du directeur de l'éducation pour ne pas avoir «tenu ses engagements qu'il a signés et enregistrés sur les différents P-V de réunions devant les représentants du syndicat et des délégués des enseignants auprès de la commission paritaire» concernant le règlement des problèmes professionnels des enseignants et des établissements scolaires, en suspens depuis des années, tels que le paiement des arriérés de salaire, notamment ceux des enseignants contractuels, la réfection des salles de cours et de la chaufferie au niveau des établissements scolaires, l'acquisition des équipement pédagogiques pour l'application des nouveaux programmes de la réforme, la levée des sanctions abusives prises à l'encontre d'enseignants, ayant fait l'objet de harcèlement et de pressions administratives pour avoir refusé d'accepter de se taire face à des dépassements et des procédés de travail qui se font contrairement à la législation du travail, ainsi que le manque d'encadrement pédagogique et administratif au niveau de certains lycées où, paradoxalement, «des postes de travail sont ouverts de manière complaisante, à des fins opaques et selon des critères subjectifs». Par ailleurs, le syndicat est revenu sur certaines revendications qui ne sont pas encore satisfaites par le ministère de l'Education, notamment la non-prise en considération des propositions formulées par le Cnapest au sujet de la réintégration des professeurs ingénieurs et des enseignants du technique dans les lycées et les modalités de promotion et de classement par catégories, le refus de l'ouverture du dossiers du régime indemnitaire afin de corriger les erreurs engendrées par la nouvelle grille des salaires, ainsi que le refus de faire participer le Cnapest dans la mise en œuvre du statut particulier des enseignants. Sur un autre registre, le Cnapest de Bouira a salué les interventions faites dernièrement par les autorités de la wilaya et judiciaires pour l'ouverture d'enquêtes suite aux nombreux scandales évoqués par le syndicat devant l'opinion publique, dans lesquels plusieurs responsables de l'académie sont impliqués. Dans le même communiqué, le Cnapest de Bouira rappelle que parmi ces scandales figure l'affaire de la fraude «organisée» au baccalauréat de juin 2008 qui a été vérifiée par une commission d'enquête du ministère, l'ouverture de postes fictifs par des responsables de l'académie au profit de leurs proches avec rémunération, des dépassements liés à des affaires de concussion, faux et usage de faux et pratique d'influence dans les différents examens de recrutement, ainsi que des affaires de passation de marchés douteux et anti-réglementaires dans la gestion du secteur. Sur un autre plan, ces derniers mois, alors que les autorités locales s'apprêtent à distribuer les quotas de logements achevés au niveau de Bouira, les travailleurs et professeurs, qui sont déclarés éligibles par l'AADL pour bénéficier du projet des 130 logements LSP dans la commune de Bouira, s'interrogent sur le devenir de ce projet, inscrit depuis 2003, pour lequel les postulants ont déjà versé la première tranche de leur contribution en août 2007 sans que les travaux soient entamés à ce jour. Selon un groupe d'enseignants bénéficiaires, les autorités locales et à leur tête l'agence AADL peinent à lancer ce projet ou à apporter des solutions satisfaisantes à leurs requêtes. L'éventualité d'un rassemblement de protestation n'est pas écartée, ont indiqué ces derniers, qui ajoutent que la direction de l'éducation s'est, pour le moment, considérée comme non concernée par ce retard injustifié. Il y a lieu de rappeler que ce quota de logements a été inscrit à la suite de la grève générale qui avait touché l'ensemble des établissements scolaires de la wilaya en 2003, la wilaya avait, à cette époque, réservé une assiette foncière et désigné l'AADL comme promoteur de ces 130 logements, mais après l'agrément du projet par la daïra et la finalisation des études, ainsi que le paiement de la première tranche de leur participation, les bénéficiaires n'ont enregistré aucun début de travaux sur le site, alors qu'ils ne cessent d'avoir des réponses évasives et non convaincantes de la part des responsables de la même agence. Ce qui accentue leurs craintes par rapport à l'argent qu'ils ont versé et aussi aux risques d'être déçus après avoir espéré, des années durant, réaliser le rêve de posséder un logement.