Beaucoup de personnalités, dont le prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus, et la reine Sophie d'Espagne, ont ouvert, hier, un sommet à Halifax (Canada), qui se tiendra jusqu'au 15 novembre prochain, et plusieurs personnes de divers domaines ont assisté à ce sommet, notamment des ministres, des spécialistes du développement, des délégués de différents pays du globe et des représentants de la fondation Bill et Melinda Gates. Les participants au sommet global du micro-crédit espèrent aider quelque 175 millions de personnes issues des populations les plus pauvres du globe, en finançant la mise sur pied de petites entreprises, tout cela d'ici 2015. C'est avec l'attribution du prix Nobel de la paix au Bangladais, Muhammad Yunus, surnommé "le banquier des pauvres que le sujet des micro-credits s'est placé au premier rang de l'actualité. Les micro-crédits, qui atteignent en moyenne 100 dollars, ne s'accompagnent d'aucune demande de garantie collatérale, permettant ainsi à des personnes pauvres de démarrer ou poursuivre des activités commerciales, comme la vente de produits alimentaires ou celle de produits faits à la main. Muhammad Yunus, considéré comme le père de cette méthode de développement a déclaré lors de la cérémonie d'ouverture, qu'il voulait faire de ce sommet une occasion historique pour la création d'un monde sans pauvreté. Ainsi, la reine Sophie a expliqué qu'elle était ravie de participer à ce sommet et avoir la chance d'aider les plus démunis en leur offrant l'opportunité de sortir du gouffre de la pauvreté. Le ministre canadien des Affaires étrangères, Peter MacKay, a, de son côté, annoncé aux délégués que le Canada avait approuvé une aide de 40 millions de dollars (35 millions USD) pour financer différents projets de micro-crédits en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. Le Premier ministre pakistanais, Shaukat Aziz, également présent à la cérémonie d'ouverture, a affirmé, pour sa part, que la pauvreté était à ses yeux "le plus grand défi auquel nous faisons face en ce moment". C'est donc dans une ambiance optimiste et festive qu'a été lancé le sommet global du micro-crédit, qui a vu également à la présentation de vidéo-clips et de spectacles de danses africaines. Les participants, qui étaient invités à signer une "déclaration de soutien", ont aussi pu entendre des témoignages de personnes ayant bénéficié de micro-crédits et de ce fait ont pu sortir de leur état de pauvreté. Il est à noter aussi que les promoteurs du micro-crédit ont reconnu qu'ils n'avaient pas atteint les objectifs qu'ils s'étaient fixés en 1997 à Washington. Ceux-ci espéraient alors rendre le micro-crédit disponible à quelque 100 millions de personnes ; si ces micros-crédits étaient utilisés avec des efforts pour améliorer l'éducation et la santé, cette méthode peut avoir un impact important pour éradiquer la pauvreté. Effectivement, le rapport de la campagne du Sommet sur le micro-crédit révèle que 82 millions - servant à soutenir le démarrage ou l'élargissement de micro-entreprises- ont été octroyés aux plus pauvres d'entre les pauvres, soit ceux qui survivent avec moins de 1 dollars US par jour. C'est nettement moins que l'objectif, établi il y a neuf ans, d'aider 100 millions des personnes les plus défavorisées de la planète d'ici 2005. Hélas le micro-crédit ne permet pas d'éradiquer totalement la pauvreté, car deux milliards de personnes attendent toujours d'en bénéficier. Enfin, le micro-crédit ne peut ni ne doit remplacer l'investissement public des Etats pour le développement, "qui nécessite plusieurs acteurs, et pas seulement la sphère privée et individuelle du micro-crédit ", explique Martha Stein-Sochas, spécialiste de la micro-finance à l'Agence française de développement.