M. Khanafou a inauguré, hier, le bateau scientifique baptisé du nom du chahid "Grine Belkacem". Cette nouvelle acquisition aura coûté près de 600 millions de dinars et permettra d'estimer la biomasse et les ressources halieutiques pélagiques et demersales. Cela favorisera aussi l'exploitation rationnelle de la ressource halieutique, la préservation de la biomasse et de l'environnement ainsi que la détermination du repos biologique des espèces piscicoles et la découverte de nouvelles zones de pêche. Cependant, cet air de fête aura vite cédé le pas à la question de renouvellement de la flotte algérienne, ce qui, inéluctablement, oriente le débat sur l'affaire de la perte par l'Algérie de son quota de pêche au thon rouge. Une affaire qui ressemble à une pilule qui passe mal ou difficilement. D'ailleurs, le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, M. Abdallah Khanafou, entend faire le ménage au sein de la corporation des mareyeurs qui seraient en partie à l'origine de cette perte de cette campagne de pêche à bien suivre la genèse du thon rouge algérien. Certains avaient pourtant bénéficié de l'aide de l'Etat aux fins d'acquérir du matériel destiné à ce genre de pêche dont des thoniers. Mais, pour une bonne partie de ces patrons côtiers, l'argent n'a pas servi. Le ministre de la Pêche compte récupérer ces aides non consommées et annonce avoir entamé des procédures judiciaires à l'encontre "de 15 opérateurs qui n'ont pas remboursé l'aide financière que leur a accordée l'Etat pour l'acquisition de thoniers destinés à la pêche du thon rouge en 2010". Le ministère annonce avoir "entamé des procédures judiciaires à l'encontre de ces personnes après leur avoir adressé des mises en demeure" et entend récupérer ses dus. Le message est clair, "soyez sûr que ceux qui ont acquis la subvention à hauteur de 60% pour équiper leurs embarcations (pour pêcher le thon rouge) doivent faire le choix entre s'équiper en conséquence ou restituer la subvention de l'Etat", a affirmé M. Khanafou. Le ministre rappelle que les bénéficiaires de cette aide consentie dans le cadre du plan de relance du secteur de la pêche et des ressources halieutiques et permettant l'acquisition de thoniers destinés à la capture du quota annuel de thon rouge durant 2010 ont "failli à leurs engagements" lors de la campagne de pêche au thon, en dépit d'un quota supérieur à celui de 2009. Cette "défaillance" aura d'ailleurs coûté cher à l'Algérie qui a ainsi perdu son quota de thon pour 2011, qui était de 616 tonnes et réduit à 298 tonnes. Cela a nécessité l'intervention d'un "lobbying diplomatique" afin de "réunir les deux tiers des membres de cette organisation, une condition pour que le recours soit accepté". Le ministre expliquera que ''même si l'Algérie obtient gain de cause, elle n'aura pas son quota pour 2011, parce que nous ne sommes pas prêts pour pêcher le thon rouge". L'Algérie, qui se trouve ainsi privée d'une gracieuse ressource, doit à peine se contenter de grive à défaut de merle et que "pour cette année, nous n'aurons pas ce quota. Nous voulons le garder pour les années à venir".