La crise financière qui ébranle la Grèce, pays membre de l'Union européenne, depuis 2008/2009 ne semble pas être un cas isolé. Ses interactions avec le reste de l'Europe et de la planète inquiètent plus d'un. Dans ce sens, le président de la banque centrale des Etats-Unis (Fed), Ben Bernanke a estimé, dernièrement, que si une solution n'était pas trouvée à la crise économique en Grèce, elle pourrait créer une menace pour la stabilité du système financier mondial. "S'il y avait une incapacité à résoudre cette situation, cela constituerait une menace pour les systèmes financiers européens, le système financier mondial et pour l'unité politique de l'Europe", a affirmé M. Bernanke. "Je pense que les Européens apprécient l'importance incroyable de résoudre la situation grecque", a-t-il souligné. "Nous avons été en communication étroite avec nos collègues en Europe. Evidemment pas impliqués dans les négociations, mais nous avons été bien informés", a-t-il précisé. Le comité de politique monétaire de la Fed, réuni pendant deux jours à Washington, "en a discuté", a-t-il rapporté. "C'est l'un des quelques risques financiers auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui". "Nous sommes principalement en train de suivre la situation de près et nous faisons de notre mieux pour que nos propres institutions soient bien positionnées par rapport à la dette publique de ce qu'on appelle les pays périphériques" de la zone euro (Grèce, Irlande et Portugal), a expliqué M. Bernanke. "Un défaut de paiement désordonné dans un de ces pays secouerait sans doute les marchés financiers dans le monde. Cela aurait de grandes répercussions sur les écarts de taux sur les marchés du crédit, sur le prix des actions et ainsi de suite", a-t-il estimé. La participation du privé constitue un risque D'un autre côté, le chef économiste de la BCE, Jürgen Stark, a mis en garde contre la participation du secteur privé dans le futur plan d'aide pour la Grèce. Il a affirmé que cette participation pourrait mener à une "nouvelle phase dramatique de la crise" dans ce pays. En clair, "l'implication des créanciers privés (...) peut mener à une situation risquée si les choses ne sont pas clarifiées rapidement", a-t-il précisé dans une interview accordée au journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. L'économiste de la Banque centrale européenne a dit "comprendre" le souhait des gouvernements européens de faire participer le secteur privé au nouveau plan d'aide à la Grèce. "Mais la question est de savoir si c'est économiquement pertinent et nécessaire", a-t-il ajouté. Les Etats européens, Allemagne en tête, veulent que les banques, les assurances et les fonds de pension acceptent volontairement d'échanger leurs titres de dette publique grecque à court terme contre de nouveaux titres, afin de laisser à la Grèce encore un peu de répit avant de devoir les rembourser. Mais si les agences de notation financière venaient à interpréter ce "rollover" comme un "événement de crédit", c'est-à-dire un changement des termes du contrat initial susceptible d'entraîner le non remboursement des sommes dues, elles pourraient déclarer la Grèce insolvable. Il est à rappeler que la Fédération allemande des banques privées (BdB) a assuré avant-hier que les banques "apporteraient leur contribution" à une nouvelle aide des pays de la zone euro à la Grèce, comme le souhaite ardemment le gouvernement. Un porte-parole du ministère des Finances a précisé que "les discussions en cours" avec les créanciers privés sur leur éventuelle participation à un nouveau plan d'aide à la Grèce se poursuivaient. Il n'y "a pas de procédure" pré-définie pour ce genre de discussions, a-t-il fait valoir. "Nous apporterons notre contribution", a souligné Michael Kemmer, dirigeant de la BdB. Les Grecs doivent entreprendre en échange tout ce qui est possible pour sortir de la grave crise actuelle, a insisté de son côté M. Kemmer, alors que le plan d'économies du gouvernement grec est très contesté par la population. Les banques allemandes réclamaient jusqu'ici des contreparties en échange de leur participation mais s'étaient vu opposer une fin de non-recevoir du ministre des Finances Wolfgang Schauble.