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Fusion EADS/BAE: Echec du projet faute d'accord des gouvernements
Publié dans Le Maghreb le 13 - 10 - 2012

Les discussions sur une fusion des groupes d'aéronautique et de défense EADS et BAE Systems ont échoué faute d'accord des gouvernements, ont annoncé, mercredi soir, les deux groupes."EADS et BAE annoncent avoir décidé de mettre fin à leurs discussions", dit un communiqué commun. "Les discussions avec les gouvernements concernés n'ont pas atteint le point où les deux sociétés auraient pu totalement dévoiler les avantages et la logique économique de cette fusion", ont-ils ajouté. Ils expliquent qu'à la faveur de la poursuite des discussions, "il est devenu clair que les intérêts des parties gouvernementales ne peuvent être suffisamment rapprochés les uns des autres ou avec les objectifs que BAE Systems et EADS ont définis pour cette fusion". Auparavant, une source proche du dossier avait annoncé que les discussions avaient échoué en raison du blocage de l'Allemagne. "Ca n'a pas marché parce que les Allemands ont bloqué", a déclaré cette source, confirmant que les deux entreprises n'allaient pas demander au régulateur britannique une extension du délai qui expirait à 16H00 GMT pour poursuivre les négociations. Dans leur communiqué, EADS et BAE ont souligné que le projet de fusion avait toutefois une "logique industrielle solide" et représentait une "opportunité unique". "Nous sommes évidemment déçus de ne pas avoir été capables de parvenir à un accord acceptable avec nos différents gouvernements", France, Allemagne et Royaume-Uni, a déclaré le patron de BAE Systems, Ian King, tandis que son homologue d'EADS, Tom Enders, artisan du projet, a jugé qu'il était "dommage" que les deux groupes aient échoué mais s'est dit "content" d'avoir essayé.
L'échec ne nuira pas à la relation franco-allemande
L'échec de la fusion entre l'avionneur européen EADS et le fabricant d'armes britannique BAE Systems ne nuira pas à la relation entre Paris et Berlin, estime le ministre allemand de l'économie, Philippe Rösler, dans un entretien paru hier, dans le quotidien Handelsblatt.
L'échec de la fusion entre EADS et BAE Systems ne pèse pas sur l'amitié franco-allemande, a souligné le ministre. Nous allons travailler aussi bien et avec le même niveau de confiance qu'auparavant avec nos partenaires français, a-t-il ajouté. Après que le projet eut officiellement échoué, Tom Enders, le patron d'EADS, a confié avoir été étonné par le degré de résistance de l'Allemagne à voir aboutir cette fusion qui aurait créé le plus grand groupe aéronautique mondial. Nous n'avions jamais imaginé faire face à une telle opposition contre l'accord, en particulier pas à Berlin, a indiqué M. Enders, dans une lettre aux employés du groupe. Dans un entretien à un autre journal, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, également paru hier, M. Rösler réfute cette critique: nous n'avons rien empêché, dit-il. Le gouvernement fédéral a conduit ces discussions sur une éventuelle fusion de manière constructive et représenté les intérêts de sa politique industrielle pour le bien de ses sites et de ses capacités technologiques, affirme le ministre. A la fin, l'ensemble des gouvernements concernés n'a pu se mettre d'accord sur un point de vue commun, sur la base de ce qui était proposé par les entreprises, a-t-il souligné.Mais remarque M. Rösler, les marchés ont montré qu'ils faisaient confiance à EADS dans la configuration actuelle.
Pour Berlin, l'important est désormais le développement futur d'EADS
Le gouvernement allemand a estimé que le plus important pour EADS était désormais son développement futur, après l'annonce de l'échec des négociations en vue d'une fusion avec le groupe d'armement britannique BAE Systems. Pour le gouvernement allemand, l'important est désormais qu'EADS puisse se développer de façon positive dans tous ses secteurs d'activité, a réagi dans un communiqué Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement, après l'annonce de la fin des discussions entre les deux groupes. Pour cela, le gouvernement allemand poursuivra entre autres ses négociations pour la reprise de la part de Daimler par la (banque publique) KfW, a-t-il ajouté. L'Etat allemand n'est pour l'heure pas actionnaire direct d'EADS, groupe européen d'aéronautique et de défense, mais seulement via le groupe Daimler, qui veut se désengager, et le consortium public-privé Dedalus. Berlin a en outre assuré qu'il soutenait la coopération internationale déjà engagée par les deux groupes tout en soulignant sa totale confiance dans les cadres de l'entreprise EADS. De son côté, le secrétaire d'Etat au ministère de l'Economie chargé de la coordination des affaires aéronautiques, Peter Hintze, qui n'a jamais caché son hostilité à ce projet, a déclaré que l'arrêt de cette négociation constituait une chance pour l'Allemagne et que ses intérêts étaient ainsi mieux préservés, dans un entretien à l'édition en ligne du magazine Der Spiegel. Je pense que cette forme offre les meilleures garanties pour les intérêts de politique industrielle de l'Allemagne, dans un processus de recherche et de développement à la production, a-t-il dit, jugeant en outre que la force de la société résidait dans la coopération étroite franco-allemande. C'est ainsi qu'Airbus est devenu un leader du marché mondial de l'aviation civil et qu'il est performant dans les domaines spatial et des hélicoptères, a-t-il ajouté.
BAE Systems confirme ses objectifs annuels après son échec avec EADS
Le groupe de défense britannique BAE Systems a confirmé, avant-hier, ses objectifs pour l'ensemble de l'exercice 2012, au lendemain de l'annonce de l'échec de son projet de fusion avec le groupe européen EADS. "Comme indiqué précédemment, une modeste croissance de notre résultat sous-jacent par action est attendue pour 2012 dans l'hypothèse d'une conclusion favorable des négociations tarifaires cette année avec le gouvernement saoudien sur le programme (d'avion de combat) Typhoon Salam et en excluant le bénéfice en 2011 d'un accord fiscal sur la recherche et le développement", a indiqué le groupe dans un rapport d'activité.
L'activité sur la période allant du 1er juillet au 10 octobre a été "cohérente avec les attentes de la direction" communiquées lors de la présentation des résultats semestriels le 2 août, a-t-il ajouté. BAE avait enregistré sur cette période un bénéfice de 474 millions de livres contre 478 millions un an plus tôt. Si BAE note que le contexte reste "stable" pour l'industrie de la défense au Royaume-Uni, il pointe en revanche "l'incertitude" représentée par les futures coupes budgétaires aux Etats-Unis qui "continue à assombrir les perspectives pour le budget de la défense". Le groupe qui a pris un virage "tout défense" au milieu des années 2000 en vendant ses 20% d'Airbus et en rachetant les sociétés américaines United Defense Industries et Armor Holdings se retrouve aujourd'hui confronté à la baisse des dépenses d'armement en Europe et aux Etats-Unis, son premier marché.
L'échec de la fusion pas imputable à l'Allemagne
L'échec de la fusion entre les géants de l'aéronautique BAE et EADS n'est pas imputable au gouvernement allemand, a affirmé le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière. Interrogé en marge d'une réunion ministérielle de l'Otan à Bruxelles pour savoir si la fusion avait échoué à cause du gouvernement allemand, M. de Maizière a répondu: c'est une opinion dont j'ai entendu parler. Je ne la partage pas. Je prends note de l'échec de la fusion, a dit le ministre allemand, ajoutant: je ne suis pas surpris, et estimant qu'il s'agissait d'une décision entrepreneuriale. Nous sommes évidemment déçus de ne pas avoir été capables de parvenir à un accord acceptable avec nos différents gouvernements, France, Allemagne et Royaume-Uni, a déclaré le patron de BAE Systems, Ian King, dans un communiqué commun des deux groupes. L'Allemagne a été immédiatement montrée du doigt dans l'échec de ce rapprochement. Le secrétaire d'Etat allemand au ministère de l'Economie chargé de la coordination des affaires aéronautiques, Peter Hintze, qui n'a jamais caché son hostilité à ce projet, avait notamment déclaré dans un entretien à l'édition en ligne du magazine Der Spiegel que l'arrêt de cette négociation constituait une chance pour l'Allemagne et que ses intérêts étaient ainsi mieux préservés.


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