Le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Sid Ahmed Ferroukhi, a annoncé, avant-hier à Relizane, la décentralisation, à partir du mois d'avril prochain, du dispositif de soutien aux éleveurs de bovins. Dans une déclaration à la presse, en marge de sa visite d'inspection dans la wilaya, le ministre a souligné que son secteur envisage, au mois d'avril, de changer la méthode de soutien à la filière lait en adoptant la procédure de décentralisation du dispositif de soutien aux éleveurs de bovins pour réduire la durée de traitement des dossiers. M. Ferroukhi a ajouté que l'opération permettra l'accompagnement et le contrôle direct des éleveurs de vaches localement au niveau des directions des services agricoles (DSA) de wilayas qui prendront en charge les mesures concernant cette catégorie visant à améliorer leurs situations et à développer la filière lait. Par ailleurs, le ministre a appelé les investisseurs de la wilaya à investir dans les industries alimentaires et à tisser des relations avec les agriculteurs pour garantir la commercialisation des produits agricoles et diversifier l'économie nationale. Il a insisté sur la nécessité d'une exploitation optimale des potentialit és agricoles de la région dont la ressource animale, les barrages, les retenues collinaires pour relancer le secteur agricole et industriel et assurer la sécurité alimentaire. M. Feroukhi a inspecté, dans la wilaya, plusieurs exploitations agricoles, dont l'exploitation pilote d'irrigation par goutte à goutte "Fodhil" à Ouarizene (Oued Rhiou), le complexe d'aviculture à El Kettar (Mazouna) qui produit plus de 6 millions de poules/an. Il a visité également la laiterie "Frères Benaoula" à El Kettar (Mazouna) qui produit 15.000 litres de lait cru/jour et la ferme pilote d'élevage des vaches laitières à Ouled Souid (Zemmoura). Le ministre a appelé à cette occasion, à l'investissement dans le domaine de la collecte du lait, faisant remarquer que la wilaya produit plus de 70 millions de litres/an de lait cru, dont seulement 30 millions de litres sont collectés. Le ministre a aussi inspecté, lors de sa visite dans la wilaya de Relizane, un bassin d'eau dans la commune de Sidi M'hamed Benaouda et supervisé une opération de reboisement. Par ailleurs, Le président de la Fédération nationale des éleveurs algériens (FNEA) a insisté, à Ouargla, sur la nécessaire adoption de nouvelles méthodes modernes dans l'élevage, toutes races confondues, qui permettra l'exportation. Intervenant lors d'une rencontre régionale sur les activités pastorales, tenue à l'Office des établissements de jeunes (ODEJ) de Ouargla, M. Djilali Azzaoui a indiqué que la strat égie et les efforts de la FNEA ne sont pas axés uniquement sur l'approvisionnement du marché national en viandes, mais uvrent en perspective sur l'amélioration des produits animaux à exporter. L'Algérie a une richesse ovine de près de 25 millions de têtes nécessitant des activités d'investissement et de développement de cette activité, notamment à travers les régions steppiques, semi-arides et sahariennes, a soutenu le président de la FNEA, ajoutant que "la réalisation de cet objectif requiert l'implication des éleveurs, la prise en charge de leurs préoccupations". M. Azzaoui a, à ce titre, mis l'accent sur la nécessité d'accorder davantage d'importance à l'élevage camelin et le recours aux expériences des spécialistes pour le développement de ce segment en quête d'int érêt, a indiqué l'intervenant, relevant, dans ce cadre, que l'Algérie renferme un effectif de plus de 4 millions de camélidés concentrés pratiquement dans les régions du grand Sud du pays. Pour le responsable du Hautcommissariat au développement de la steppe (HCDS), Mustapha Amdjekouh, cette rencontre permet aux éleveurs participants des régions de Tindouf, Adrar, Tamanrasset, Illizi et d'Ouargla, de soulever leurs problèmes et contraintes et avancer des suggestions à mettre en uvre dans l'optique de développer ce segment et contribuer à la promotion de l'économie nationale, hors hydrocarbures. Les ateliers mis sur pied avec la participation de pas moins de 70 éleveurs et maquignons-chevillards ont permis d'aborder plusieurs questions inhérentes au manque d'aires de pacage dans les wilayas du grand Sud algérien, notamment celles frontalières, avant de proposer aux pouvoirs publics d'accorder des facilit és dans ce domaine avec les pays limitrophes. L'absence d'un cadre juridique organisant le patrimoine camelin, la rareté des aliments fourragers, l'orge notamment, au niveau des wilayas de Tamanrasset, Tindouf et Adrar, la carence des produits vétérinaires pour les camélidés importés de certains pays du Golf, sont autant de préoccupations soulevées par les participants à cette rencontre. Initiée par le HCDS, dont le siège est à Djelfa, en coordination avec la FNEA, cette rencontre, qui vient en application aux instructions du ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, fait partie des quatre rencontres similaires retenues dans les wilayas de Djelfa, Ouargla, El-Bayadh et Tébessa, pour examiner les préoccupations des éleveurs et asseoir un plan d'action à soumettre à la tutelle, ont indiqué les organisateurs.