Les principales Bourses européennes évoluent en baisse lundi dans la matinée avant la publication des indicateurs PMI en zone euro, la séance étant principalement animée pour l'heure par le bond des cours du pétrole lié aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. À Paris, l'indice CAC 40 recule de 0,36% à 5.324,15 points vers 07h30 GMT et, à Londres, le FTSE cède 0,06%. L'indice EuroStoxx 50 de la zone euro abandonne 0,19%, le FTSEurofirst 300 et le Stoxx 600 perdent tous deux 0,13%. La Bourse de Francfort, ainsi que plusieurs autres places boursières en Europe comme Zurich et Oslo, sont fermées en raison d'un jour férié. Lanterne rouge du Stoxx 600, Banco Popular décroche de 14% sur fond de vives spéculations concernant l'avenir de la banque espagnole en grande difficulté. Le portugais EDP chute de 3% alors que son dirigeant Antonio Mexia est mis en cause dans une enquête pour corruption. A Paris, la progression de Total (+0,56%), deuxième capitalisation française derrière LVMH, freine le repli du marché, le groupe pétrolier profitant de la nette progression des cours du brut. Le baril de Brent se traite à plus de 50 dollars et celui du brut léger américain à près de 48 dollars en réaction aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Trois pays du Golfe, dont l'Arabie saoudite, ainsi que l'Egypte ont annoncé lundi la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar, en invoquant des questions de sécurité nationale et en accusant Doha de déstabiliser la région et de soutenir des "groupes terroristes". Le Qatar a dit regretter cette décision, qui fait chuter la Bourse de Doha de plus de 7% peu après l'ouverture. En Asie, la Bourse de Tokyo a clôturé sur une note stable, se maintenant au-dessus du seuil des 20.000 points qu'elle a franchi vendredi pour la première fois depuis décembre 2015. L'indice composite de Shanghai a terminé en repli de 0,45%, pénalisé par la baisse de ses valeurs bancaires, en dépit d'un bon indicateur PMI Caixin/Markit qui a montré que le secteur chinois des services avait connu en mai sa plus forte croissance en quatre mois.
Wall Street continue de croire à une hausse de taux Les principaux acteurs du marché obligataire sont unanimes à penser que la Réserve fédérale relèvera ses taux d'intérêt lors de sa prochaine réunion mi-juin mais leurs avis divergent sur la suite des événements après l'annonce vendredi d'un ralentissement des créations d'emploi en mai aux Etats-Unis. Le rapport mensuel du département du Travail a fait état de créations d'emploi plus faibles que prévu le mois dernier mais aussi d'un recul du taux de chômage à un creux de 16 ans et d'une progression convenable du salaire horaire moyen. Ces éléments combinés devraient suffire aux responsables de la Fed pour décider de relever à nouveau les taux à l'issue de leur réunion des 13 et 14 juin, pensent les économistes de ces "primary dealers" (les banques traitant directement avec la Fed). "Le rapport dans sa globalité montre un resserrement continu du marché du travail et devrait contribuer à consolider la décision de la Fed de relever les taux en juin", a dit Mark Doms, économiste chez Nomura Securities International. Les 18 "primary dealers" interrogés vendredi s'attendent à ce que la Fed relève d'un quart de point, dans une fourchette de 1,00% à 1,25%, son objectif de taux des "fed funds". Pour la suite du calendrier, 10 prédisent un relèvement de la fourchette à 1,25%-1,50% en septembre et six autres attendent une telle initiative en décembre. Outre le rapport sur l'emploi, plusieurs indicateurs récemment publiés ont fait naître des doutes sur la vigueur de l'activité aux Etats-Unis. La mesure de l'inflation observée par la Fed a ralenti à 1,5% sur un an en avril, la plus faible progression annuelle depuis décembre 2015 et un niveau inférieur à son objectif d'une hausse des prix de 2%. Tous les "primary dealers" interrogés vendredi s'attendent à ce que la banque centrale américaine annonce d'ici la fin de l'année un plan de réduction de son bilan, actuellement de 4 500 milliards de dollars. Six pensent que la présentation de ce projet interviendra en septembre, tous les autres parient sur décembre. "Nous allons avoir ce resserrement (monétaire) en juin. Puis nous allons être complètement dépendants des indicateurs", a dit Brian Edmonds, responsable du trading obligataire chez Cantor Fitzgerald.
La livre britannique reste affaiblie L'euro reprenait son souffle face au dollar lundi, après un nouveau sommet en près de sept mois, les cambistes optant pour la prudence avant la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et des élections législatives au Royaume-Uni. Vers 09H00 GMT (11H00 HEC), l'euro valait 1,1266 dollar contre 1,1283 dollar vendredi vers 21H00 GMT. La monnaie européenne perdait également un peu de terrain face à la monnaie nipponne, à 124,48 yens contre 124,61 yens pour un euro vendredi soir. Le billet vert se stabilisait face à la devise japonaise à 110,51 yens pour un dollar contre 110,44 yens la veille au soir. Le billet vert restait sous pression lundi après que "les chiffres moins bons qu'attendu de l'emploi (aux Etats-Unis) en mai ont accentué le mouvement de vente" qui frappe le dollar cette année, a observé Lee Hardman, analyste chez Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ. Le billet vert était tombé vendredi face à l'euro à 1,1285 dollar pour un euro, son niveau le plus faible depuis le 9 novembre, date de la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, à la suite de la publication de créations d'emplois bien inférieures aux attentes. Ces chiffres décevants "ont réduit les attentes sur la poursuite et l'ampleur des hausses de taux de la Fed (Réserve fédérale américaine), même si une hausse est toujours prévue ce mois-ci", a expliqué M. Hardman. En attendant la réunion de politique monétaire de la Fed la semaine prochaine, les cambistes tournaient leur attention vers l'Europe où se tiendra jeudi une réunion de politique monétaire de la BCE et des élections législatives au Royaume-Uni. "Une victoire confortable pour (la Première ministre) Theresa May aux législatives britanniques allègerait un peu de la pression sur la livre mais une prise de contrôle du gouvernement du parti travailliste aurait un impact sur la façon dont le pays aborde le Brexit, ce qui pèserait lourdement sur la livre", a estimé Konstantinos Anthis, analyste chez ADS Securities. Les sondages ont montré ces derniers jours que l'avance des Conservateurs au pouvoir sur les Travaillistes diminuait, entraînant une volatilité accrue sur la livre. En attendant, l'attentat de Londres, qui a fait sept morts et des dizaines de blessés samedi soir, avait peu d'impact sur une livre déjà affaiblie par les incertitudes politiques. Mais c'est surtout la réunion de la BCE qui sera d'une grande importance cette semaine, car "ces dernières semaines, la monnaie unique a bénéficié d'une amélioration des finances de la zone euro et de la faiblesse du dollar", a relevé M. Anthis. Tandis que l'inflation reste plus faible que l'objectif de la BCE, "il sera très intéressant de voir si (le président de la BCE) Mario Draghi dira quelque chose pour tenter de faire baisser la devise" afin de donner un coup d'accélérateur à la hausse des prix, a noté M. Anthis. Vers 09H00 GMT, la livre britannique était stable face à la monnaie européenne, à 87,53 pence pour un euro, après avoir atteint en début d'échanges asiatiques 87,73 pence, son niveau le plus faible en trois mois. Elle se stabilisait aussi face au billet vert, à 1,2885 dollar pour une livre. La monnaie suisse se stabilisait face à l'euro, à 1,0857 franc pour un euro, après avoir atteint vers 07H00 GMT 1,0856 franc, son niveau le plus fort en un mois. Le devise baissait un peu face au dollar, à 0,9637 franc pour un dollar. La devise chinoise s'appréciait face au dollar, à 6,8022 yuans pour un dollar contre 6,8100 yuans à 15H30 GMT vendredi. L'once d'or valait 1.281,26 dollars, contre 1.274,95 dollars vendredi soir. Lundi vers 07H15 GMT, le prix de l'once de métal jaune est monté à 1.282,16 dollars, son niveau le plus fort en cinq semaines, du fait d'un regain d'inquiétude géopolitique à la suite de la rupture des relations entre des Etats du Proche-Orient (dont l'Arabie saoudite et l'Egypte) et le Qatar qu'ils accusent de soutenir le "terrorisme".