Le directeur de la Chambre algéro-allemande de commerce et d'industrie (AHK), M. Andréas Hergenrother, vient de relancer la polémique sur les investissements étrangers et leur impact réel sur le développement du pays. Cependant, il a annoncé hier, en parlant des investissements, lors de la troisième bourse de coopération algéro-allemande, qu'"on lance souvent des chiffres concernant le volume des investissements des pays étrangers en Algérie, sans se demander quel est l'impact de ces chiffres pour le développement du pays". M. Hergenrother, a indiqué qu'il faut toujours se poser la question de savoir si les investissements annoncés et réalisés ont un impact réel et durable sur la création d'empois, le transfert de technologie et de savoir-faire et la formation professionnelle ou s'ils ont pour seul but de prendre une part du marché public, en signant des contrats à des millions de dollars, sans un impact réel sur la vie du citoyen. Suite à l'embellie financière qu'à connue l'Algérie grâce aux exportations des hydrocarbures et au lancement de plusieurs projets de modernisation des infrastructures, les missions économiques, composées de chefs d'entreprise, se déversent aux quatre coins de l'Algérie, pour signer des contrats et écouler leurs production sur le marché algérien. Cependant, le taux d'investissements en matière de productions reste insignifiant, par rapport aux parts de marché public remportées par les entreprises étrangères. Quant aux IDE, elles sont plutôt orientées vers le secteur de l'énergie et des mines. A ce propos, le directeur de l'AHK, a noté qu'"un investissement de 1 million d'euros, suivi d'un transfert de technologie, peut avoir plus d'impact sur la population qu'un investissement de 1 milliard d'euro dans le secteur de l'énergie". Par ailleurs, lors de la troisième bourse de coopération organisée par la Chambre algéro-allemande de commerce et d'industrie (AHK), une dizaine de représentants d'entreprises allemandes œuvrant dans plusieurs domaines industriels, notamment dans celui de l'ingénierie, de l'énergie, de l'eau et des infrastructures, ont présenté leurs sociétés pour renouer des liens avec leurs homologues algériens. La présence des entreprises algériennes a été très timide. Selon les organisateurs de l'AHK, c'était dû aux planning chargés et à un problème de timing. A l'occasion de cette rencontre, le directeur de l'AHK, a rappelé que les exportations allemandes vers l'Algérie ont augmenté de 20% au cours de l'année 2007, pour atteindre 1,8 milliard d'euros. Selon lui, les sociétés allemandes se réinstallent de plus en plus en Algérie et que plus de 150 sociétés allemandes sont présentes en Algérie. En outre, il a noté que l'économie allemande souhaite approfondir sa position en tant que fournisseur de l'Algérie, à travers l'organisation de bourse de coopération pour la promotion des relations économiques algéro-allemandes. Comme beaucoup d'autres entreprises étrangères, les entreprises allemandes voient le marché algérien comme un marché de consommation. Quant aux opérateurs et aux décideurs économiques algériens, ils n'arrivent toujours pas à mettre en place une véritable stratégie industrielle en profitant de la coopération internationale pour relancer l'industrie et la production.