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Pour mieux répondre aux besoins en eau : Des solutions "vertes" présentées à Brasilia
Publié dans Le Maghreb le 20 - 03 - 2018

Face aux besoins croissants en eau, faut-il construire de nouveaux barrages et des stations d'épuration? Pas forcément, répond l'ONU, qui propose de s'inspirer beaucoup plus de la nature.
Des processus naturels peuvent "agir comme régulateurs, nettoyeurs et fournisseurs d'eau", a expliqué lors d'une conférence de presse à Paris Richard Connor, rédacteur en chef du rapport annuel des Nations unies sur ce sujet, rapport officiellement présenté ce lundi à Brasilia où se tient le 8e Forum mondial de l'eau. Près de la moitié de la population mondiale - 3,6 milliards de personnes - vit dans des zones où l'eau peut manquer au moins un mois par an. Ce nombre pourrait atteindre 5,7 milliards en 2050, selon ce rapport. Alors que la demande augmente, surtout dans les pays en développement, les réserves souterraines s'épuisent, pompées principalement pour l'irrigation, et la qualité de l'eau se dégrade, polluée par les eaux usées industrielles et municipales et les produits chimiques agricoles, avertit l'ONU. Face à cette situation, compter sur les infrastructures "grises", fruit du génie civil, ne suffit plus, selon ONU-Eau et l'Unesco. Pas question de s'en passer complètement, mais il faut chercher "la meilleure combinaison" entre infrastructures "grises" et "vertes", a indiqué Richard Connor en présentant ce rapport. Les solutions consistant à préserver des écosystèmes ou à copier des processus naturels ont déjà fait leur preuve, a assuré le scientifique. Depuis deux décennies, la municipalité de New York a développé une politique originale de protection des trois bassins versants qui alimentent la ville et ses 8,5 millions d'habitants: elle participe à des programmes de préservation des forêts et rémunère des agriculteurs pour leurs bonnes pratiques, moins polluantes. Résultat: New York "reçoit une des eaux les plus propres des Etats-Unis", selon Richard Connor, tout en économisant 300 millions de dollars par an sur son traitement. Autre exemple, en Egypte: un projet pilote de zones humides aménagées à Bilbeis, à 55 kilomètres au nord du Caire, a permis de traiter des eaux usées et d'irriguer des eucalyptus, tout en étant "moins onéreux" que les solutions habituelles d'épuration.
"Ces solutions sont rentables" et "ne coûtent pas plus cher", a insisté M. Connor.

Avantages annexes
Les principaux secteurs où elles pourraient être déployées sont l'agriculture, mais aussi "les villes en croissance", notamment dans les pays en développement, a estimé le scientifique. "Avant de mettre de l'asphalte et du ciment partout, on peut y penser à deux fois et maintenir plus de zones vertes." Le recours à des systèmes naturels ou semi-naturels offre de nombreux autres avantages. En plus d'améliorer la disponibilité en eau et sa qualité, "il est possible d'augmenter la production agricole par hectare avec une meilleure gestion de l'eau" et de nourrir ainsi plus de monde, a assuré Stefan Uhlenbrook, coordinateur du programme mondial des Nations Unies pour l'évaluation des ressources en eau (WWAP).
Les infrastructures "vertes" jouent aussi sur l'érosion et la qualité des sols, la végétation, les risques de sécheresse et d'inondation. Les populations autochtones peuvent être associées à leur mise en œuvre, ce que ne font pas les infrastructures "grises", souligne le rapport. Pour autant, le recours à ces solutions "reste marginal". "Des chiffres précis ne sont pas disponibles", mais les investissements dans ces techniques "semblent inférieurs à 1% (...) de l'investissement total dans l'infrastructure et la gestion des ressources en eau", selon ce document. Elles "sont souvent perçues comme étant moins efficaces", car moins visibles, a constaté M. Connor. Une digue est un outil de lutte contre les inondations plus concret pour le grand public que des zones humides, qui vont pourtant "agir comme des éponges" et absorber les excédents d'eau en amont. Un autre a priori est qu'il faut plus de temps pour créer une infrastructure "verte" et qu'elle soit efficace.
Sa mise en œuvre nécessite aussi, observe le rapport, "la coopération entre plusieurs institutions et parties prenantes, ce qui peut être difficile à réaliser."

"Une question de sécurité nationale" pour la Jordanie
En Jordanie, un des cinq pays les plus arides de la planète, l'eau constitue "une question de sécurité nationale", d'autant que l'afflux de réfugiés syriens a aggravé la pénurie, souligne Iyad Dahiyat, secrétaire général de l'Autorité jordanienne de l'eau.
Question: Comment décririez-vous l'état des ressources en eau en Jordanie ?
Réponse: Dans les normes internationales on considère qu'un pays qui dispose de moins de 1.000 m3 d'eau par personne et par an est un pays en pénurie. Les Jordaniens en reçoivent 123 m3 par personne. Cela fait de notre pays un des plus pauvres en eau au monde.
Nos ressources en eau sont très limitées et situées loin des zones habitées, qui sont sur des plateaux en altitude. Nos rivières doivent être partagées avec la Syrie et Israël et il est toujours compliqué d'obtenir notre juste part d'eau.
Nous avons conclu en 1994 un traité de paix avec Israël, qui nous vend de l'eau du lac de Tibériade. Avec la Syrie, nous avons un accord depuis 1987 sur le partage des eaux de la rivière Yarmouk. Malheureusement, il n'a jamais été respecté par la partie syrienne.
Nous avons aussi un accord avec l'Arabie saoudite sur le partage des sources et des nappes fossiles et il est bien appliqué par les deux parties.
Mais bien sûr tout cela dépend beaucoup de la situation politique.
Q: En matière d'approvisionnement, quel a été l'impact de l'arrivée des centaines de milliers de réfugiés syriens dans le nord de la Jordanie ?
R: Depuis 2011, la Jordanie a reçu plusieurs vagues de réfugiés syriens. Cela a lourdement pesé sur le secteur de l'eau. La demande en eau a augmenté de 21% dans l'ensemble du pays et de 40% dans les gouvernorats du nord d'Irbid et de Mafraq. Nous étions déjà en crise en raison de la raréfaction des ressources, l'afflux de réfugiés a ajouté une crise à la crise.
L'eau était déjà rationnée avec des livraisons une fois par semaine aux Jordaniens, qui devaient la stocker et l'utiliser efficacement. Avec la crise des réfugiés, l'eau n'est plus livrée une fois par semaine mais tous les quinze jours.
Cela a bien sûr généré des tensions. Les gens viennent se plaindre ne pas être livrés en eau dans les temps, ils nous demandent pourquoi ils devraient pâtir de l'arrivée des Syriens en Jordanie.
C'est la raison pour laquelle nous devons développer d'autres sources d'approvisionnement en eau. Par exemple, nous traitons les eaux usées pour les réutiliser dans l'irrigation dans la vallée du Jourdain.
Q: Le manque d'eau peut-il menacer la sécurité du pays ?
R: L'eau est précieuse, sur elle repose une partie de la stabilité même du Royaume. C'est une question de sécurité nationale et elle est traitée comme telle au plus haut niveau, par le roi lui-même.
Dans un pays en pénurie comme le nôtre, où nous devons faire face à la rareté des ressources et à une demande en hausse, il est difficile de fonctionner normalement. Il nous faut placer l'approvisionnement en eau avant toute chose. C'est une priorité qui doit aiguillonner l'action de l'ensemble du gouvernement et des agences de sécurité.
Depuis six ans, nous menons une campagne de lutte contre les puits illégaux. A ce jour, nous avons pu fermer quelque 1.000 puits illégaux et interrompre 36.000 branchements sauvages.

Puiser dans la mer Rouge pour faire revivre la mer Morte
Puiser dans la mer Rouge pour produire de l'eau potable et sauver une mer Morte menacée d'assèchement ? Le projet de "canal de la paix" lancé par la Jordanie, Israël et les Palestiniens, n'a jamais été aussi près de se réaliser, malgré des aléas.
"Seule la mer peut remplir la mer", estime Moussa Salim al-Athem, venu bêcher ses plants de tomates aux environs de Ghor al-Haditha, au sud de la mer Morte. Né en 1953, ce fermier jordanien a vu les eaux bleues se retirer au fil des années, laissant apparaître un paysage lunaire de cratères béants et de sculptures de sel.
"Avant 1967, l'eau était à dix minutes de marche de chez moi, maintenant, il faut une heure", dit-il.
Spectaculaire lac salé bordé de falaises ocres rouges, la mer Morte est menacée de disparition: elle a perdu un tiers de sa surface depuis 1960 et continue de baisser de plus d'un mètre par an.
En cause, les exploitations intensives de potasse, qui accélèrent son évaporation, mais surtout la diminution du débit du fleuve Jourdain, de plus en plus exploité par les deux pays qu'il borde, Jordanie et Israël.
"Depuis 1950, le flux du Jourdain a chuté de 1,2 milliard de mètres cubes à moins de 200 millions", explique Frédéric Maurel, ingénieur expert de l'Agence française de développement (AFD).
Un désastre pour la mer Morte et ses riverains: Jordaniens, Israéliens et Palestiniens.

Le rêve de Theodor Herzl
Car avec ses boues noires aux vertus médicinales, sa salinité exceptionnelle, ses réserves de potasse, son attrait touristique, "la mer Morte a une valeur historique, biblique, naturelle, touristique, médicale et industrielle, ce qui en fait un inestimable trésor", fait valoir Avner Adin, spécialiste israélien de l'eau.
Les idées pour enrayer son déclin n'ont pas manqué. Vers 1900, le père fondateur du sionisme Theodor Herzl avait déjà imaginé de creuser un canal pour l'alimenter à partir de la Méditerranée.
C'est finalement le projet d'un aqueduc partant de la mer Rouge et entièrement construit sur le territoire jordanien qui a été retenu, avec la signature en décembre 2013 d'un accord tripartite entre Israéliens, Jordaniens et Palestiniens. Une collaboration régionale porteuse d'espoir dans cette région historiquement troublée.
Il prévoit dans un premier temps de pomper 300 millions de m3 d'eau de mer, de les dessaler dans une usine dédiée au nord du port jordanien d'Aqaba pour obtenir une eau potable qui fait cruellement défaut dans la région, et de transférer les saumures issues du dessalement via un pipeline dans la mer Morte, à 200 km au nord.
Pas assez pour stabiliser le niveau de la mer Morte, mais un début de solution pour freiner son assèchement, souligne Frédéric Maurel, en charge de ce projet pour l'AFD. "Il faudrait aussi un usage plus économe de l'eau, tant dans l'agriculture que dans l'industrie de la potasse", souligne-t-il.
En 2015, des accords ont aussi prévu des ventes d'eau réciproques: la Jordanie livrerait au sud de l'eau potable à Israël, qui en échange augmenterait ses ventes d'eau en provenance du lac de Tibériade pour alimenter le Nord de la Jordanie. Et les Palestiniens recevraient eux aussi des livraisons d'eau supplémentaires d'Israël.
Fin 2016, cinq consortium d'entreprises ont été présélectionnés.

"Dernière impulsion"
Reste la question du financement de ce partenariat public-privé, évalué à 1 milliard de dollars, dont 400 millions de fonds publics.
Quelque 120 millions de dons ont déjà été promis, notamment par les Etats-Unis et le Japon. L'AFD a elle monté un groupe européen de bailleurs (France, Italie, Espagne, Union européenne et Banque européenne d'investissement) disposés à prêter 140 millions de dollars à des taux avantageux à la Jordanie.
"On n'a jamais été aussi près du but, il manque la dernière impulsion des autorités jordaniennes et israéliennes", souligne M. Maurel.
Pour une source diplomatique à Amman, "ce projet reste essentiel pour les pays de la région. Difficile de faire venir des touristes autour d'une mare salée". Mais "il reste soumis aux aléas diplomatiques".
Les discussions ont ainsi été totalement gelées après la mort en juillet de deux Jordaniens tués par un agent de sécurité israélien dans l'enceinte de l'ambassade d'Israël à Amman. Elles seraient en train de redémarrer, après qu'Israël a présenté ses excuses mi-janvier.
"A mon avis, le principal obstacle pourrait être financier", juge Avner Adin. Israël, qui doit également apporter 140 millions de dollars au projet, n'a pas encore confirmé cet engagement.
A Amman, on s'affiche déterminé à avancer, avec ou sans Israël.
"C'est une question de sécurité nationale", explique le secrétaire général de l'Autorité jordanienne de l'eau, Iyad Dahiyat. "Nos eaux souterraines sont surexploitées, le dessalement de l'eau est l'avenir de la Jordanie. Pour nous, le projet mer Rouge-mer Morte est essentiel".


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