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Benmohamed, le ciseleur du verbe
Le haut commissariat à l'amazighité honore l'auteur de vava inouva à ouacifs (Tizi-Ouzou)
Publié dans Le Midi Libre le 17 - 07 - 2014

Le pouvoir des mots est immense. Et pour cause, le verbe fait la différence entre la réussite et l ́échec. Cela dit ''il n ́est pas nécessaire de réussir pour persévérer'', la citation de Mouloud Mammeri se vérifie aisément dans la poésie de Ben Mohamed. Car non seulement ses mots sont la source de nos émotions, mais ils nous portent à l ́action.
Le pouvoir des mots est immense. Et pour cause, le verbe fait la différence entre la réussite et l ́échec. Cela dit ''il n ́est pas nécessaire de réussir pour persévérer'', la citation de Mouloud Mammeri se vérifie aisément dans la poésie de Ben Mohamed. Car non seulement ses mots sont la source de nos émotions, mais ils nous portent à l ́action.
L a parole est pouvoir. Elle peut faire autant de dégâts qu ́une bombe atomique ou s ́avérer aussi bienfaisante que le meilleur des médicaments. Et parmi ces surdoués du verbe, l ́enfant terrible de Tikidount, dans la région des Ouacifs, un sociétaire indispensable dans la reconnaissance de la culture amazighe.
Ben Mohamed est l ́auteur de la magnifique chanson A vava inouva, interprétée par Idir et qui a propulsé ce dernier à la world music. Il a fait de même pour des dizaines d ́autres chanteurs tels que Nouara, Matoub Lounès, Takfarinas, Djamel Allam, Medjahed Hamid, Amar Sersour, Taous et la liste est longue. Mais voilà que le Haut commissariat à l'amazighité (HCA) lui a rendu un hommage appuyé, à la faveur d'un récital poétique organisé à Ouacifs, bercail de l'aède, situé à une cinquantaine de km au sud de Tizi- Ouzou.
Cette manifestation, la première du genre, est organisée conjointement avec l'association culturelle Taltat, l'APC et la daïra de Ouacifs, en présence d'une brochette d'invités de marque, dont le secrétaire général du HCA, Si El-Hachimi Assad, le compositeur Kamal Hammadi, le cinéaste Belkacem Hadjadj, les chanteurs Slimane Chabi, Hacène Abassi, Balli Abdelmadjid, ancien producteur d'émissions enfantines radiophoniques, tous enfants prodiges des Ouacifs. Au programme figure un florilège de poèmes écrits et déclamés avec beaucoup d'émotion et de coeur par ce ciseleur du verbe hors pair, au grand bonheur des adeptes de la poésie kabyle versifiée par un maître de la métaphore, de la rime et de la réplique.
Les thèmes traités sont liés aux diverses facettes de la vie, dont l'amour et l'exil et autres thèmes alternant le bonheur et le malheur, avec une touche spécifique à Benhamadouche Mohamed, faisant des mots une véritable thérapie contre les maux, comme il l'a montré à travers son poème épique "Khass" (dussé-je), qu'il a composé en 1972 et traduit par Mouloud Mammeri.
Le poème dit en substance : "Dussé-je subir les embuscades et dut le sang se dessécher. Dussé-je pousser comme méchant bois et ne consulter aucun sage. Dussé- je prodiguer de faux sourires au voisin et avoir l'amour des sous. Dussé-je suivre un mauvais troupeau et les mouches m'entourer. Dussé-je abandonner les racines à la sécheresse et fournir le gîte aux mauvais hôtes (...) Je n'oublierai pas ma génitrice, ni le chant qui m'a bercé."
L'hommage rendu à cette icône de la poésie amazighe a été également, ponctuée par une lecture croisée de vers par la talentueuse poétesse Lynda Koudache, mais aussi par des poètes en herbe, tels que le jeune étudiant Aït Boussad Akli et Mourad Rahmane, maire de la commune des Ouacifs, doté d'une âme de poète avéré. Des prises de paroles ont, aussi, émaillé ce récital poétique, pour témoigner de la grandeur de l'aède, doublé de parolier qui a composé des textes pour d'éminents chanteurs lui devant, au moins en partie, leur notoriété, tel que Idir, Nouara, Matoub Lounès, Ait Menguellat, Tacfarinas, Medjahad Hamid, Medjahed Mouhoub et autres.
Le talent de Benmohamed, issu du village Takidount, ne se limite pas uniquement au domaine de la poésie, puisqu'il touche également le cinéma. On lui doit, notamment, la réalisation, en tamazight, d'un documentaire consacré à l'artiste Kamal Hammadi. De même qu'il a écrit, en tamazight, les dialogues du film "Fadhma N'soumer ou le burnous brasé", réalisé par le cinéaste Belkacem Hadjadj, un autre enfant des Ouacifs. Ce film a été projeté récemment en avant-première à Alger.
Dans le domaine du théâtre, Ben, comme l'appellent ses intimes, a traduit en tamazight la pièce "Babor eghraq" , un chef-d'oeuvre du 4e art réalisé par le dramaturge Slimane Benaissa. Durant ce spectacle présenté en plein air dans la cour du centre de formation professionnelle, le public a eu droit, en outre, à un bouquet de chansons qui lui a été offert par les chanteurs Djamel Kaloun et Kamel Si Amour, deux étoiles montantes de la chanson kabyle, mais aussi à l'interprétation de chansons de Matoub Lounes , par deux petits enfants invités sur scène par les organisateurs.
S'exprimant sur l'objectif de cette manifestation, M. Assad l'a situé dans le cadre du programme annuel du HCA visant à "promouvoir la culture de proximité, en allant dans l'Algérie profonde pour relayer l'action institutionnelle sur le terrain, à travers un réseau de partenaires associatifs appelés à travailler en synergie pour accroître son efficacité".
A cet effet, le Haut commissariat à l'amazighité, selon son responsable, prévoit d'organiser, en novembre prochain, un forum national des associations culturelles amazighes, devant regrouper des représentants de quelque 914 associations activant en ce domaine, dans le but de "les outiller avec une culture de gestion de projets" , a indiqué M. Assad qui a assuré de la disponibilité de son institution à "accompagner, financièrement et techniquement toute association culturelle disposant d'un plan de charges visant à promouvoir la culture amazighe". Cette action participe, aussi, d'une démarche qu'entend entreprendre le HCA, selon son responsable, "pour l'édition de la poésie de l'auteur (Benmohamed) des paroles du célèbre tube Avava Inouva, interprété par le chanteur Idir".
Ce premier récital de poésie constitue, selon ses organisateurs, "la pose d'un jalon préludant à la création d'un pôle de poésie amazighe à Ouacifs", d'autant plus que la région vient de bénéficier d'un projet de réalisation d'une seconde annexe de la maison de la culture de Tizi-Ouzou, comme l'a annoncé, en la circonstance, le président de l'APC, Mourad Rahmane. Malgré sa verve et son art consommé, Benhamadouche, visiblement ému par autant d'égards, peinait à trouver ses mots pour remercier ceux qui l'ont gratifié de cadeaux symboliques, pour exprimer, à l'occasion, la reconnaissance de son apport indéniable à la culture amazighe.
La même activité est prévue pour son organisation à Oran et Béjaïa, respectivement les 17 et 19 juillet courant, signale-ton. Benhamadouche Mohamed, dit Benmohamed, est né le 10 mars 1944 au village Takidount, dans la commune des Ouacifs. Poète inné ciselant le verbe aussi bien qu'il manipule le chiffre de par sa fonction de financier, lui qui se plait à dire qu'"en comptabilité on ne peut pas mettre un chiffre à la place d'un autre, de même qu'en poésie on ne peut pas mettre un mot
L a parole est pouvoir. Elle peut faire autant de dégâts qu ́une bombe atomique ou s ́avérer aussi bienfaisante que le meilleur des médicaments. Et parmi ces surdoués du verbe, l ́enfant terrible de Tikidount, dans la région des Ouacifs, un sociétaire indispensable dans la reconnaissance de la culture amazighe.
Ben Mohamed est l ́auteur de la magnifique chanson A vava inouva, interprétée par Idir et qui a propulsé ce dernier à la world music. Il a fait de même pour des dizaines d ́autres chanteurs tels que Nouara, Matoub Lounès, Takfarinas, Djamel Allam, Medjahed Hamid, Amar Sersour, Taous et la liste est longue. Mais voilà que le Haut commissariat à l'amazighité (HCA) lui a rendu un hommage appuyé, à la faveur d'un récital poétique organisé à Ouacifs, bercail de l'aède, situé à une cinquantaine de km au sud de Tizi- Ouzou.
Cette manifestation, la première du genre, est organisée conjointement avec l'association culturelle Taltat, l'APC et la daïra de Ouacifs, en présence d'une brochette d'invités de marque, dont le secrétaire général du HCA, Si El-Hachimi Assad, le compositeur Kamal Hammadi, le cinéaste Belkacem Hadjadj, les chanteurs Slimane Chabi, Hacène Abassi, Balli Abdelmadjid, ancien producteur d'émissions enfantines radiophoniques, tous enfants prodiges des Ouacifs. Au programme figure un florilège de poèmes écrits et déclamés avec beaucoup d'émotion et de coeur par ce ciseleur du verbe hors pair, au grand bonheur des adeptes de la poésie kabyle versifiée par un maître de la métaphore, de la rime et de la réplique.
Les thèmes traités sont liés aux diverses facettes de la vie, dont l'amour et l'exil et autres thèmes alternant le bonheur et le malheur, avec une touche spécifique à Benhamadouche Mohamed, faisant des mots une véritable thérapie contre les maux, comme il l'a montré à travers son poème épique "Khass" (dussé-je), qu'il a composé en 1972 et traduit par Mouloud Mammeri.
Le poème dit en substance : "Dussé-je subir les embuscades et dut le sang se dessécher. Dussé-je pousser comme méchant bois et ne consulter aucun sage. Dussé- je prodiguer de faux sourires au voisin et avoir l'amour des sous. Dussé-je suivre un mauvais troupeau et les mouches m'entourer. Dussé-je abandonner les racines à la sécheresse et fournir le gîte aux mauvais hôtes (...) Je n'oublierai pas ma génitrice, ni le chant qui m'a bercé."
L'hommage rendu à cette icône de la poésie amazighe a été également, ponctuée par une lecture croisée de vers par la talentueuse poétesse Lynda Koudache, mais aussi par des poètes en herbe, tels que le jeune étudiant Aït Boussad Akli et Mourad Rahmane, maire de la commune des Ouacifs, doté d'une âme de poète avéré. Des prises de paroles ont, aussi, émaillé ce récital poétique, pour témoigner de la grandeur de l'aède, doublé de parolier qui a composé des textes pour d'éminents chanteurs lui devant, au moins en partie, leur notoriété, tel que Idir, Nouara, Matoub Lounès, Ait Menguellat, Tacfarinas, Medjahad Hamid, Medjahed Mouhoub et autres.
Le talent de Benmohamed, issu du village Takidount, ne se limite pas uniquement au domaine de la poésie, puisqu'il touche également le cinéma. On lui doit, notamment, la réalisation, en tamazight, d'un documentaire consacré à l'artiste Kamal Hammadi. De même qu'il a écrit, en tamazight, les dialogues du film "Fadhma N'soumer ou le burnous brasé", réalisé par le cinéaste Belkacem Hadjadj, un autre enfant des Ouacifs. Ce film a été projeté récemment en avant-première à Alger.
Dans le domaine du théâtre, Ben, comme l'appellent ses intimes, a traduit en tamazight la pièce "Babor eghraq" , un chef-d'oeuvre du 4e art réalisé par le dramaturge Slimane Benaissa. Durant ce spectacle présenté en plein air dans la cour du centre de formation professionnelle, le public a eu droit, en outre, à un bouquet de chansons qui lui a été offert par les chanteurs Djamel Kaloun et Kamel Si Amour, deux étoiles montantes de la chanson kabyle, mais aussi à l'interprétation de chansons de Matoub Lounes , par deux petits enfants invités sur scène par les organisateurs.
S'exprimant sur l'objectif de cette manifestation, M. Assad l'a situé dans le cadre du programme annuel du HCA visant à "promouvoir la culture de proximité, en allant dans l'Algérie profonde pour relayer l'action institutionnelle sur le terrain, à travers un réseau de partenaires associatifs appelés à travailler en synergie pour accroître son efficacité".
A cet effet, le Haut commissariat à l'amazighité, selon son responsable, prévoit d'organiser, en novembre prochain, un forum national des associations culturelles amazighes, devant regrouper des représentants de quelque 914 associations activant en ce domaine, dans le but de "les outiller avec une culture de gestion de projets" , a indiqué M. Assad qui a assuré de la disponibilité de son institution à "accompagner, financièrement et techniquement toute association culturelle disposant d'un plan de charges visant à promouvoir la culture amazighe". Cette action participe, aussi, d'une démarche qu'entend entreprendre le HCA, selon son responsable, "pour l'édition de la poésie de l'auteur (Benmohamed) des paroles du célèbre tube Avava Inouva, interprété par le chanteur Idir".
Ce premier récital de poésie constitue, selon ses organisateurs, "la pose d'un jalon préludant à la création d'un pôle de poésie amazighe à Ouacifs", d'autant plus que la région vient de bénéficier d'un projet de réalisation d'une seconde annexe de la maison de la culture de Tizi-Ouzou, comme l'a annoncé, en la circonstance, le président de l'APC, Mourad Rahmane. Malgré sa verve et son art consommé, Benhamadouche, visiblement ému par autant d'égards, peinait à trouver ses mots pour remercier ceux qui l'ont gratifié de cadeaux symboliques, pour exprimer, à l'occasion, la reconnaissance de son apport indéniable à la culture amazighe.
La même activité est prévue pour son organisation à Oran et Béjaïa, respectivement les 17 et 19 juillet courant, signale-ton. Benhamadouche Mohamed, dit Benmohamed, est né le 10 mars 1944 au village Takidount, dans la commune des Ouacifs. Poète inné ciselant le verbe aussi bien qu'il manipule le chiffre de par sa fonction de financier, lui qui se plait à dire qu'"en comptabilité on ne peut pas mettre un chiffre à la place d'un autre, de même qu'en poésie on ne peut pas mettre un mot


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