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Ibadissen, d'hier et d'aujourd'hui
Tadharthiw
Publié dans Le Midi Libre le 09 - 12 - 2009

Pour cette fois-ci, ma plume va me mener vers Ibadissen, dans la commune d'Aït Bouaddou. Pour s'y rendre, il faut transiter par Ouadhias et la charmante bourgade de Tizi N'Tleta. Sur huit kilomètres de montée, entouré de At Amar, At Jima et Assi Youssef, Ibadissen est pratiquement rivé au pied du Djurdjura. A telle enseigne que l'on croirait qu'il y a une osmose entre ces deux espaces.
Pour cette fois-ci, ma plume va me mener vers Ibadissen, dans la commune d'Aït Bouaddou. Pour s'y rendre, il faut transiter par Ouadhias et la charmante bourgade de Tizi N'Tleta. Sur huit kilomètres de montée, entouré de At Amar, At Jima et Assi Youssef, Ibadissen est pratiquement rivé au pied du Djurdjura. A telle enseigne que l'on croirait qu'il y a une osmose entre ces deux espaces.
Ibadissen est un petit village de près de deux mille habitants qui vivent à près de mille mètres d'altitude. Durant la lutte de Libération nationale, ce village a été très éprouvé, à l'instar des autres villages du pays. Sauf que, de l'avis des anciens, le combat a été rude contre un ennemi qui disposait de l'armada militaire. Mais la connaissance du terrain, la fusion des At Ibadissen avec le milieu, a fait que des braves ont libéré le pays.
L'indépendance acquise, les At Ibadissen ont, la mort dans l'âme, opté pour l'émigration outre-mer afin de subvenir aux besoins des leurs, à tout point de vue. Bien sûr, le choix a été beaucoup plus une obligation qu'autre chose. Oui, aller à la mine, travailler dans les usines, accepter les jobs les plus repoussants : cela est malheureusement le lot de nos émigrés. Bien sûr, il ne faut jamais dire : «Fontaine, je ne boirai pas de ton eau.» Ainsi donc, la ressource provenait de là-bas. Ibadissen est basé sur quatre grandes familles, pour ne pas dire «tribu». Dans ce paisible lieu de vie, les us et coutumes d'antan perdurent toujours. Au point où l'amin et le tamin, responsables élus, survivance du temps où la parole ne se soumettait pas à un écrit notarié, font de nos jours leur travail de réglementation des relations humaines.
Aussi, la prise en charge des funérailles, la solution d'un quelconque conflit entre familles, le respect de l'ordre public et de tout ce qui peut porter atteinte à la morale est du ressort de ces responsables, au sens où le délit est d'abord réglé intra-muros. Le cas échéant, l'administration est saisie du litige. La solidarité n'est pas en reste à Ibadissen. Ce qui semble se perdre, ailleurs, se perpétue au jour d'aujourd'hui à Ibadissen : lors des fêtes religieuses, une timechret —lawziaâ— est faite avec le sacrifice des bœufs, la distribution de la viande aux villageois, gratuite pour les plus pauvres d'entre eux, et, enfin, la distribution de couffins de denrées alimentaires. Bel exemple que celui-là !
A Ibadissen, la solidarité est cultivée dès le jeune âge. En effet, chaque jeune N'At Ibadissen qui atteint dix-huit ans est tenu d'assister aux réunions de la tajemaât, de participer au volontariat —comme le débroussaillage— par exemple, de côtiser pour la caisse du village et, ainsi, de pouvoir donner son avis lors des résolutions de l'assemblée villageoise.
Mouloud Feraoun n'aurait pas renié un tel système démocratique, puisque dans son ouvrage «Jours de Kabylie», il écrit : «Je ne suis pas de ceux qui détestent leur village. J'ai pourtant bien des raisons de ne pas en être trop fier. Il sait que j'ai voyagé et vécu longtemps ailleurs, mais il s'est habitué à mes retours.»
Ibadissen est un petit village de près de deux mille habitants qui vivent à près de mille mètres d'altitude. Durant la lutte de Libération nationale, ce village a été très éprouvé, à l'instar des autres villages du pays. Sauf que, de l'avis des anciens, le combat a été rude contre un ennemi qui disposait de l'armada militaire. Mais la connaissance du terrain, la fusion des At Ibadissen avec le milieu, a fait que des braves ont libéré le pays.
L'indépendance acquise, les At Ibadissen ont, la mort dans l'âme, opté pour l'émigration outre-mer afin de subvenir aux besoins des leurs, à tout point de vue. Bien sûr, le choix a été beaucoup plus une obligation qu'autre chose. Oui, aller à la mine, travailler dans les usines, accepter les jobs les plus repoussants : cela est malheureusement le lot de nos émigrés. Bien sûr, il ne faut jamais dire : «Fontaine, je ne boirai pas de ton eau.» Ainsi donc, la ressource provenait de là-bas. Ibadissen est basé sur quatre grandes familles, pour ne pas dire «tribu». Dans ce paisible lieu de vie, les us et coutumes d'antan perdurent toujours. Au point où l'amin et le tamin, responsables élus, survivance du temps où la parole ne se soumettait pas à un écrit notarié, font de nos jours leur travail de réglementation des relations humaines.
Aussi, la prise en charge des funérailles, la solution d'un quelconque conflit entre familles, le respect de l'ordre public et de tout ce qui peut porter atteinte à la morale est du ressort de ces responsables, au sens où le délit est d'abord réglé intra-muros. Le cas échéant, l'administration est saisie du litige. La solidarité n'est pas en reste à Ibadissen. Ce qui semble se perdre, ailleurs, se perpétue au jour d'aujourd'hui à Ibadissen : lors des fêtes religieuses, une timechret —lawziaâ— est faite avec le sacrifice des bœufs, la distribution de la viande aux villageois, gratuite pour les plus pauvres d'entre eux, et, enfin, la distribution de couffins de denrées alimentaires. Bel exemple que celui-là !
A Ibadissen, la solidarité est cultivée dès le jeune âge. En effet, chaque jeune N'At Ibadissen qui atteint dix-huit ans est tenu d'assister aux réunions de la tajemaât, de participer au volontariat —comme le débroussaillage— par exemple, de côtiser pour la caisse du village et, ainsi, de pouvoir donner son avis lors des résolutions de l'assemblée villageoise.
Mouloud Feraoun n'aurait pas renié un tel système démocratique, puisque dans son ouvrage «Jours de Kabylie», il écrit : «Je ne suis pas de ceux qui détestent leur village. J'ai pourtant bien des raisons de ne pas en être trop fier. Il sait que j'ai voyagé et vécu longtemps ailleurs, mais il s'est habitué à mes retours.»


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