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Ni gaz, ni pétrole à exporter à moyen terme
Publié dans Le Quotidien d'Algérie le 13 - 12 - 2012

Mad Max Algeria sur un aléatoire bloc de schiste
Ahmed Selmane
Mercredi 12 Décembre 2012
Un article en apparence anodin sur le gaz de schiste publié par le site Maghreb Emergent a fait beaucoup de vagues. Dans les milieux spécialisés qui s'occupent de l'énergie on a découvert qu'on osait dire ce que beaucoup susurrent tout bas : on est déjà dans l'après-pétrole et même l'après-gaz et que c'est pour cela qu'on y va au gaz de schiste sans aucune forme de procès. Et quand on explique aussi que le gaz de schiste n'est même pas une solution on comprend pourquoi il a suscité des émois, au-delà des habituels spécialistes de l'énergie. L'ombre de Mad Max dans une Algérie qui n'exporte plus rien se profile si on ne parvient pas, rapidement, à avoir un Etat et une économie
Le débat sur le gaz de schiste en Algérie paraissait plutôt technique et centré sur les aspects environnementaux. Quelques interventions ont mis en doute sa rentabilité économique, d'autres l'ont inséré dans la logique des rapports de domination où les Etats de la périphérie (Algérie, Tunisie...) prennent les risques d'une activité dont le « centre » européen ne veut pas. Encore que cette lecture n'explique pas pourquoi dans le « centre du centre », les Etats-Unis, le gaz et le pétrole de schiste se sont fortement développés. Question de culture ? On reste dubitatif sur un capitalisme qui prendrait cet aspect comme critère... Le débat en Algérie semblait presque clos – ou très largement différé – quand le Premier Ministre Abdelmalek Sellal, à l'encontre des pronostics qui donnaient plus ou moins un horizon de cinq à dix ans pour le début de la production, a fixé celui de 2040 ! Les écolos d'Algérie pouvaient ainsi être rassurés... D'ici cette date, on découvrira peut-être – Si Allah le veut, Inchallah – un ou deux In-Amenas et les techniques et les technologies auront suffisamment évoluées pour que l'on puisse espérer qu'une éventuelle exploitation se fasse dans des conditions moins risquées. Toute cette construction fondée sur la date de 2040 a été réduite à néant et de manière méthodique par l'auteur de l'article qui explique pourquoi l'Algérie n'attendra pas cette date pour exploiter les gaz de schiste.
La nouvelle « manne » !
L'auteur connait à l'évidence bien son sujet et dit tout haut ce que les journalistes entendent depuis des années tout bas chez les experts algériens – qui ne veulent pas être cités - : la production algérienne est en déclin et risque dans un délai rapproché de ne plus suffire à la consommation locale. Ce sera, explique-t-il chiffres actuels à l'appui avec une projection sur la base de la croissance annuelle de la consommation, dans sept ans que nous atteindrons ce seuil fatidique. Le gaz sera consommé localement et il n'y aura plus rien à exploiter. Sur le pétrole, les projections sont encore plus mauvaises. Conséquence : on n'aura plus rien ou pas grand-chose à exporter entre 2020 et 2025. Du coup, l'idée d'attendre 2040 pour exploiter les gaz de schiste devient intenable. Celui qui a lancé cet horizon lointain, c'est le Premier Ministre. Pas les responsables du secteur de l'énergie, Youcef Yousfi en tête qui s'est fait le chantre de l'exploitation du gaz de schiste et qui a multiplié les gestes et les promesses aux investisseurs étrangers. La révision de la loi sur les hydrocarbures est très fortement centrée sur le besoin d'encourager l'exploitation du gaz de schiste. Cette « nouvelle manne » est perçue comme le moyen de renouveler les réserves et de maintenir une capacité d'exporter qui est à la base du système politico-économique de rente. Logique implacable. Le système algérien a connu sa première crise sérieuse à partir du milieu des années 80 quand le Cheikh Zaki Yamani a engagé une guerre des prix qui a ramené le baril à moins de 8 dollars ! C'est aussi le seul moment où, de l'intérieur du régime, on a pensé « sérieusement » à des réformes. On connait la suite... L'option du gaz de schiste n'est donc pas seulement une option qui se détermine par des aspects techniques, c'est aussi une question politique. Préserver le système et surtout l'entretenir implique que l'on retrouve, vite, une capacité d'exporter.
Réserves présumées, le 4P algérien !
L'ennui – et c'est la seconde grande mauvaise nouvelle – est que le gaz de schiste n'est pas vraiment une solution. D'abord, explique l'auteur, on ne sait rien du potentiel en gaz de schiste – malgré les déclarations de Yousfi – tant qu'on n'a pas effectué des trous et vérifié concrètement. Avec un humour décapant il constate qu'à la « terminologie habituelle utilisée dans l'évaluation des réserves, prouvées (1P), probables (2P) et Possibles (3P), l'Algérie vient d'ajouter une 4eme catégorie, les réserves présumées (ou 4P) ». Ensuite, la rentabilité pour l'Algérie du gaz de schiste ne sera pas très élevée car la technologie est chez les autres et ils comptent bien la monnayer. A juste titre, il observe que la tendance des autorités à encourager une consommation locale effrénée – et non productive – en maintenant des prix très bas fait que le temps « où il faudra choisir entre le pain dans les boulangeries et les climatiseurs n'est pas aussi lointain qu'on le pense ». « Si le gouvernement ne réussit pas à infléchir les trajectoires suicidaires de consommations domestiques d'électricité et de carburants, l'avenir morose qu'on redoutait pour nos enfants, on risque de le subir nous-mêmes à très brève échéance... » conclut sombrement l'auteur.
Un Etat, une économie... ou des capitaines Sanogo !
Le seul reproche que l'on peut faire à cette brillante et inquiétante analyse est de laisser croire qu'une simple limitation de la consommation locale par l'effet d'une augmentation des prix serait suffisante. Il rejoint ainsi tout un discours « antipopuliste » qui évacue le fait que le problème est d'ordre politique. Une hausse des prix du carburant et de l'électricité peut en effet réduire la consommation mais elle ruinerait le mode de redistribution, inégal mais réel, sur lequel fonctionne le système. La vérité des « prix » n'est pas une notion purement économique, elle n'est possible que si ceux qui gouvernent sont dotés d'une légitimité politique incontestable. L'horizon inquiétant d'une Algérie Mad Max n'est pas soluble dans une simple augmentation des prix, elle a d'ailleurs lieu avec une dévaluation rampante non déclarée du dinar. On évitera Mad Max ou les Sanogo algériens quand on aura un ETAT et une Economie. Et ce n'est pas une question technique.


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