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L'activité physique au cœur de la prévention
Publié dans Le Soir d'Algérie le 17 - 06 - 2018


Par Pr Rachid Hanifi(*)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de relancer la campagne de promotion de l'activité physique, dans le cadre de la lutte contre les maladies non transmissibles (MNT ou maladies chroniques). Ces dernières, selon le récent rapport de l'institution chargée de la santé mondiale, seraient à l'origine de 71% des décès dans le monde, soit 41 millions de personnes tuées chaque année (l'équivalent de la population algérienne), les pays émergents tels que l'Algérie étant les plus touchés.
Les MNT, malgré les alertes et recommandations de l'OMS, ont accusé une augmentation de quelque 10% en une décennie, ce qui constitue, aujourd'hui, une préoccupation majeure.
Le développement technologique, assurant une disponibilité de plus en plus grande d'équipements favorisant la sédentarité (voiture, ascenseur, matériel électrotechnique et électroménager, etc.), ainsi que le changement des habitudes alimentaires (profusion de la restauration rapide) sont les principales causes de cette expansion des maladies chroniques, particulièrement celles métaboliques (obésité, diabète).
Les enfants, soumis à la tentation des produits sucrés, gras et salés (bonbons, viennoiseries, chips, pizzas, sandwichs) sont exposés aux risques d'obésité, dont les conséquences, à terme, peuvent être dramatiques. A cet apport calorique démesuré s'ajoute le peu d'intérêt accordé à l'éducation physique et sportive (EPS) en milieu scolaire, en raison de l'insuffisance d'infrastructures adaptées et de l'incompréhension des parents — l'EPS est souvent considérée comme perte de temps sur les révisions.
Le tabagisme juvénile représente un danger supplémentaire, exposant notre population à des risques importants de progression de ces pathologies invalidantes, voire mortelles et coûteuses au plan de la prise en charge thérapeutique.
Que faire ?
L'OMS recommande aux pays membres de se mobiliser sérieusement pour combattre en amont les MNT. Toutes les études menées sous son égide ont montré que la pratique régulière d'exercice physique contribuait à une sensible réduction des risques de développement de ces maladies. L'activité physique est le seul moyen de prévention qui intervient efficacement sur l'ensemble des pathologies chroniques (obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, cancers du sein et du côlon, pathologies respiratoires) et à tous les paliers de prévention (primaire, secondaire et tertiaire).
La pratique régulière et adaptée d'exercice physique permet également de ralentir le processus dégénératif et de prévenir l'apparition des pathologies conséquentes (arthrose, ostéoporose, perte d'équilibre, affections démentielles telles que la maladie d'Alzheimer). La prévention de ces affections dites du modernisme nécessite une prise de conscience politique et un engagement plurisectoriel, afin de mobiliser les moyens utiles à la promotion de l'activité physique pour tous et à tous les niveaux.
Une sensibilisation accrue et durable est également nécessaire pour adapter les mentalités et incruster, dans l'esprit des gens, la culture du sport pour la santé pour tous et sans discrimination aucune. L'Etat devrait engager une politique de prévention sérieuse, basée sur l'intersectorialité, et miser sur le long terme pour obtenir des résultats à la fois probants sur la santé et la performance fonctionnelle du citoyen ainsi que sur le coût de santé.
- Au niveau scolaire, l'EPS doit être relancée, avec les moyens nécessaires (infrastructures, matériels et humains). Afin d'encourager les élèves à pratiquer cette matière et éviter les dispenses abusives, il serait peut-être utile de revoir le système d'évaluation, pour ne retenir que les notes positives dans le calcul de la moyenne générale. Le contenu du programme d'EPS doit être adapté aux moyens disponibles à l'école, afin de permettre aux enfants scolarisés un minimum d'exercices réguliers.
La relance des compétitions interscolaires permettrait à la fois une plus grande motivation des pratiquants, des échanges entre élèves des différents établissements nationaux et une possibilité de détection de jeunes talents. Les associations sportives telles que le comité olympique et certaines fédérations (sports collectifs, athlétisme, arts martiaux) pourraient être d'un apport appréciable, dans le cadre d'un partenariat avec le ministère de l'Education nationale, pour l'encadrement éventuel des pratiquants, la mise à disposition d'infrastructures et l'appréciation des performances (détection et orientation des jeunes talents).
Un projet de jeux olympiques scolaires nationaux avait été initié lors de mon mandat olympique, avec même la confection d'un hymne olympique national par Sadek Djemaoui, du groupe El Bahara, hymne dont le contenu appelle au respect des valeurs éthique et morale du sport. Malheureusement, ce projet, qui devait aboutir à l'organisation de JO scolaires nationaux au terme des joutes olympiques de Londres 2012, n'a pas pu se concrétiser.
- Au niveau des entreprises économiques, le sport et travail doit être repris, à la fois pour contribuer à l'amélioration de la performance des travailleurs et protéger leur santé contre les risques de MNT. Les échanges sportifs inter-entreprises pourraient également susciter davantage de motivation et favoriser des rencontres entre personnels travailleurs. La confection d'un guide pratique par des spécialistes (médecins et techniciens du sport), tenant compte des faiblesses particulières des tranches d'âges concernées (risque de lombalgies, de tendinopathies, ostéoporose chez la femme ménopausée), pourrait prévoir l'adaptation des exercices physiques à programmer.
- Au niveau des collectivités locales, le sport de quartier mérite d'être relancé, avec la multiplication des terrains de proximité et un encadrement que pourraient assurer les structures du ministère de la Jeunesse et des Sports. Les jeunes y trouveraient le moyen de déverser leur énergie de façon saine, sans violence et avec des règles de jeu permettant le fairplay et la tolérance.
La sollicitation, pour encadrement, d'anciens sportifs qui ne demandent qu'à continuer d'être utiles pourrait être motivante pour des jeunes qui sont constamment à la recherche de référents. L'organisation de rencontres sportives inter-quartiers et inter-villes pourrait permettre au sport de favoriser le rapprochement entre jeunes citoyens et réduire les tensions violentes qui s'expriment au sein de la société.
- Au niveau des structures relevant du ministère chargé de la Santé, la sensibilisation pourrait être assurée par les médecins consultants, particulièrement en direction des populations à risque (surpoids, diabète, hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie). Les hôpitaux devraient être dotés de parcours santé et de salles de réadaptation à l'effort, afin de permettre aux malades de rester actifs et éviter les alitements prolongés, susceptibles d'affaiblir davantage les patients, situation qui explique en partie les séjours hospitaliers prolongés. Des animateurs sport-santé seraient formés pour assister ces malades. Une première expérience a été concrétisée au niveau de l'établissement hospitalier de Tixeraïne (spécialisé en rééducation), avec le concours du COA et l'assistance de la Fédération nationale des sports handicapés, lors de mon mandat olympique.
La sollicitation des ministères de la Communication et des Affaires religieuses pourrait impliquer les canaux d'information et de communication d'une part (télévision, radio, presse écrite) et les mosquées d'autre part, pour sensibiliser les citoyennes et citoyens à la pratique d'activité physique. Les lieux de culte pourraient être d'un grand apport pour adapter les mentalités et éviter que ne se reproduisent certains comportements condamnables tels que celui de Bouchaoui contre une jeune joggeuse.
La recommandation de la simple marche pour se rendre à la prière ou certaines activités de la vie quotidienne (activités ménagères pour les femmes au foyer par exemple) contribueraient à améliorer la santé de nos citoyens. Le ministère de la Jeunesse et des Sports participerait, en autorisant l'utilisation des infrastructures sportives, pour des programmes d'activité sport-santé et en prenant en charge la formation d'animateurs spécifiques à cette mission.
Il faut savoir que la sédentarité représente le 4e facteur de risque des MNT et favorise ainsi le développement de maladies aux conséquences graves, telles que le diabète, les affections cardiorespiratoires et certains cancers (le sein, le côlon et probablement la prostate). Le nombre important de véhicules circulant quotidiennement et à toute heure dans les centres urbains témoigne de l'utilisation abusive d'un moyen de transport qui aggrave la sédentarité et expose au stress (autre facteur de risque). Le changement opéré dans les habitudes alimentaires, depuis que les femmes sont occupées par leurs activités professionnelles, et le recours à de la restauration rapide et relativement bon marché, laquelle offre des plats hyper-salés et hyper-gras, constituent une menace supplémentaire sur la santé des populations. L'obésité croissante chez les enfants doit interpeler les responsables concernés (familles et autorités de santé) pour éviter les conséquences futures dramatiques.
La prévention de ce fléau des temps modernes relève d'une volonté politique. Une prise de conscience sérieuse et urgente devrait faire mobiliser les moyens pour agir au niveau des trois domaines principaux de prévention :
- communication et sensibilisation des citoyens sur les bienfaits de l'exercice physique ;
- développement et mise à disposition d'infrastructures sportives (parcours santé, aires de jeux, salles de sport, piscines, terrains de sport, etc.) ;
- contrôle rigoureux et permanent des produits offerts à la consommation (hygiène, niveaux de sel, gras et sucre).
Des taxes spécifiques pourraient être imposées aux produits à risque (véhicules, boissons sucrées, tabac, restauration rapide) et orientées sur les moyens de prévention préalablement énoncés. La bonne et transparente utilisation de ces redevances financières contribuerait à une meilleure adhésion de la population. Dans ce cadre, la subvention du sucre par l'Etat n'obéit à aucune logique, la consommation abusive de ce produit (gâchis lors des fêtes) ne pouvant que nuire à la santé. L'intervention en amont, par une politique de prévention sérieusement élaborée et suivie, impliquant l'intersectorialité, est la seule voie de limitation de ces maladies que le modernisme et son développement technologique ont favorisées. La volonté politique et une sensibilisation argumentée et continue peuvent contribuer à maîtriser ce fléau et, à terme, réduire sensiblement les dépenses occasionnées par les maladies non transmissibles dominantes.
R. H.
* Professeur de médecine du sport, ex-expert de l'OMS en sport-santé, ex-président du COA


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