Le gouvernement qui s'apprête à mettre en exécution son plan d'action notamment dans son volet social, compte lancer des concertations avec les partenaires sociaux. Le premier ministre estime que l'implication des syndicats, notamment du secteur de l'éducation, est nécessaire pour la prise en charge des difficultés de ce secteur. Un appel qui a fait réagir les partenaires sociaux qui se disent favorables au dialogue «à condition qu'il soit responsable pour arriver à de vraies solutions». Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - Le premier ministre a déclaré lundi que le gouvernement compte «entamer une nouvelle ère basée sur des concertations inclusives avec l'ensemble des acteurs politiques, sociaux et économiques». Abdelaziz Djerad qui lance un appel aux partenaires sociaux pour prendre part aux échanges qui seront lancés incessamment par tous les secteurs d'activités, a déclaré que « la contribution et l'implication des partenaires sociaux, sans aucune exclusive, est nécessaire et déterminante, plus particulièrement dans le secteur de l'éducation nationale qui mérite une réelle prise en charge des difficultés du secteur dans son ensemble». Un secteur qui sera, d'ailleurs, perturbé aujourd'hui par la grève des enseignants du primaire. Contrairement aux réticences précédentes, les syndicats autonomes du secteur de l'éducation sont favorables à cet appel au dialogue. A condition, cependant, disent-ils, que le dialogue «soit sérieux et responsable dont l'objectif est réellement d'arriver à des solutions concrètes». Meziane Meriane, coordinateur du snapest estime que lorsqu'on parle d'un dialogue il faudra d'abord expliciter ses objectifs. «Ils doivent d'abord élaborer une feuille de route bien précise pour ce dialogue pour connaître ses contours et ses objectifs et les moyens mis en place pour atteindre les objectifs du dialogue», a déclaré M. Meriane. Le dialogue, poursuit-il, reste vaste, «nous devons avoir une idée sur ses objectifs, car nous ne voulons pas d'un dialogue et des concertations qui resteront lettre morte, comme nous ne pouvons pas dialoguer alors que nos amis sont en détention pour des opinions politiques». Messaoud Boudiba, responsable de la communication du cnapest, dit également que les partenaires sociaux ne sont pas contre un dialogue «sérieux qui aboutira à des solutions concrètes pouvant résoudre les problèmes et sortir l'école de sa crise». Toutefois, précise-t-il, «nous refusons des concertations qui restent des effets d'annonces où l'on se réunit pour prendre du thé et sortir ensuite sans résultats». Boualem Amoura, porte-parole du satef reconnaît que le secteur de l'éducation est le secteur le plus perturbateur qui est souvent sujet à des mouvements de grève. Les syndicats du secteur, dit-il, sont les plus représentatifs, et ont réussi à briser le mur du silence en organisant des marches dans la capitale. Selon lui, le gouvernement est conscient de la force que représente les partenaires sociaux de l'éducation car c'est aussi le secteur, dit-il, qui représente 50% des fonctionnaires de la Fonction publique avec près de 800 000 fonctionnaires. «Nous ne sommes pas contre le dialogue et les concertations, mais il faut un environnement favorable pour ça, nous voulons un dialogue sérieux avec des mesures d'apaisement, mais si c'est un dialogue de surface, ce n'est pas la peine», a déclaré M. Amoura. S. A.