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Sans titre(2)
Publié dans Le Soir d'Algérie le 19 - 08 - 2020

Je fais exprès de donner une suite à ma chronique de la semaine dernière. Disons que je n'ai pas été rassasié. Il n'est pas simple de garder le moral par ces temps d'incertitude. Incertitude pour tout. Pour le bac. Pour le Covid-19. Pour les rencontres improbables. Pour l'âge qui avance inexorablement et sa cohorte de maux. Pour les amis qui oublient de s'annoncer. Pour la solitude qui fait sa fixette sur un cœur aboulique. Pour une canicule qui refuse de lâcher prise. C'est un assortiment de raisons. Ou de paramètres. Le bonheur est au-delà de tout ce fatras, non ? Puis, j'ai le droit de me sentir mal au fond de moi. Ce n'est pas de l'égoïsme que je sache. J'ai le droit d'être triste. Mélancolique. D'être tenu par le spleen. Il faut disposer des moyens de cet état de profonde morosité, me dit une voix intérieure. Et quoi encore ? Faut-il être riche pour mériter sa tristesse ? Dans quel monde vivons-nous ? Faut-il disposer d'un capital pour s'offrir un jour ténébreux ?
Il m'arrive, parfois, de vouloir dans la rue tituber, tomber et, ensuite, me relever ; comme ça sans raison. C'est mon libre arbitre. Oui, bien sûr, la dictature des codes sociaux empêche énormément de sortie de route. Je le comprends aisément. La théorie de l'âge des foules impose à tous une uniformité qui fait de nous des copies conformes. Je vous vois d'ici vous gratter le sommet du crâne. Je comprends votre gêne, votre interrogation et votre (peut-être) réprobation.
Qu'est-ce qui fait la vigueur d'une société ? C'est justement ses différences, son ensemble de couleurs multiples et sa pyramide des âges. Même harnaché d'un uniforme, le regard fera la différence entre les uns et les autres, car physiquement, déjà, on est différent. Quant aux caractères, il y a à boire et à manger. Puis, c'est dans la nature des choses. Imaginez un pré où il n'y a qu'une seule variété de fleurs ! Au premier regard, la beauté est l'unicité ; puis, en affinant la perspective, le regard aura ce besoin de diversification.
Aussi, j'ai le droit d'être triste, de tutoyer ma tristesse et de m'enorgueillir. Je voudrais reprendre ce titre de la tumultueuse Françoise Sagan, Bonjour tristesse. Puis, la tristesse (le spleen, la mélancolie) n'est pas contagieuse. Bien sûr, on entend souvent cette rengaine : « Tu me fous le cafard ! » C'est juste une parole en l'air, rien d'autre. Je le disais aussi, à l'époque ; cette époque où je pensais naïvement que le temps était tout à moi, rien qu'à moi. Puis, comme on dit, le temps passe ; il fait son boulot, en somme ; il le fait sans concession et sans possibilité de corruption ; c'est son job ; il le fait sans tergiversation ; juste le temps de se rendre compte, le temps (je double exprès) n'autorise aucun rabiot, aucun supplément ni aucune prolongation. L'heure, c'est l'heure !
Et si c'était une philosophie de la vie ? Ça peut l'être, non ? Des poètes (des philosophes ?) en ont fait les frais, jusqu'à la rupture. Oui, il est possible que la tristesse amène la cassure. Et la cassure mène au point de non-retour. Rimbaud a tenté la fuite en avant. Si Mohand a fait de son errance une raison d'être. Nerval a été tenté par un bec à gaz. Qaïs a préféré la perdition dans un amour intactile. « Si je disais mes tourments à la pierre, celle-ci me répondra », chantait El-Anka.
Ma chronique de mercredi dernier a suscité quelques réactions, principalement de trois amis, inquiets certainement de mes états d'âme. Le docteur Ounoughène, neurochirurgien de son état, réconfortant et compatissant, parle d'une « petite dépression masquée » due à de la « nostalgie et un peu d'amertume ». Vous aurez remarqué avec moi que mon toubib préféré parle d'une dépression masquée ; justement, je suis en plein dedans, au point où je suis utilisateur de deux masques, l'apparent pour boucher les narines et la bouche, afin de tenter d'empêcher ce maudit virus de faire sa sale besogne ; puis, il y a ce masque caché qui empêche mon désarroi du moment de s'exhiber. Si je l'exhibe, c'est parce que j'en ai besoin, un besoin vital. Du reste, ces deux chroniques qui se suivent sont une catharsis ; une façon de dépasser justement un passage à vide. L'écriture remplace la camisole chimique.
Quant au docteur Hammoutène, pédiatre de son état, il m'a carrément proposé un titre, « Le mal de soi », dit-il. Il reçoit bien ma chronique, car « tu nous as redonné un souffle de communication, écrit-il. Oui, le mal de soi, je veux bien. En fait, ces deux chroniques peuvent supporter tous les titres, du moment qu'ils affirment une certaine douleur. Mais, cher docteur, je persiste à dire que j'aurais dû faire l'impasse de la chronique de la dernière fois ; sauf que voilà je suis devant mon ordi à tartiner une autre sous forme de copie conforme. Pour la simple raison que je n'ai pas encore réussi à voir le bout du tunnel. Ça viendra, assurément. J'en suis convaincu. Je fais tout pour. L'écriture justement est le premier pas, sinon un des plus convaincants pour falsifier ce mal de soi.
Mon amie Aïcha Bouabaci, poétesse au long cours, m'assure que « la poésie fort heureusement ne nous trahit jamais ». J'ai trouvé cette idée très belle. J'ai creusé un peu cette idée, je trouve qu'elle a parfaitement raison. Il suffit d'une étincelle pour que le poème jaillisse comme une fulgurance. Puis la page accepte nos ruades de poète du futur antérieur. Dès lors, le poète écrit dans des cahiers de l'éphémère ; éphémère, car la rencontre avec l'Autre est hypothétique. Aléatoire et indisciplinée.
En tout état de cause, mes amis m'ont permis de revenir sur un sujet délicat ; du moins en ce qui me concerne. Pour cet espace de parole, je demanderai à Samira Negrouche de proposer son point d'ordre poétique : « Ce qui reste/Commencer chaque matin/A heure précise/Comme/Reprendre à zéro/Répondre à l'oubli du temps/A la dérive des âges/A ta mère qui tremble/A la généalogie du pire/Au désastre des dieux/Finir de compter les heures qui restent. »
Y. M.


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