De notre envoyé spécial dans les camps de réfugiés sahraouis, Tarek Hafid L'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara Occidental est arrivé samedi dans les camps de réfugiés sahraouis. Staffan de Mistura devra démontrer aux responsables de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) son plan pour relancer le processus politique au Sahara Occidental. Première tournée de l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara Occidental. Après une escale au Maroc, où il s'est entretenu avec le chef de la diplomatie Nasser Bourita, Staffan de Mistura est arrivé hier, samedi 15 janvier, à l'aéroport de Tindouf pour se diriger immédiatement dans les camps de réfugiés sahraouis. Il a été accueilli par un bain de foule dans le camp de Smara. Des centaines de citoyennes et de citoyens sahraouis l'ont reçu en scandant des chants patriotiques appelant à l'indépendance de leur pays. Staffan de Mistura a ensuite rencontré des responsables et des notables du camp de Smara. Le diplomate italo-suédois a été confronté, pour la première fois, à la réalité de ce peuple lorsqu'un des notables lui a déclaré que « les Sahraouis ne sont pas faibles, ils sont pacifistes mais ils obtiendront leur indépendance par les armes». Une phrase qui résume à elle seule leur détermination. «Visite de contact » Staffan de Mistura s'est abstenu de faire une déclaration lors de cette première virée dans les camps sahraouis. Pour cette première tournée, les responsables de la République arabe sahraouie démocratique attendent de lui qu'il s'exprime sur la manière de procéder pour faire avancer le dossier politique pour la résolution du conflit. Vendredi soir, le représentant du Front Polisario à l'ONU, Mohammed Sidi Omar, avait précisé que la venue de Staffan de Mistura est une «visite de contact et non de négociation ». «Cette tournée étant la première visite du nouvel envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU dans la région, nous allons donc l'écouter avec attention. Nous ne comptons pas nous précipiter et voulons savoir ce qu'il apporte avec lui. En fait, nous n'attendons rien de concret de l'envoyé personnel, puisque c'est une visite de contact. Nous ne sommes donc pas dans une position de négociation. Nous allons réitérer les revendications du peuple sahraoui énoncées depuis la création du Front Polisario et de la RASD : l'indépendance totale du Sahara Occidental », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse animée au camp de Boujdour. Le représentant du Front Polisario à l'ONU a rappelé que le référendum d'autodétermination n'a jamais été proposé par la partie sahraouie. «Le référendum est une idée de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et par les Nations-Unies que le roi du Maroc de l'époque avait accepté, car il avait pris conscience de l'impossibilité de remporter le conflit militaire. Le référendum reste la solution légale car c'est celle qui est communément utilisée par l'ONU pour le règlement des conflits. C'est une solution réaliste car c'est un compromis entre la demande légitime des Sahraouis pour le droit à l'autodétermination et la demande illégale du Maroc d'occuper les terres du Sahara Occidental. » Staffan de Mistura, qui rencontrera aujourd'hui le président de la République arabe sahraouie démocratique, Ibrahim Ghali, devra prendre conscience de l'intransigeance du Front Polisario. A Rabat, première étape de sa tournée, l'envoyé personnel d'António Guterres s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, qui lui a présenté la vision du Maroc : «Une solution politique sur la base de l'Initiative marocaine d'autonomie, dans le cadre du processus des tables rondes, en présence des quatre participants.» Une vision contraire à la légalité internationale, puisqu'elle ne reconnaît pas au peuple sahraoui son droit légitime à l'autodétermination. Par le fait de vouloir imposer le format de la table ronde, le Maroc tente d'impliquer l'Algérie dans un conflit où elle n'a qu'un statut d'observateur. Une réalité que les officiels algériens ne manqueront pas de rappeler à Staffan de Mistura lorsqu'il se rendra ces prochains jours à Alger. T. H.