Si son nom, Amine Boumediene, ne vous dit rien, sachez que c�est lui le �chenoui� Kawasaki du feuilleton Essaha (La place) qui passe actuellement � la t�l�vision. C�est, d�ailleurs, gr�ce � son r�le dans la version cin� du film de Dahmane Ouzid qu�il avait re�u le prix de l�interpr�tation masculine au dernier Festival du film arabe d�Oran. Le jeune com�dien alg�rois a �galement jou� dans les films Des ailes bris�s de Roschd Djigouadi, Parfum d�Alger de Rachid Belhadj et dans la s�rie TV Zenka Story de Yahia Mouzahem Dans les milieux rap, il est connu sous le pseudo de Amine Larage et il a � son actif plusieurs concerts, albums et singles. Artiste polyvalent, Amine Boumediene a aussi fait du th��tre au sein de l�association Mustapha-Kateb d�Alger- Centre. Ecoutons le little big man alg�rien ! Le Soir d�Alg�rie : A la t�l�vision, Essaha n�a peut-�tre pas rencontr� le m�me succ�s qu�au cin�ma. Votre avis ? Amine Boumediene : Un film cin� et un feuilleton sont deux choses diff�rentes. Au cin�ma, le film a rencontr� un vif succ�s et les commentaires sont �logieux. Les gens ont d�couvert quelque chose de nouveau dans cette com�die musicale. Mais le public qui regarde le feuilleton � la t�l�vision n�est pas obligatoirement un public cin�phile et connaisseur. En outre, les diffusions deux fois par semaine cassent le rythme et pour comprendre l�histoire, il faut suivre tous les �pisodes. Ainsi, concernant le succ�s � la t�l�vision, il faudrait relativiser les choses. Apr�s le succ�s du film et le prix d�interpr�tation masculine au Festival du film arabe, vous avez s�rement re�u beaucoup de propositions� Sinc�rement, je n�en ai pas re�u beaucoup. Mais je pr�f�re jouer dans trois bons films que dans cent mauvais films. Un beau film, c�est d�abord au niveau du sc�nario. M�me Charlie Chaplin ne pourra pas faire rire les gens si le sc�nario est � c�t� de la plaque. D�un autre c�t�, Mister Bean, sans m�me parler, fait rire le monde entier, pas seulement les Anglais, car ce sont les situations qui font rire. Cela dit, je ferai une apparition en guest star dans un �pisode du sit-com Djema� family de Dja�far Gacem. Dans cet �pisode qui sera diffus�e durant le mois de Ramadan prochain, je joue le r�le d�un Docteur Fort. Comme les personnages principaux sont connus d�avance dans ce sit-com, les nouvelles t�tes ne peuvent faire que des br�ves apparitions � travers les diff�rents �pisodes. Comment est l�ambiance chez la �famille Djema� � ? L�ambiance �tait formidable. �La famille Djema� sont tous gentils : Salah Aougrout, Samira Sahraoui, Bouchra Okbi et tous les autres. Dja�far Gacem est, en outre, un r�alisateur qui vous met � l�aise. Il est ouvert aux propositions et aux initiatives. Avec lui, on sent qu�on fait un travail collectif. J�aimerais bien travailler avec des jeunes r�alisateurs comme lui. En parlant de jeunes, o� en est la rel�ve du cin�ma alg�rien ? La rel�ve est l�. R�alisateurs et acteurs confondus, je cite Khaled Bena�ssa, Lyes Salem, Nabil Asli, Mohamed Bouchareb, Athmane Bendaoud, Habib A�chouche, Karim Zenimi ou Bachir Dera�s qui est aussi producteur. Parmi les femmes, il y a Samia Meziane, Malika Belbey ou Bouchra Okbi. �a fait plaisir de voir � l��cran tous ces jeunes acteurs et actrices et tous ces r�alisateurs derri�re la cam�ra. Mais que nous manque-t-il pour un vrai d�collage ? L�art, tout comme le football, ne s�apprend pas dans les livres. Mais, le don a besoin d��tre perfectionn� par une formation. Le probl�me, c�est qu�en Alg�rie, nous n�avons pas un institut sp�cialis� de formation dans les m�tiers du cin�ma, car l�Ismas de Bordj El-Kiffan n�en n�est pas un. En outre, il n�y a pas chez nous une industrie du cin�ma. Avec une production d�un ou deux films par an, il est impossible pour un acteur de devenir aussi c�l�bre que George Clooney. Au Maroc, ils sont arriv�s � une production de 50 courts m�trages et 22 films cin�matographiques par an. Aux Etats- Unis, le r�alisateur donne le sc�nario au com�dien six mois avant le d�but du tournage. Par exemple, pour jouer le r�le d�un aveugle, Morgan Freeman est all� vivre au milieu des non-voyants. C�est �a le professionnalisme et ce sont ces �petites� choses qui font la diff�rence. Des projets ? Je viens d��crire un one man show, un truc psychologique tr�s bizarre sur la soci�t�. J�ai aussi en projet avec la productrice Yasmine Ghanem, un court m�trage intitul� Midi ou T�nache qui parle du destin et dont j�ai moi-m�me �crit le sc�nario. Pour ceux qui disent qu�on est encore jeunes pour l��criture, je leur dirai que la R�volution alg�rienne a �t� faite par des jeunes et c�est gr�ce � eux que nous avons arrach� l�ind�pendance. Aujourd�hui, m�me si vous �tes �g� de 50 ans, on vous dit �vous manquez d�exp�rience !� Aux responsables � tous les niveaux, je lance cet appel : faites confiance � l��nergie de la jeunesse !