Ce qui semblait d�j� pr�visible arriva : une mar�e humaine a pris �d�assaut� le th��tre de verdure. Les moyens s�curitaires n��taient pas mobilis�s � la hauteur de l��v�nement. Des officiels, des invit�s �trangers, des dizaines de journalistes� sont rest�s dehors et furent malmen�s, bouscul�s, et m�me humili�s. Les raisons ? Une entr�e gratuite, un th��tre de verdure ne pouvant accueillir autant de monde, un service de s�curit� limit� pour accueillir une star de l�envergure de Cheb Khaled. Ce qui devait �tre un grand �v�nement a failli tourner au fiasco. D�s 18 heures, des dizaines de personnes commen�aient d�j� � s�installer devant les grilles du th��tre de verdure. Vers 20 heures, la rue du front de mer �tait noire de monde. Lorsqu�� 21 heures les portes furent ouvertes, c�est � coups de matraque que les policiers tentaient de contr�ler la bousculade des personnes qui voulaient s�installer au plus pr�s de la sc�ne. Dans cette confusion, les portes furent referm�es, causant ainsi un attroupement immense qui emp�chait la circulation automobile. Puis r�ouverture des portes, et cette fois, la situation fut incontr�lable. On aurait dit que tout Oran s��tait donn� rendez-vous pour le concert de Khaled. Les quartiers populaires �taient tous pr�sents : Eckm�hl, Ed Derb, Sid El Houari, Ras El A�n, Mediouni, Saint-Pierre� des familles enti�res avec enfants en bas �ge et m�me des femmes enceintes, des vieilles de plus de soixante-dix ans �taient l�, et bien �videmment, des centaines de jeunes d�s�uvr�s venus pour se d�fouler et exprimer leur mal-�tre. Au bout d�une heure apr�s l�ouverture des portes du th��tre de verdure, il n�y avait plus une seule parcelle d�espace libre, des personnes s��taient install�es par terre, d�autres sur les arbres, d�autres encore suspendues � des poteaux� Ceux qui avaient eu la chance d�acqu�rir des places assises ont pr�f�r� se mettre debout sur les chaises car la mar�e humaine �tait telle qu�il �tait impossible d�apercevoir la sc�ne, m�me debout cela �tait impossible. Ce n�est que vers 22 heures qu�un groupe de chant traditionnel de Sidi Bel Abb�s est mont� sur sc�ne. Apr�s une dizaine de minutes, le public s�est mis � scander �Echa�b yourid Cheb Khaled !!!� (le peuple veut Cheb Khaled). Le groupe quitte la sc�ne, qui resta vide jusqu�� 23h 45 mn, heure � laquelle Khaled fit son entr�e. Il entama son concert par son ancien r�pertoire repris en ch�ur par la foule, m�me si pour ceux qui �taient loin du carr� pr�s de la sc�ne, r�serv� aux autorit�s locales et aux privil�gi�s, le son n��tait pas tr�s audible et la silhouette de Khaled, ils l�apercevaient � peine. Vers minuit, soit 15 minutes apr�s l�arriv�e de Khaled, les familles ont commenc� � quitter les lieux, la situation �tant devenue insoutenable et peu rassurante. Les portes du th��tre de verdure ont tout simplement �t� ouvertes � qui voulait entrer, et ce, m�me si les lieux affichaient plus que complet. Les plus sages ont compris qu�il valait mieux sortir avant que �a ne d�g�n�re. Pour sa part, Khaled a poursuivi son concert environ une heure, sous les feux d�artifice annon�ant minuit. Le public a v�cu entre la joie de voir le roi du ra� se produire � Oran et la frustration d�assister � un concert dans de telles conditions. Un concert qui aurait n�cessit� le stade du 19 Juin et la contribution de tous les responsables de la wilaya pour son organisation sur tous les plans. A pr�sent, l�on comprend mieux pourquoi les grandes stars sont tr�s exigeantes lorsqu�il s�agit de se produire en Alg�rie. Plus que la volont� de bien faire, il faut de l�exp�rience, et surtout beaucoup de moyens humains et mat�riels.