Devant la situation que traverse notre arbitrage accus� de tous les maux, par conscience et en ma qualit� d�ancien arbitre international durant plusieurs ann�es, il est de mon devoir d�attirer l�attention de l�ensemble des responsables de notre football et celle de nos amis sportifs et dirigeants sur la mani�re avec laquelle notre arbitrage est pris en otage. Si on est arriv� � cette situation d�plorable, ce n�est pas le fait du hasard. Comme tout le monde le sait, dans tous les domaines o� les enjeux financiers sont importants, il y a forc�ment des personnes nuisibles qui gravitent autour ayant pour seul objectif le gain facile. Malheureusement, notre football n�est pas �pargn� et ses relais sont bien �tablis presque � tous les paliers de la pratique footballistique avec la complicit� de celui qui d�signe et contr�le les arbitres. Il est �tabli que dans une rencontre de football, l�arbitre ne peut en aucun cas agir seul pour officier d�une mani�re contraire � l�esprit sportif s�il n�est pas assur� du soutien des d�cideurs. C�est ce syst�me qui a encourag� certains arbitres malintentionn�s � d�vier de leurs objectifs. L�arbitrage est un �l�ment indispensable pour le d�veloppement du football. Malheureusement, on en a d�cid� autrement et l�arbitrage est devenu un simple accessoire pour les hommes de l�ombre qui l�utilisent � d�autres fins. H�las, nos arbitres �voluent dans un environnement extr�mement difficile, voire hostile. Nos malheureux arbitres sont pris en otage. La question que tous les sportifs se posent aujourd�hui est : comment rem�dier � cette situation tr�s pr�occupante ? A mon avis, il faut r�ellement une volont� sinc�re car l�unique et seule alternative qui reste aux responsables de notre football, c�est de s�attaquer aux vraies causes qui rongent cette discipline et plus particuli�rement l�arbitrage. Celles-ci (les causes, Ndlr) sont connues de tous. Aujourd�hui, personne ne peut nier que la Commission nationale de l�arbitrage a montr� ses limites malgr� tous les moyens mis � sa disposition par la FAF. Le r�sultat est l� avec toute cette contestation qui s�est g�n�ralis�e � tous les niveaux de la pratique. Cela n�cessite forc�ment une r�flexion s�rieuse pour la relance de notre arbitrage afin de proc�der � un changement profond au sein de cette Commission f�d�rale des arbitres qui a un r�le tr�s important dans le d�roulement d�un championnat. Sans oublier que l�arbitre est un �l�ment-cl� dans une partie de football. Pour cela, j�insiste pour attirer l�attention du Pr�sident et de l�ensemble des membres du Bureau f�d�ral FAF pour prendre des mesures concr�tes afin de rem�dier � la situation de l�arbitrage qui est critique. C�est une premi�re �tape pour mettre en confiance les arbitres et les partenaires du football. L�autre raison de l��chec de notre arbitrage, c�est le climat tendu r�gnant au sein de cette commission divis�e par le clanisme et l�esprit de r�gionalisme. Certains de ses membres ont fait de l�arbitrage un fonds de commerce, ne se souciant gu�re de l�int�r�t de l�arbitrage. La mani�re dont est g�r�e cette commission aussi importante reposant sur deux membres uniquement (plusieurs membres ont d�missionn� contestant le dirigisme et le manque de transparence dans toutes les d�cisions relatives � l�arbitrage) d�montre le climat malsain r�gnant au sein de cette commission. L�autre facteur qu�il ne faut pas aussi n�gliger et qui nuit �norm�ment au bon fonctionnement de cette commission est la disponibilit� du pr�sident de la Commission f�d�rale de l�arbitrage, laquelle pr�sence pose un r�el probl�me sans mettre en cause ses comp�tences et son int�grit� pour mieux g�rer et ma�triser la situation et surtout le suivi des arbitres. A mon sens, M. Bela�d Lacarne doit faire un choix : soit pr�sider la Commission f�d�rale d�arbitrage pour �tre pr�sent aupr�s de ses arbitres et les superviser, soit il doit opter pour les instances internationales o� il assume une charge de travail tr�s importante. Ce qui est s�r, il ne peut assurer ces deux importantes activit�s � la fois car devant la situation actuelle de l�arbitrage alg�rien, sa pr�sence permanente est devenue indispensable. Tout derni�rement, les membres du Bureau f�d�ral FAF ont pris conscience de la gravit� de la situation de l�arbitrage en prenant la d�cision de revoir le syst�me de son fonctionnement. Cela reste toutefois insuffisant comme mesure, car le mal est tr�s profond. En pr�vision de la phase retour du championnat o� les rencontres seront � enjeux et � hauts risques, nos arbitres auront d��normes difficult�s pour officier dans un climat o� r�gnent suspicion, absence de confiance et de cr�dibilit� � l��gard de la corporation des arbitres. Personnellement, je doute fort qu�il y aura cette s�r�nit� et la confiance recherch�e aupr�s des acteurs et partenaires du football si nos responsables ne prennent pas leurs responsabilit�s pour assainir le milieu de l�arbitrage qui est gangren�. Le Bureau f�d�ral de la FAF est confront� � un r�el probl�me et il doit r�agir d�une mani�re radicale et responsable par des d�cisions concr�tes pour instaurer la confiance souhait�e. Devant les vives critiques et les accusations � l�encontre de nos arbitres, je voudrais attirer l�attention de l�opinion sportive de ne pas faire l�amalgame et on ne doit pas condamner syst�matiquement tous les arbitres. Nous poss�dons d�excellents arbitres jeunes et int�gres mais force est de le reconna�tre, il existe une minorit� d�arbitres qui ont terni l�arbitrage par leur comportement inadmissible, b�n�ficiant, malheureusement, de soutien et d�impunit�. Dans le football moderne o� les enjeux financiers sont devenus importants, l�arbitre joue un r�le tr�s important pour le d�roulement d�une rencontre et o�, par moments, se joue le destin d�un club. Vu l�importance de leur mission, le r�le de nos instances sportives est de prot�ger les arbitres de toutes les influences, et de pr�server l��thique sportive. Pour sauvegarder nos valeurs et celles de notre football et plus particuli�rement notre arbitrage, il faut qu�on ait le courage de s�assumer et de prendre les responsabilit�s pour assainir notre milieu footballistique qui est investi par cette nouvelle race de soi-disant dirigeants n�ayant aucun pass� sportif, utilisant le verbe facile, l�influence, le bluff et tous les moyens contraires � l�esprit sportif pour obtenir un r�sultat positif. Mieux, et c�est le plus surprenant dans cette histoire, ces sieurs b�n�ficient du respect et de la consid�ration de la part des instances sportives. Notre conscience est interpell�e. Tout ce que je peux dire et que, par notre silence hypocrite, nous sommes tous responsables. Bergui Abderrahmane, ancien arbitre international