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C'est ma vie
Yakoub, le miraculé de la médecine
Publié dans Le Soir d'Algérie le 09 - 08 - 2014

L'enfant Yakoub est ce qu'on appelle communément dans le jargon médical un grand prématuré et plus sentencieusement un blessé de la maternité, terme désignant les naissances de 32 semaines et moins. Et lui est né à 28 semaines !
A sa naissance, personne n'avait donné cher de sa peau. Même pas le gynécologue privé qui suivait sa maman à laquelle il avait annoncé un jour qu'avec sa grossesse à hauts risques, son fils ne survivra jamais, arguant que si c'était dans un pays comme la Suisse, pays disposant de tous les moyens, l'espoir serait permis. Et pourtant, aujourd'hui encore, le magnifique bébé qui a 10 mois, se porte comme un charme. Il est né non pas dans quelque somptueuse clinique de Zurich, mais dans un hôpital ordinaire d'Azazga en Algérie. Retour sur un épisode douloureux vécu comme un drame par la petite famille qui a cru jusqu'au bout au miracle. Un miracle qui s'est produit comme espéré par le couple, convaincu que la science et Dieu seront du côté de leur petit lutin devenu le chouchou de l'hôpital Meghnem-Lounes d'Azazga et celui de son village d'Aït Sidi Amar dans la commune de Souamaâ où il est aimé et adulé de tous.
A 5 mois et demi, les choses se corsent après l'hospitalisation de la mère dès le 3e mois et durant deux mois et dix jours. Un séjour qui s'est prolongé à la période du Ramadhan, mois durant lequel la jeune maman avait souffert le martyre.
La poche de bébé s'était déchirée et le liquide dans lequel baignait le bébé est sorti. Yakoub sera mis dans une couveuse qui lui sera réservée pendant deux mois et passera une semaine au berceau.
Né avec un poids de 800 g, il chutera à 640 g pour un poids actuel de 7, 640 g alors qu'il a atteint l'âge de dix mois. A l'hôpital, Yakoub se découvre une seconde maman la coordinatrice des activités paramédicales qui se démène comme pas une pour sauver ce magnifique enfant sur lequel se projetaient tous les regards et se fondaient tous les espoirs du personnel de l'hôpital mobilisé comme une seule personne pour le bébé. La dame nous explique que Yakoub fait partie des enfants miraculés de la science au niveau de l'hôpital d'Azazga, la prématurité étant la cause importante de mortalité chez les nouveau-nés dont les poumons sont immatures, tout comme les autres organes d'ailleurs qui se font en intra-utérus, c'est-à-dire avant leur sortie du ventre de la maman. Dans les pays technologiquement plus avancés, les prématurés sont automatiquement branchés... C'est dire la fierté de ce service qui fait de l'événement un moment historique correspondant avec l'avènement du service de pédiatrie en 1995-96. Car avant l'ouverture de la néonatologie, bon nombre d'enfants mouraient en cours d'évacuation à l'hôpital Nedir-Mohamed de Tizi-Ouzou alors qu'actuellement ils survivent grâce aux pédiatres, aux médecins généralistes, aux puéricultrices et aux infirmières. La santé du petit Yakoub, prématuré ayant nécessité pour sa survie une mise en couveuse pendant deux mois dont un dans le service avec une prise en charge totale plus élevage (une double alimentation par voie parentale et gavage) avec assurance de tous les soins favorables accompagnés de contrôles fréquents et périodiques en pédiatrie, n'inspire plus de crainte aujourd'hui. Sauf qu'il sera toujours suivi à long terme pour son développement psychomoteur et staturo-pondéral. Cela pour son évolution et afin de prévenir tout déficit scolaire qui s'avérerait fatal à l'enfant. Mais une chose est sûre : Yakoub a complètement terminé sa maturation somatique à l'extérieur du corps maternel, assure la coordinatrice des activités paramédicales. Au plan humain, la venue au monde de Yakoub est hautement instructive. Entre les parents et le service se sont développées des relations humaines extraordinaires. L'enfant a développé un instinct très fort qui fait qu'il se souvient de ses médecins et de ses infirmières. Celles-ci le ressentent à travers des frémissements et des palpitations qui donnent naissance à des émotions jamais ressenties auparavant avec une telle force. Car l'émotion n'a pas de prix. Instinctivement, Yakoub n'oublie pas d'où il vient et où il va. Il traînera comme un lourd fardeau ces sentiments toute sa vie. L'infirmière principale sent que Yakoub, à chacune de ses visites, essaye de lui parler. Ne pouvant communiquer encore avec la parole, il le fait avec la mimique et par le langage universel des émotions en autant de signes que l'infirmière comprend et assimile parfaitement. Ce qui est essentiel pour éviter de passer à une pathologie plus importante et plus grave. «Je suis dur», a dit un jour un prématuré à l'infirmière, lui qui se souvient parfaitement des «misères» qu'il a fait subir au personnel durant son hospitalisation. Histoire de lui dire qu'il se remémore parfaitement de son passage dans le service. Réflexion qui va à Yakoub même si lui ne s'était quasiment jamais illustré par un comportement difficile. Cela dit l'infirmière ressent toujours une attirance pour ces enfants dont certains, devenus des adolescents, reviennent, par le biais des associations, dans la peau de généreux bénévoles qui viennent offrir des jouets et des cadeaux aux enfants malades.
Car ils se souviennent par où ils sont passés, des visages de ceux qui les ont soignés et des moindres soubresauts de l'hôpital devenu leur antre et leur repère. La grossesse a fait souffrir la mère contrainte qu'elle était alors de rester toujours allongée et de passer la majeure partie de son temps dans de fréquentes navettes entre la maison et l'hôpital distant de 50 km.
Son courage s'est décuplé car, loin d'abdiquer, elle a lutté de toutes ses forces pour aider l'enfant à survivre puisque son état dépendait un peu d'elle aussi impliquée malgré elle dans le processus de sauvetage du bébé. «J'étais convaincue que mon enfant survivrait et reviendrait sain et sauf à la maison.
C'est mon cœur qui me l'a dit et mon cœur ne m'a jamais trahie.» Et ce n'était pas la perte de poids et les amaigrissements répétés de l'enfant qui décourageront la jeune maman qui fit montre d'un courage exemplaire. Même si à 28 semaines et avec un poids de 0,640 kg le rapport est inconsidéré avec un bébé né à terme qui pèse entre 3 et 3,500 kg.
Aujourd'hui Yakoub a grandi. Et ses parents ne craignent pas trop ses perspectives de santé.
En tout cas, pas sur d'éventuelles séquelles cognitives, Yakoub se montrant à cet âge mentalement très actif. Doué d'une intelligence assez bonne pour un enfant ayant vécu les épreuves de la prématurité et les affres d'une longue hospitalisation, il commence même à faire son apprentissage du langage et à faire preuve d'un comportement tout à fait ordinaire pour ne pas dire exemplaire. Yakoub a aussi cette chance d'avoir des parents extraordinaires dont l'amour impacte positivement sur l'enfant, comblé qu'il est par tant de bonheur, lui qui ne sème qu'amour et joie partout où il passe. Yakoub est bien sûr un tantinet capricieux comme tous les enfants de son âge, mais c'est un passage obligé pour une enfance ordinaire qu'on n'a pas le droit de priver de rêves et de fantasmes.
Plus tard, il ne pourra pas craindre pour ses performances scolaires, lui qui a cette chance d'être élevé par ses deux parents et dans une ambiance de stabilité familiale déterminante pour son éducation, ce qui est considéré comme un excellent facteur de socialisation. Et sur ce plan justement, les parents de Yakoub n'ont aucun souci à se faire. Leur enfant constitue un excellent centre d'intérêt aussi bien pour ses semblables que pour les adultes. Et pourtant Dieu sait combien il a souffert pendant toute cette période.
Il a été sujet à des craintes, des peurs et des angoisses, à des souffrances et des douleurs qui vous marquent toute la vie même si l'équipe médicale est toujours là pour prévenir et traiter la douleur parfois si sournoise qu'elle échappe même à la vigilance du corps médical. Il n'a pas eu cette chance de naître comme tous les autres enfants roses et joufflus avec des cris aigus, signes de bonne santé. Intérieurement, il doit s'en vouloir d'avoir été être trop pressé de venir à la vie alors que ses parents ne l'attendaient pas à ce moment.
Il en veut peut-être aussi à cette machine d'avoir usurpé la fonction procréatrice et maternelle de la maman. Mais ce sont toutes ces questions que ses parents ont su évacuer dès le premier jour, vivant cela comme un signe du destin, se déculpabilisant ainsi de toute attaque et de toute responsabilité directe. Il n'est plus alors question de maternité blessée.
La connivence entre le milieu familial et maternel d'un côté et le milieu médical de l'autre ont beaucoup aidé Yakoub dans sa quête d'une vie ordinaire et de sa conquête de l'espace et du temps qui jouent désormais en sa faveur.
Ainsi, la mère n'éprouve plus le sentiment d'avoir raté sa maternité en donnant vie à un enfant très fragile car né avant le terme de sa grossesse et le fils ne s'en voudra pas éternellement d'être venu au monde prématurément. Cela dans une sorte d'alliance tacite face à l'adversité.


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