Insidieuses mais pas sans conséquences sur le porte-monnaie. Les «petites» augmentations greffent cependant les dépenses des ménages. Les prix de plusieurs produits du quotidien ont connu une hausse inexplicable. Nawal Imès - Alger (Le Soir) Du jour au lendemain et sans qu'aucune explication ne puisse être fournie, les prix de plusieurs produits, qui font généralement partie du quotidien, sont partis à la hausse. C'est ainsi que sur les devantures de la majorité des boulangeries de la capitale, une affiche informe les clients que les croissants et les petits-pains seront désormais cédés à 15 dinars. Une augmentation de cinq dinars que les boulangers expliquent par une trop longue stagnation des prix depuis des années. Les pâtissiers emboîtent le pas aux boulangers et les gâteaux, même les plus basiques, achetés auprès d'une modeste pâtisserie coûtent désormais plus cher. Même ce qui est considéré comme «l'entrée de gamme» chez les pâtissiers, à savoir le mille-feuilles n'échappe pas à cette tendance haussière. De 25 dinars, ce denier passe à 30, voire 35 dinars. La raison ? Les pâtissiers n'en avancent aucune se contentant d'appliquer ces nouveaux tarifs à des clients pris au dépourvu et ne comprenant pas les raisons de ces ajustements. Les habitués des cafés maures ont dû également constater que pour siroter leur café, ils doivent débourser cinq dinars de plus que d'ordinaire. La tasse de café est désormais facturée à 30 dinars. Dans un élan collectif, les cafés se sont mis depuis une dizaine de jours à appliquer cette tarification. Pourtant rien ne semble la justifier puisque ni le marché du café ni celui du sucre ne connaissent de fluctuations. Certains titres de la presse ne sont pas en reste. Ils sont quelques-uns à être passés de 15 à 20 dinars pour des raisons économiques. Encore une petite augmentation qui s'ajoute à toutes les autres. La seule qui semble justifiée, c'est bien celle des cigarettes. Depuis le début de l'année en cours, les taxes ont en effet augmenté conformément aux dispositions de la loi de finances. La loi de finances 2015 prévoit une nouvelle taxe de 10 à 15 % sur tous les produits tabagiques. Concrètement, avec l'entrée en vigueur de cette disposition, en janvier, les prix du tabac ont augmenté de 10 à 15 DA. Une augmentation qui cette fois-ci est justifiée par la volonté des pouvoirs publics de réduire le nombre de fumeurs. Face à ces augmentations, aussi minimes soient-elles, le consommateur se retrouve toujours pris en otage par des commerçants qui ont fini par calquer leur discours sur celui des pouvoirs publics : le marché est libre et seuls les produits de première nécessité faisant l'objet de subventions étatiques sont à l'abri des mouvements d'humeur des commerçants.