La famille Sabouni Boubakeur Seddik de Annaba est sans nouvelles de son fils depuis le 25 mai dernier. Le jeune Sabouni a pris le large la nuit tomb�e en compagnie de ses six camarades pour rejoindre la rive Nord de la M�diterran�e � bord d'une embarcation artisanale. Le 29 mai � 23 heures, un cri de d�tresse est lanc� � partir du t�l�phone potable de l'un des 7 �migrants clandestins faisant �tat d'une panne de moteur de leur embarcation, alors que la mer �tait fortement agit�e cette nuit-l�, pour cause de mauvais temps. Le p�re Sabouni se rendit imm�diatement � la Protection civile, ensuite aux gardes-c�tes puis aux services de la S�ret� de wilaya pour les informer de la panne de moteur de l'embarcation � bord de laquelle se trouvait son fils dans l'espoir que les secours se d�clenchent imm�diatement. Le lendemain, il se d�pla�a � El-Kala, wilaya d'El-Tarf, pour alerter les gardes-c�tess. L'avion patrouilleur maritime d�p�ch� de la base de Boufarik entreprit alors des recherches qui se sont av�r�es non concluantes. Deux heures apr�s alors qu'il �tait avec un officier des garde-c�tes, Sabouni qui n'arrive pas � contenir sa douleur et sa tristesse depuis le d�part de son fils, apprend que l'embarcation a �t� retrouv�e du c�t� de Klibia en Tunisie, avec � son bord un seul �migrant clandestin Hadef Riadh, d�c�d� deux heures apr�s son admission dans un h�pital tunisien. Il �tait le seul de ses camarades qui portait des papiers d�identit� sur lui. Depuis, Sabouni s'est rendu � Tabarka, Klibia et El-Houria � la recherche des six autres disparus et � la moindre information, il s'est dit outr� par le mauvais accueil des Tunisiens et par les lenteurs dans le d�clenchement des op�rations de recherche et des secours. Il ne croit pas � la th�se des Tunisiens selon laquelle les camarades de Hadef Riadh se sont jet�s � la mer dans l'espoir de regagner un lieu d'�chouage apr�s que leur embarcation fut tomb�e en panne. Un avis que partage avec lui son ami Kamel Benabed dont le fils �tait �galement � bord de cette embarcation. Qu'est-il arriv� au juste aux six copains de Hadef Riadh qui a �t� rapatri� de Tunisie et enterr� � Treat (Annaba) sans autopsie, r�v�le-t-on. Les deux p�res que nous avons rencontr�s lors de l'accostage de la corvette Chiheb des forces navales alg�riennes en mission de recherche et de sauvetage des �migrants clandestins continuent de se poser une multitude de questionnements. Nous sommes convaincus qu'ils ne peuvent abandonner leur camarade Hadef Riadh, seul � bord de l'embarcation, affirment- ils en soulignant avec force qu'ils continueront � faire tout leur possible pour conna�tre la v�rit� sur la disparition de leurs fils et de leurs compagnons. Les deux p�res ont pu recenser jusqu'� ce jour � la faveur des contacts avec des familles dont les fils ont pris le large vers l'Europe, quelque 29 disparus. Leur cri sera-t-il entendu ?